Bonne année
Bonne année (Baru)
(4 notes)
Romans Graphiques -
Baru Couleur : <n&b>
Edition Casterman - 01/09/1998
EAN : 9782203334717 | ID-BDovore : 10636
Synopsis :
Dans des banlieues ceinturées par des fils barbelés et des unités de flics -et ainsi volontairement abandonnées à leur sort- des jeunes tentent, malgré la drogue, le Sida, de survivre dans un univers dominé par le "Taré", un dictateur...
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Tiens un Baru de SF (au moins pour quelques mois encore...) !
Le nouveau Président a décidé de transformer les "Cités" en ghettos ceinturés de murs de béton et de miradors, dans lesquels on peut facilement se procurer des armes à feu et des munitions mais pas des préservatifs (ben oui ça pourrait protéger les "bronzés" du sida...).
Faisant d'une pierre deux coups (si l'on peut dire), le nouveau régime en profite pour se débarrasser des homosexuels en les expédiant dans ces cités où ils ne sont pas les bienvenus...
Dans leur riante cité, Mo', Hocine, Julien et les autres cherchent désespérément à se procurer une capote en cette veille du Nouvel An.
Baru nous propose une nouvelle aventure rocambolesque de jeunes dans la galère, cette fois au coeur d'une dystopie dont on ne sait trop si elle est inspirée du "Prix du Danger" de Robert Sheckley ou si elle a donné des idées aux scénaristes de "Divergente" et "Hunger Games".
Mais il garde heureusement son œil lucide sur notre société et son humour sarcastique et salvateur.
Ça donne une lecture roborative !
Bonne année !
Bonne illustration de son propos, Baru a dessiné à l'encre de Chine, utilisant le noir et blanc et la demi-teinte pour jouer des dégradés.
Il se frotte ici aux grands thèmes contemporains mais ne tombe jamais -heureusement ou malheureusement suivant qui vous êtes, le lecteur- dans les poncifs trop souvent véhiculés par ces sujets (extrême droite, racisme, ...).
J'ai apprécié cet apport d'un regard humaniste sur ce que peut être la condition humaine ces derniers temps.
Cet album est à prendre comme une sorte de commentaire acerbe sur notre société, laquelle laisse le fascisme s'installer à nouveau.
C'est une BD, oui, mais aussi un regard cohérent sur le monde. Un monde qui, lui, ne l'est plus tellement : cohérent.