T2 - Les eaux du chaos, Tome 2
La légende des Stryges
(1 note)
Aventures Fantastiques
Edition Delcourt - 21/05/2026
Collection Machination
EAN : 9782413082279 | ID-BDovore : 405191
Synopsis :
En Bavière, Sardin et Bernat sont accueillis par Kaspar von Harbow, aristocrate versé dans l'occultisme, qui les aide à étudier le liquide noir découvert dans les sarcophages des Stryges. Grâce à l'immense bibliothèque de leur hôte, Sardin tente d'en percer les mystères. Pendant ce temps, Sandor G. Weltman propose à l'empereur Guillaume de Prusse de transformer cette substance redoutable en arme de guerre.
source: éditeur
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La Légende des Stryges – Tome 2 : Les Eaux du Chaos
Une conclusion élégante et inquiétante
Après un premier volume qui posait les bases dans une ambiance d’expédition archéologique au XIXe siècle, Les Eaux du Chaos (tome 2) referme le diptyque avec une maîtrise certaine. Corbeyran et Nicolas Bègue plongent encore plus profondément dans l’univers des Stryges, cette fois en explorant les implications politiques, scientifiques et occultes de la mystérieuse substance noire découverte en Égypte.
Le récit gagne en densité. On quitte progressivement les fouilles pour basculer dans les salons, les bibliothèques bavaroises et les manœuvres de pouvoir. Sandor G. Weltman, figure centrale et toujours aussi ambiguë, reste l’un des grands atouts de l’album. Même lorsqu’il est un peu en retrait, sa simple présence suffit à faire basculer chaque scène dans le malaise. On retrouve ici tout ce qui fait le charme (et l’inquiétude) de l’univers original : sociétés secrètes, savoir interdit, fascination pour l’immortalité et manipulation des puissants.
Graphiquement, Nicolas Bègue confirme qu’il était le bon choix. Son trait réaliste, précis et riche en détails prolonge l’identité visuelle de la saga sans chercher à imiter Richard Guérineau. Les ambiances sont particulièrement réussies : jeux d’ombres, regards lourds de non-dits, décors soignés… Les couleurs de Lucie Fabbro renforcent admirablement cette atmosphère sombre et presque maladive.
Quelques réserves subsistent. L’intrigue reste relativement linéaire et n’apporte pas de révélation majeure sur la mythologie des Stryges. La conclusion, bien que cohérente, paraît un peu expédiée : on sent qu’il y avait de la matière pour un troisième tome.
Malgré cela, Les Eaux du Chaos s’impose comme une très bonne conclusion. Plus atmosphérique que spectaculaire, le diptyque prouve que l’univers des Stryges possède encore de nombreuses zones d’ombre à explorer. Corbeyran retrouve ici son meilleur registre : un thriller fantastique dense, élégant et profondément inquiétant.
Un album à réserver aux amateurs de la saga, mais aussi à ceux qui aiment les récits où le fantastique se glisse dans les interstices de l’Histoire.