couverture
©Oxymore/Jarry, Nicolas

T5 - La compagnie des lames brisées
Empires

(2 notes)

Aventures Fantastiques - /
Couleur :
Edition Oxymore - 15/10/2025
Collection Gene

EAN : 9782385611217 | ID-BDovore : 396362

Synopsis : Captif, brisé, Jorn n'est plus qu'un nom murmuré dans l'arène. Ancien héros devenu bourreau, il survit aux jeux du doge en massacrant ses frères d'armes. Son âme s'effondre sous le poids de la trahison, du deuil et des manipulations d'un pouvoir corrompu jusqu'à la moelle. Mais sous les chaînes, la rage persiste. Entre complots, sacrifices et vieilles légendes, une révolte silencieuse s'élève dans les entrailles d'un empire en déclin.


source: éditeur




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Posté par le 2025-11-01 09:17:58

Empires, Tome 5 : La Compagnie des Lames Brisées

Empires est une série de dark fantasy que j'adore pour son mélange de réalisme brutal (à la "La Compagnie Noire"de Glen Cook) et d'épopée flamboyante (dans la veine de David Gemmell). Créée par Nicolas Jarry (scénariste habitué des univers sombres comme Elfes ou Nains), avec des dessins d'Oleg Robulev, des couleurs d'Amélie Picou et Vincent Powell, et un storyboard d'Andrea Duneo, c'est une saga qui suit des compagnies de mercenaires (libres-lames) dans un monde impitoyable divisé entre Nord et Sud, avec des intrigues politiques, des trahisons et une magie omniprésente.
Le tome 5 marque la fin de la série (prévue en 5 tomes). Il se concentre sur Jorn, un ancien héros brisé, réduit à l'esclavage dans l'arène d'un doge corrompu. Captif et forcé de massacrer ses anciens frères d'armes pour survivre, il affronte trahisons, deuil et manipulations au cœur d'un empire en déclin. L'intrigue culmine avec une révolte naissante, mêlant complots, sacrifices et légendes oubliées. C'est sombre, viscéral,tout en laissant une saveur amère sur le cycle de la violence.
C'est un excellent tome final qui honore la série sans tomber dans le piège d'une résolution trop propre. J'ai adoré comment Jarry approfondit la psychologie de Jorn – un anti-héros rongé par la rage et le remords, qui incarne parfaitement le thème central d'Empires : la fragilité des empires (littéralement et figurativement). Les combats dans l'arène sont brutaux et chorégraphiés avec une intensité qui rappelle les gladiateurs antiques, mais avec une couche fantasy qui rend tout plus épique. Les thèmes de la corruption du pouvoir et de la rédemption forcée sont traités avec nuance, sans manichéisme, ce qui rend l'histoire addictive et philosophique à la fois.
Côté visuel, Robulev livre du grand art : des planches dynamiques, des décors oppressants (l'arène comme un enfer urbain) et une expressivité des visages qui transmet la douleur intérieure des persos. Les couleurs sombres et ocre renforcent l'atmosphère de déclin, et le lettrage de Sandrine Cordurié ajoute du poids aux dialogues crus.
Ça reste très violent et nihiliste – pas pour les âmes sensibles.
Une clôture magistrale qui élève la série au rang de must-read pour les fans de dark fantasy.