T3 - Atticus
Arelate
(2 notes)
Aventures Historiques -
Génot, Alain -
Sieurac, Laurent/
Sieurac, Laurent Edition Cleopas - 04/07/2013
EAN : 9782917283738 | ID-BDovore : 162984
Synopsis :
Cette histoire se déroule durant une antiquité romaine qui est la plus proche de la réalité historique. Notre idée n'est pas, contrairement aux séries existantes, de traiter de la grande Histoire, mais de plonger le lecteur dans l'ambiance quotidienne d'une cité antique. Le double regard d'un auteur professionnel et d'un spécialiste de l'antiquité nous a permis d'élaborer une véritable histoire. « Arelate » ne se veut pas un livre pédagogique. Il s'agit avant tout d'une histoire, d'une tranche de vie que tout un chacun, spécialiste ou non de l'antiquité, peut lire et savourer. Cependant, tout l'arrière plan se veut d'une grande rigueur scientifique. Les éléments du décor correspondent tous à l'état de nos connaissances sur le monde romain : chaussures, vêtements, architectures, relations sociales... tout l'arrière plan est le plus réaliste possible. Nous avons ainsi intégré, au fil des cases, des éléments découverts lors de fouilles archéologiques réalisées à Arles. Le livre comprendra d'ailleurs un « cahier pédagogique » qui présentera certains objets découverts sur le territoire d'Arles et représentés dans la BD.
source: éditeur
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Arelate tome 3 - Atticus, le clou du spectacle pour ce premier cycle ! C'est une BD historique qui se déroule à Arles (Arelate, pour les intimes) au Ier siècle de notre ère, et franchement, j'adore comment elle mélange rigueur archéologique et drame humain sans tomber dans le piège des clichés hollywoodiens sur les gladiateurs. Ici, pas de sang gratuit ou d'orgies tape-à-l'œil : on suit Vitalis, un tailleur de pierre déchu qui s'enfonce dans l'alcool et les dettes, et son mentor Atticus, un laniste aguerri qui prépare son dernier combat pour la liberté.
C'est du solide, avec une montée en tension qui culmine dans les jeux inauguraux de l'amphithéâtre. Vitalis, bouillant et torturé, rejette même Atticus au pire moment, pendant que l'ennemi Hortensis ourdit sa perte. Le thème de la chute d'un homme au sommet – "sic transit gloria mundi", comme ils disent – est poignant, et les combats sont flamboyants sans être gore.
Côté dessin, Laurent Sieurac excelle. un trait fin, réaliste, en sépia qui donne une ambiance vivante et nostalgique, comme si on arpentait les rues d'Arles en personne. Les visages sont un poil figés par moments, mais ça colle au ton descriptif et immersif. Et le bonus : les annexes avec photos de fouilles et explications, rédigées en collab avec des archéologues, transforment ça en leçon d'histoire passionnante. C'est rare une BD "historico-compatible" qui épique sans sacrifier la véracité. Laurent Sieurac opte pour une palette sépia dominante, avec des tons chauds (ocres, bruns dorés, roux terreux) qui évoquent immédiatement la pierre chauffée au soleil d’Arles, la poussière des arènes, le cuir usé des équipements. Ce n’est pas du full couleur criard, et c’est une force.Ça donne une unité visuelle très cinématographique, comme un vieux film en technicolor fané.Les rares touches de rouge sang ou de bleu nuit (dans les scènes de combat ou de tension nocturne) claquent d’autant plus. Par exemple, le sang sur le sable ou la cape d’Atticus dans l’arène : ça devient presque symbolique.
Et surtout, ça renforce le réalisme historique : pas de néons, pas d’anachronismes chromatiques. On sent la lumière méditerranéenne, la chaleur, la sueur. C’est immersif sans être tape-à-l’œil.
Et parlons du carnet carnet de fin d’album
C’est le petit bijou pédagogique qui transforme la BD en expérience documentaire.
Photos de fouilles réelles (amphithéâtre d’Arles, mosaïques, objets du quotidien).
Reconstitutions commentées : comment on sait qu’un laniste portait tel type de toge ? D’où vient le nom Atticus ?
Explications archéologiques co-écrites avec des spécialistes (dont des membres de l’INRAP).
Plan de l’amphithéâtre avec les zones de combat, les loges,…
« Un bonus qui élève la BD au rang de référence historique grand public. »
C’est rare qu’une BD fasse autant confiance à l’intelligence du lecteur. Pas de cours magistral, mais une invitation à creuser. Et pour un prof d’histoire ou un passionné, c’est du caviar.