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©Glénat - Le Monde/Convard, Didier

T2 - Vercingétorix
Les grands personnages de l'histoire en bandes dessinées

(1 note)

Historique - - /
Couleur :
Edition Glénat - Le Monde - 24/01/2019
ID-BDovore : 296007




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Posté par le 2025-09-16 16:11:30

Contrairement à de nombreuses œuvres centrées sur Jules César, ce récit adopte le point de vue gaulois, offrant une perspective rafraîchissante sur la Guerre des Gaules (52 av. J.-C.).
L'histoire commence par un flashback dramatique : à l'âge de cinq ans, Vercingétorix assiste à l'exécution de son père, Celtille, brûlé vif par les siens pour avoir osé se proclamer roi des peuples gaulois. Marqué par cette trahison tribale, l'enfant grandit avec une ambition dévorante. Il s'entraîne à la discipline militaire auprès des Romains, apprenant leurs tactiques pour mieux les contrer. Devenu chef des Arvernes, il unit les tribus gauloises fragmentées (plus de 60 peuples divisés) contre l'invasion de César. Employant des stratégies audacieuses comme la terre brûlée pour priver les Romains de ressources, il remporte des victoires initiales. Cependant, des erreurs fatales – comme l'épargne d'Avaricum (Bourges) à la demande des habitants, qui permet à César de s'emparer de la ville, ou l'envoi des "bouches inutiles" hors d'Alésia lors du siège – scellent sa défaite. Le récit culmine avec la capture de Vercingétorix, qui, prisonnier à Rome, confronte César dans un dialogue final révélant leurs ambitions croisées. L'issue est tragique : strangulé six ans plus tard sur ordre de César.
Éric Adam et Didier Convard signent un scénario fluide et didactique, alternant entre biographie intime et fresque épique. Le choix narratif de démarrer par l'enfance de Vercingétorix humanise le héros, le présentant non comme un mythe national, mais comme un homme forgé par le trauma et l'ambition. Les auteurs excellent dans la reconstitution des divisions gauloises – jalousies tribales, alliances précaires – et des tactiques militaires, expliquées sans lourdeur (par exemple, la stratégie de la terre brûlée est illustrée par des cartes claires). Des appendices en fin d'album (notes historiques, chronologie) enrichissent l'œuvre, la rendant idéale pour un public scolaire ou curieux d'histoire.
Les planches de Stéphane Bourdin et Fred Vignaux captivent par leur dynamisme et leur ampleur. Les vues élargies – paysages gaulois verdoyants, camps romains tentaculaires, sièges massifs comme celui d'Alésia – confèrent une dimension épique, presque cinématographique. Les scènes de bataille (assaut sur Avaricum, retraites enflammées) sont impressionnantes, avec un sens du mouvement fluide et des couleurs vives (rouges sanglants pour les combats, verts luxuriants pour la Gaule libre). Les tenues gauloises, inspirées des fouilles archéologiques récentes (pattes d'épaisses, torques), ajoutent un réalisme bienvenu, contrastant avec les armures romaines standardisées.