T2 - L'héritage de Vador, Tome 2
Star Wars : L'héritage de Vador
(1 note)
Science-Fiction
Edition Panini Comics - 08/07/2026
Collection 100% Star Wars
EAN : 9791039147194 | ID-BDovore : 415887
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L’Héritage de Vador : quand les numéros 10 à 12 élèvent enfin Kylo Ren
Il y a des séries Star Wars qui se contentent de combler un trou chronologique. Et puis il y a celles qui, d’un coup, réussissent à donner de la densité à un personnage qu’on pensait déjà figé. L’Héritage de Vador (ou Legacy of Vader), signée Charles Soule, appartient clairement à la seconde catégorie… du moins sur sa fin.
Les six premiers numéros sont corrects, parfois même très bons. Mais c’est à partir du numéro 10 que la série bascule vraiment et devient, à mon sens, l’une des meilleures explorations de Kylo Ren depuis L’Ascension de Kylo Ren.
Dans le #10, Soule et Luke Ross osent enfin une véritable descente intérieure. Kylo plonge dans les profondeurs du château de Mustafar et se retrouve confronté à des visions qui rappellent la cave de Dagobah. La rencontre avec le fantôme de Force de Luke est d’une rare justesse : pas de grand discours moralisateur, juste une confrontation calme, presque intime, entre un neveu perdu et un oncle qui refuse de l’abandonner complètement. On sent, pour la première fois depuis longtemps, que Ben Solo n’est pas mort. Il est juste enfoui sous des couches de rage et de déni.
Le #11 pousse le concept encore plus loin. Vaneé révèle enfin ses intentions : transformer Kylo en un nouveau Vador, littéralement. La séquence où on force le casque de Dark Vador sur la tête de Kylo est à la fois absurde et glaçante. Et le moment où Kylo écrase le dôme de Vaneé en déclarant « Je suis déjà tout ce que j’ai besoin d’être » reste l’une des répliques les plus fortes de toute la run. Ce n’est plus seulement de la colère. C’est une affirmation d’identité, aussi fragile soit-elle.
Enfin, le #12 clôt la série sur une note plus introspective et émotionnelle. La confrontation finale dans le vault n’est pas vraiment avec Vador, mais avec une version de lui-même. Le duel de sabres devient une sorte de thérapie brutale, et la planche où l’on revoit Han et Leia tenant le bébé Ben est d’une mélancolie pure. L’ending est volontairement ambigu, presque frustrant, mais il a le mérite de ne pas tout résoudre. Kylo n’est pas « guéri ». Il n’a simplement plus d’excuses.
Ce qui rend ces trois numéros si réussis, c’est que Soule arrête enfin de faire tourner Kylo en rond. Il le force à regarder en face ce qu’il est vraiment : un homme écrasé par un héritage trop lourd, qui a passé sa vie à essayer de tuer le passé… sans jamais y parvenir. Luke Ross, de son côté, livre ici son meilleur travail sur la série : les visions sont oppressantes, les splash pages spectaculaires, et l’ambiance rouge et noire du château de Mustafar est magnifiquement rendue.
L’Héritage de Vador n’est pas parfaite du début à la fin. Mais sur ses trois derniers numéros, elle atteint quelque chose de rare dans les comics Star Wars récents : elle donne réellement de la profondeur à Kylo Ren. Pas en le justifiant, pas en l’excusant, mais en le montrant tel qu’il est — perdu, violent, et profondément humain.
Et ça, pour moi, ça valait le détour.