Danser avec le vent
Danser avec le vent
(3 notes)
Documentaire -
Lepage, Emmanuel Edition
EAN : 9782754845694 | ID-BDovore : 396217
Synopsis :
Novembre 2022. Douze ans après son premier voyage, Emmanuel Lepage embarque pour les îles Kerguelen. Cette fois-ci, contrairement au premier voyage, il restera sur place à l’invitation de Christophe Guinet, responsable des programmes éléphants de mer, pour qu’il puisse rendre compte de leur travail sur place. Pour lui c’est aussi l’envie de vivre le quotidien de ces reclus volontaires, soudés par la rudesse du climat, qui inventent d’autres façons de vivre ensemble.
source: éditeur
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"Danser avec le vent" d'Emmanuel Lepage
C'est un récit autobiographique basé sur son expédition de novembre 2022 : douze ans après sa première virée, il y retourne pour un mois sur place, invité par des scientifiques comme Christophe Guinet, qui bosse sur les éléphants de mer.
Novembre 2022 : Emmanuel embarque sur le Marion Dufresne, le cargo mixte qui relie la Réunion aux Kerguelen. Cette fois, pas de simple transit – il descend pour de bon, au milieu des hivernants de la base Port-aux-Français. Accompagné d'une équipe d'Arte qui le filme pour un docu , il observe le quotidien des chercheurs : botanistes qui scrutent les mousses invasives, biologistes qui taguent les phoques, "manchologues" qui comptent les pingouins... Et tout ça sous un vent furieux qui sculpte les paysages comme un artiste enragé. Le fil rouge ? Les impacts du réchauffement climatique sur cette nature "vierge" – glaciers qui fondent, espèces qui bougent, écosystèmes qui grincent. Mais au-delà du docu, c'est une plongée intime : Lepage questionne son propre rapport au voyage, à l'isolement, à ces "autres" qu'on n'a pas choisis et qu'il faut pourtant apprivoiser pour survivre. Dessiner devient son ancre, une danse avec les éléments pour ne pas sombrer dans le vide océanique.
Les planches aquarelles explosent en grand format – imagine des doubles pages où le vent semble te fouetter le visage, avec des gris-bleus glaciaux qui virent au vert lichen, et des silhouettes humaines minuscules face à des falaises qui hurlent. C'est pas de la BD d'aventure ; c'est un carnet de voyage vivant, qui mêle science (fascinante, sans jargon pédant), écologie (urgente, sans sermon) et humanité brute (les tensions en base, les rires autour d'un thé, les doutes nocturnes).
Lepage, peintre officiel de la Marine, excelle dans les marines déchaînées et les bestioles polaires. Les éléphants de mer en rut, les albatros qui planent... C'est hypnotique, presque sensoriel. Il capture l'essence des hivernants – cette "communauté forcée" où on apprend à s'écouter pour ne pas péter un câble. Ça résonne avec nos bulles connectées d'aujourd'hui. Sans militantisme lourd, il montre les changements climatiques in situ – des herbes qui envahissent les tourbières, des colonies qui rapetissent. C'est poignant, et ça donne envie de protéger ces confins.
Récit un peu + ennuyant et répétitif (dans quel état j'erre...) par rapport aux précédents ouvrages de l'auteur sur ce même voyage mais les images sont splendides.