T4 - Avril 1915 - Les Dardanelles
Les Sentinelles (Editions Robert Laffont - Delcourt)
(6 notes)
Science-Fiction -
Dorison, Xavier/
Breccia, Enrique Couleur : Toulhoat, Ronan
Edition
Collection Hors Collection
EAN : 9782413087472 | ID-BDovore : 191801
Synopsis :
1915. Encore traumatisé par les horreurs qu'il a vécues à Ypres, Taillefer doit repartir au combat. Envoyé sur la plage de Sari Tépé en compagnie des autres Sentinelles, il a seulement trois jours pour nettoyer le terrain et permettre le passage des soldats. Il ignore encore qu'ils vont devoir y affronter une nouvelle invention allemande, une arme capable de détruire l'acier...
(Delcourt)
(Delcourt)
Une erreur sur cette fiche ou votre édition est différente ? Vous pouvez proposer une correction ou proposer l'ajout d'une autre édition
(pour votre utilisation personnelle)
Date d'achat :
Prix/cote :
€
Dernier emprunteur :
Email :
Remarque personnelle (état, mémo, ...) :







* : Avis de lecture qui apparaîtra pour tous les visiteurs sur le site
On suit toujours nos "Sentinelles" – ces super-soldats monstrueux, mi-chair mi-acier, comme Taillefer (le colosse indestructible), Djibouti (le légionnaire bourru) et Pégase (l'arrogant aviateur ailé) – jetés dans le bourbier de la Première Guerre mondiale. Ici, c'est l'expédition ratée des Dardanelles, ce fiasco historique où Français, Britanniques, Australiens et Néo-Zélandais se font massacrer sur les plages de Gallipoli face aux Ottomans. Dorison ancre son récit dans les faits réels, mais il y infuse son venin : la guerre comme une machine à broyer les hommes, où même les surhommes doutent et se brisent. Traumatisés par Ypres (le tome précédent), ils débarquent pour "nettoyer" la plage en trois jours... Spoiler : ça tourne au cauchemar, avec faim, soif, maladies et une nouvelle menace, Cimeterre, une Sentinelle ennemie conçue pour trancher l'acier.
Ce que j'apprécie par-dessus tout, c'est comment Dorison subvertit le mythe du super-héros. Pas de cape flottante ni de poses héroïques ici : ces types sont des antihéros, des "Frankenstein" de la science militaire, rongés par la douleur et le dégoût. Il y a une critique pacifiste sous-jacente, féroce contre les généraux planqués à Paris qui "dirigent" depuis leurs bureaux, et une exploration barbare de la déshumanisation – gore, désespérée, presque nihiliste. Breccia, au dessin, est magistral : ses planches en aquarelle sépia capturent l'horreur crue des tranchées, avec des gueules mémorables. La couverture, d'ailleurs, claque plus que les précédentes.
Après trois tomes qui montaient en puissance (des Moissons d'acier au gaz d'Ypres), ce chapitre est un peu plus introspectif – moins d'action explosive, plus de résignation et de tension psychologique.
Bon épisode mais juste un épisode. Il se passe pas graaaand chose. Taillefer est plutot passif. Par contre l'ambiance est excellente. Breccia retranscrit magnifiquement la maladie et l'ennui sur le camp.
J'en serai, encore une fois, pour la suite