T1 - Renaissance
Sherlock Holmes - les chroniques de Moriarty
(1 note)
Aventures Fantastiques -
Cordurié, Sylvain/
Fattori Couleur : Gonzalbo, Axel
Edition Soleil Productions - 10/09/2014
Collection 1800
EAN : 9782302042100 | ID-BDovore : 188993
Synopsis :
Mai 1892.
Le Professeur Moriarty se sacrifie pour empêcher les anciens Dieux de fouler la Terre. Ces derniers l’attirent sur leur monde pour lui faire payer. Ainsi disparaît l’ennemi du détective.
Juin 1893.
Femme d’affaires habituée à nager en eaux troubles, Meredith Rutherford rentre chez elle et a la surprise de tomber sur un intrus qu’elle connaît bien : James Moriarty, de retour à Londres après une année d’exil. Une expérience qui en a fait un homme encore plus redoutable qu’il ne l’était déjà. Et qui le conduit à une nouvelle croisade…
source: éditeur
Le Professeur Moriarty se sacrifie pour empêcher les anciens Dieux de fouler la Terre. Ces derniers l’attirent sur leur monde pour lui faire payer. Ainsi disparaît l’ennemi du détective.
Juin 1893.
Femme d’affaires habituée à nager en eaux troubles, Meredith Rutherford rentre chez elle et a la surprise de tomber sur un intrus qu’elle connaît bien : James Moriarty, de retour à Londres après une année d’exil. Une expérience qui en a fait un homme encore plus redoutable qu’il ne l’était déjà. Et qui le conduit à une nouvelle croisade…
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Imaginez un instant que Sherlock Holmes soit mort. Vraiment mort. Et que son pire ennemi, James Moriarty, ouvre les yeux dans un désert ocre, nu, couvert de runes qui brûlent comme des braises. C’est là que commence Renaissance, premier tome des Chroniques de Moriarty signé Sylvain Cordurié au scénario et Andrea Fattori au dessin et à la couleur. Et croyez-moi, ce n’est pas une suite. C’est une réinvention totale.(quoique qu'il faut lire Sherlock Holmes et le Necronomicon pour mieux comprendre le destin de Moriarty)
Oubliez le Moriarty calculateur et froid du canon. Ici, il n’est plus le Napoléon du crime.(cf nouvelle de Conan Doyle - Le Dernier problème) Il est un damné revenu des enfers, ressuscité par des entités au-delà du temps – des Anciens Dieux tentaculaires, indifférents, impitoyables. Ils lui ont offert la vie. En échange ? Un contrat. Mais Moriarty, fidèle à lui-même, retourne le pacte contre ses créateurs. Sa mission n’est pas de dominer Londres, ni de reconstruire un empire criminel. Non. Il veut une seule chose : traquer et détruire toutes les copies du Livre des Ombres Vivantes, cette version vivante, saignante, murmurante du Necronomicon. Une seule reste. Elle doit disparaître. Même si cela signifie défier les dieux eux-mêmes.
Et c’est là que le génie opère. Cordurié ne nous donne pas un villain en quête de pouvoir. Il nous offre un anti-héros tragique, un Prométhée en redingote, qui accepte la souffrance comme alliée pour mieux la retourner contre l’univers. On suit son retour à Londres en 1894, son infiltration dans une société secrète, ses manipulations froides mais jamais gratuites. Tout sert le feu intérieur de Moriarty.
Mais parlons du dessin. Andrea Fattori, c’est du lourd. Pas de bleu abyssal, pas de vert putride à la Lovecraft classique. Non. Ici, l’au-delà est un enfer solaire : rouge cuivré, ocre brûlant, noir. Les limbes ne sont pas froides – elles sont arides, étouffantes, bibliques. Et quand Moriarty émerge, marqué, régénéré, on sent la chaleur sur la page. Londres, elle, est grise, pluvieuse, oppressante – un contraste brutal qui fait hurler la couleur. La splash page de la "Renaissance" ? Une claque. Un homme nu gravit une montagne de pierre, une lumière aveuglante explose derrière lui, des tentacules se retirent comme vaincus. C’est épique, viscéral, inoubliable.
Le rythme ? Impeccable. 48 pages qui filent comme une lame. Infiltration nocturne, pièges alchimiques, dialogues qui claquent, silences qui pèsent. Et Sherlock ? Absent. Zéro. Pas une ombre, pas un indice direct. Juste son vide, qui rend Moriarty encore plus grand, encore plus seul.
Ce tome n’est pas une adaptation. C’est une œuvre à part entière, sombre, intelligente, visuellement magistrale.