couverture
©Delirium/Corben, Richard

Dimwood
Dimwood

(2 notes)

Comics - Horreur -
Edition Delirium - 07/11/2025
EAN : 9782493428615 | ID-BDovore : 397705

Synopsis : Éloignée des siens depuis des années, une jeune femme revient dans sa maison familiale, vieux manoir délabré et labyrinthique niché au cœur de la sombre forêt de DIMWOOD, pour y rechercher les pièces manquantes de son passé.
Mais en renouant avec les siens, elle va faire ressurgir de terribles événements.
Réalisé en 2020, ce récit d’horreur gothique est le dernier roman graphique de Richard Corben, disparu la même année, et est resté inédit jusqu’à ce jour.

Source : éditeur



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Posté par le 2026-01-05 16:08:51

A l'image des figurines de terre cuites en 3D qu'il avait l'habitude de créer afin de servir de modèle à ses personnages, Richard Corben a modelé certaines histoires telles de la pâte, les manipulant régulièrement, les faisant passer du stade d'une simple idée à un récit de quelques pages, allant pour certaines jusqu'à réaliser un album entier. C'est le cas de ce Dimwood (le bois sombre), dont les meilleurs amateurs pourront repérer des similitudes avec quelques récits parus auparavant. On pensera bien sûr à Rat God (2016) et son univers sauvage coloré mettant en scène un monstre à face de rat (que l'on retrouve d'ailleurs à un moment sous une autre forme ici), mais avant cela, La Cité morte de la peur (in Ogre, 1979), ou plus encore Seeds of the Sepulchre de C. Ashton Smith (Den Saga #1, 1992 - comment ne pas y penser avec cette couverture de squelette envahit par les racines ?) nous avaient déjà bien mis mal a l'aise avec l'élément boisé « naturel ». Plus proche de nous, et du côté de la maison hantée et de la famille dégénérée, on citera bien évidemment la série Shadows of the grave (2016-2017), élément en coloration grisée, explorant de manière poussée l'idée de déchéance physique et mentale, ainsi que les héritages toxiques familiaux. Éléments que l'on retrouvait déjà dans deux autres récits publiés dans les Creepy 10 et 12 de 2012 et 2013 : les illuminations de Charity Wallis et Oncle Magnus. Pour ce nouveau comics, magnifiquement colorisé - dans le style typique de la dernière période de l'auteur, avec aplats et textures - Corben nous offre, dès la page 6, grâce à la magnifique image d'un tissu blanc voletant au milieu de tombes abandonnées, le ton fantastique et romantique de l'histoire à venir. Rien que le texte introductif, assez dense, exprime l'idée et l'envie de plonger le lecteur dans une histoire où les mots auront autant leur importance que les images. Et cette voiture circulant sur une route sinueuse au milieu de bois inquiétants, laisse poindre déjà un flot de tensions. L'apparition improbable de Noah n'amenant qu'un simulacre de réconfort. L'auteur, une fois le décor planté, va dérouler un scénario original charpenté, traité avec passion et méticulosité. Les couleurs magnifiques, réalisées par l'auteur lui même, aidé par sa fille Beth, jusqu'à la page 97, au moment de son décès, ont été terminées pour la dernière partie des 23 pages restantes par Jose Villarubia, spécialiste reconnu de l'auteur et coloriste de ses récits depuis 2001. Dimwood, tel un dernier baroud d'honneur, rassemble la quintessence de ce pourquoi l'artiste Richard Corben a travaillé toute sa vie : offrir le meilleur du récit d'horreur en bande dessinée. Lui et sa famille, tout comme son coloriste et donc les éditions Delirium, présentent cet ultime récit telle une offrande aux milliers de fans attristés par sa disparition, et le cadeau est de taille. Le gore n'avait donc pas dit son dernier mot.

FG (Hectorvadair) pour PlaneteBD.