Captif des glaces
Captif des glaces
(1 note)
Aventures Historiques -
Stephan, Hugo/
Baloup, Clément Edition Steinkis - 07/03/2024
EAN : 9782368466711 | ID-BDovore : 377461
Synopsis :
Au XIXe siècle, l’Arctique reste un territoire vaste et inexploré. Bien que coûteuses en ressources et en hommes, des expéditions sont montées afin de tenter d’en découvrir les mystères. Mais aucune expédition n’a encore franchi la ceinture de glace. George W. Melville est un officier de la Marine Américaine obsédé par le Grand Nord. Conquis par la fougue de De Long, commandant de l’expédition de l’USS Jeannette, Melville devient son ingénieur en chef. Il prend part à ce voyage avec pour but d’atteindre le pôle Nord. L’équipage doit lutter contre le temps et le froid pour tracer sa route. Mais une fois pris au piège, que pèse l’ambition des hommes face aux éléments ?
source: éditeur
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"Captif des glaces" de Clément Baloup et Hugo Stephan ! C'est une BD sortie en 2024 chez Steinkis, qui raconte l'expédition tragique de l'USS Jeannette en 1879, menée par George W. Melville et George De Long pour conquérir le Pôle Nord. Un vrai récit historique d'aventure polaire, avec du froid qui mord, des glaces impitoyables et des ambitions humaines qui se heurtent à la nature sauvage. J'adore ce genre de docu-fiction qui mélange exploration, survie et leçons sur l'hybris des explorateurs du XIXe siècle.
Captif des glaces n’est pas juste une BD d’aventure polaire : c’est aussi une méditation sur l’échec, la folie des grandeurs et la fragilité humaine face à la nature. Ce qui frappe, c’est que les auteurs ne jugent pas De Long et son équipage. Ils montrent des hommes sincèrement convaincus qu’ils allaient faire l’Histoire, armés de cartes obsolètes, de théories farfelues (comme le « Gulf Stream polaire » censé réchauffer l’Arctique !), et d’un bateau renforcé par Edison en personne… qui finira broyé comme une coquille de noix.
C'est une pépite pour les fans d'histoires vraies qui claquent comme un thriller. Le scénario est bien rythmé, fidèle aux faits (inspiré des journaux de bord de Melville), et il met en lumière les erreurs fatales de l'équipage – genre, partir avec des techs dernier cri d'Edison mais sous-estimer la banquise. Ça donne une tension palpable, sans verser dans le sensationnalisme gratuit. Et pour un premier album d'Hugo Stephan au dessin, chapeau : les planches sont immersives, avec une colorisation astucieuse qui joue sur les bleus froids et les ombres pour te faire grelotter. Les bulles sont minimalistes, ce qui laisse la place aux images pour raconter l'horreur du froid.
Le point de vue de Melville : ingénieur en chef, rationnel, presque obsessionnel. Il incarne la science face au mysticisme de De Long. Leur duo est fascinant : l’un rêve de gloire, l’autre veut juste que le moteur marche. C’est un duel d’ego autant qu’une lutte contre les glaces.
La mise en scène du froid : pas de métaphores faciles. Stephan dessine le silence oppressant, les visages rongés par le gel, les chiens qui meurent un à un. Une case où un marin regarde sa main noircie par la gangrène ? Glaçant (littéralement).
L’économie narrative : pas de dialogues inutiles. Chaque mot compte, comme dans un journal de bord. On ressent l’isolement.
C’est une BD sobre, puissante, presque documentaire, mais avec une vraie âme. Elle ne te prend pas pour un idiot : elle te balance 33 morts, un bateau perdu, et te laisse avec une question : valait-il le coup, ce pôle ?