T1 - Juillet - août 1914, Les moissons d'acier
Les Sentinelles (Editions Robert Laffont - Delcourt)
(14 notes)
Science-Fiction -
Dorison, Xavier/
Breccia, Enrique Edition
Collection Hors Collection
EAN : 9782413087403 | ID-BDovore : 49121
Synopsis :
En 1911, lors de l’intervention française au Maroc, une section secrète de l’armée, la division « Sentinelles », teste sa nouvelle arme : Taillefer, un soldat sur lequel ont été greffés des membres métalliques. Insensible aux balles, déchirant les barbelés comme du papier, le soldat d’acier semble indestructible… Jusqu’à ce qu’il s’arrête net au beau milieu du combat. Ses batteries sont à plat !
En 1914, inspiré par les travaux de Pierre et Marie Curie, Gabriel Feraud, jeune scientifique, conçoit la pile au radium. Le colonel Mirreau entrevoit alors les potentialités d’une telle énergie sur ses Taillefer… Mais Feraud, antimilitariste, refuse… La guerre est déclarée, Feraud mobilisé. Le 8 août 1914, il est fauché par un obus allemand et amputé de tous ses membres. Transporté à l’hôpital, Mirreau lui fait une proposition : donner la pile au radium au docteur Kropp, le « créateur » des Sentinelles, et devenir le nouveau Taillefer…
En 1914, inspiré par les travaux de Pierre et Marie Curie, Gabriel Feraud, jeune scientifique, conçoit la pile au radium. Le colonel Mirreau entrevoit alors les potentialités d’une telle énergie sur ses Taillefer… Mais Feraud, antimilitariste, refuse… La guerre est déclarée, Feraud mobilisé. Le 8 août 1914, il est fauché par un obus allemand et amputé de tous ses membres. Transporté à l’hôpital, Mirreau lui fait une proposition : donner la pile au radium au docteur Kropp, le « créateur » des Sentinelles, et devenir le nouveau Taillefer…
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Les Sentinelles, tome 1 : Juillet-août 1914, Les moissons d'acier de Xavier Dorison et Enrique Breccia !
genre uchronie steampunk/dieselpunk
BD qui mélange l'horreur crue de la Grande Guerre avec une bonne dose de science-fiction rétro.
D'abord, le pitch : on est en 1914, au cœur de l'enfer des tranchées, mais avec un twist génial. L'armée française relance un projet secret de "super-soldats" – des humains augmentés par des greffes mécaniques alimentées au radium (merci Marie Curie pour l'inspi). Le héros, Gabriel Féraud, un scientifique pacifiste, se retrouve au front et devient le prototype d'un de ces monstres de chair et d'acier, surnommé Taillefer. C'est violent, gore par moments, et ça pose d'entrée les bases d'une série qui humanise ces "sentinelles" : ce ne sont pas des héros invincibles à la Marvel, mais des types brisés, rongés par la douleur et les dilemmes moraux. Dorison excelle là-dedans, en évitant le piège du super-héros américain triomphant pour coller à une vision plus nihiliste et désespérée, influencée par des vibes à la 2000 AD.
Côté dessin, Breccia fait un boulot magistral avec son aquarelle sombre et texturée. Les scènes de combat sont brutales, presque expressionnistes, et ça plonge direct dans la boue et le sang de 1914. Son aspect un peu "vieillot" renforce l'immersion historique – on sent la crasse et le désespoir à chaque case. Et les couleurs ? Un mélange de sépia boueux et d'éclats métalliques qui rend les "moissons d'acier" (ces vagues de soldats fauchés comme du blé) encore plus glaçantes.
Ce qui me plaît le plus, c'est comment ça interroge l'humanité au milieu du carnage : qu'est-ce que ça fait d'être un "surhomme" quand la guerre te transforme en machine à tuer ? C'est moderne dans ses thèmes (éthique de la tech, coût humain du "progrès"), malgré le cadre rétro, et ça évite le manichéisme pour une vraie profondeur émotionnelle. Le rythme est tendu, avec des flashbacks au Maroc en 1911 qui posent l'univers sans l'alourdir.
une BD qui honore le genre sans tomber dans les clichés, avec un équilibre parfait entre action spectaculaire et réflexion sombre.
La bonne idée de scénario que voilà : un jeune soldat va se trouver « modifié », transformé en une sorte de super-soldat métallique pour ensuite être balancé sur les champs de bataille de la première guerre mondiale.
Bien bon postulat ; qui plus est « agrémenté » de par la personnalité du personnage : un jeune scientifique antimilitariste. Et ce soldat, qui plus est, va être plongé dans un des conflits les plus déjantés de l’Histoire.
Un bien bon tome dont la lecture m’a fait penser à certains moments à ces bons vieux comics que je peux toujours lire dans mes hebdos des années 30 et 40. Nonobstant le narratif, c’est aussi grâce au graphisme de Dorison que l’histoire prend une sorte de vraie valeur : un trait réaliste dense mélangé à des couleurs souvent agressives (un peu comme Mc Coy de Palacios).
L’histoire de ce « Taillefer » (c’est son surnom) est vraiment bien construite et procure un excellent divertissement tant visuel que narratif. Bien bon. J’attends la suite.