Collection de SilSocrate


Les avis de lecture de SilSocrate

Retour sur Belzagor, Episode 2

Série : Retour sur Belzagor
Publié par SilSocrate le 2026-04-29 09:46:57

Retour sur Belzagor – Tome 2 : l’accomplissement d’une fable

Après un premier tome très contemplatif, Retour sur Belzagor – tome 2 vient donner tout son sens à l’ensemble. Plus qu’une simple suite, il agit comme une clé de lecture : celle qui transforme l’ambiance installée précédemment en véritable propos.

Une continuité assumée

Le rythme ne change pas radicalement. On reste dans une narration posée, presque méditative. Mais ici, cette lenteur paraît plus justifiée, plus habitée. Chaque scène semble porter davantage de poids.

Le récit avance, sans jamais devenir une BD d’action. C’est toujours une œuvre qui privilégie l’immersion et la réflexion.

Une montée en intensité

Ce qui marque dans ce tome, c’est la puissance de certains passages. L’atmosphère devient plus dense, presque mystique par moments.

Il y a une vraie sensation de basculement : ce qui était simplement étrange dans le premier tome prend ici une dimension plus profonde, plus symbolique.

Une idée forte au cœur du récit

Le tome 2 révèle pleinement l’un des concepts les plus marquants de l’œuvre : le lien entre deux espèces que tout semble opposer.

Cette idée, à la fois simple et brillante, apporte :

une cohérence fascinante à l’univers
une profondeur nouvelle à ce que l’on a observé jusque-là
une portée symbolique qui dépasse largement le cadre de la science-fiction

Elle transforme la lecture en quelque chose de plus universel, presque philosophique.

Une dimension de fable

C’est dans ce second tome que l’aspect “fable” apparaît le plus clairement. Le récit dépasse le simple cadre narratif pour proposer une réflexion sur :

la transformation
l’identité
le rapport à l’autre

Le parcours du personnage principal s’inscrit pleinement dans cette logique, avec une dimension plus intérieure qu’héroïque.

Verdict

Retour sur Belzagor – tome 2 n’est pas une suite spectaculaire, mais une conclusion riche et marquante.

Il ne cherche pas à accélérer le rythme ni à simplifier son propos. Au contraire, il approfondit tout ce qui faisait la singularité du premier tome.

Une lecture toujours contemplative, mais bien plus intense — et surtout essentielle pour saisir toute la portée de l’œuvre.

Retour sur Belzagor, Episode 1

Série : Retour sur Belzagor
Publié par SilSocrate le 2026-04-28 10:24:06

Retour sur Belzagor – Tome 1 : une BD contemplative aux accents d’Aldébaran

Je me suis lancé dans Retour sur Belzagor – tome 1 sans avoir lu le roman original. Du coup, je l’aborde vraiment comme une œuvre à part entière… et mon ressenti est assez clair : on est sur une BD de science-fiction très contemplative.

Dès les premières pages, le rythme surprend. Ici, pas d’action frénétique ni de rebondissements constants. Le récit prend son temps, installe son univers, et laisse beaucoup de place à l’ambiance. C’est un choix assumé, qui peut soit séduire, soit laisser à distance.

Une ambiance qui rappelle Aldébaran

Impossible pour moi de ne pas faire le rapprochement avec Aldébaran. On retrouve cette sensation de planète étrangère vivante, crédible, presque organique. La faune, la flore, les paysages : tout participe à créer un monde dépaysant, étrange mais cohérent.

Mais là où Aldébaran mise davantage sur l’aventure et l’accessibilité, Belzagor adopte une approche plus introspective, plus froide aussi. On observe plus qu’on ne vit l’action. Le lecteur est témoin, parfois un peu à distance.

Un personnage principal encore mystérieux

Le héros, Gundersen (Andy), reste assez opaque dans ce premier tome. On comprend qu’il a un passé lié à la colonisation de la planète et qu’il revient avec une forme de malaise ou de culpabilité… mais tout cela est suggéré, jamais vraiment développé.

Son passé n’est pas encore exploré en profondeur. Le récit préfère distiller des indices plutôt que donner des réponses immédiates. Cela renforce le mystère, mais peut aussi frustrer si l’on attend un attachement rapide au personnage.

Une vraie réussite graphique : les espèces alien

Là où la BD m’a vraiment marqué, c’est dans sa représentation des espèces extraterrestres, notamment les Nildoror et les Sulidoror.

Leur design est impressionnant :

ils ont une vraie présence physique
leur anatomie semble crédible
ils dégagent une forme de dignité presque spirituelle

On sent un vrai travail pour éviter le cliché de “l’alien générique”. Chaque créature semble appartenir à un écosystème réfléchi, avec ses règles, sa logique.

Sans avoir lu le roman, difficile de comparer, mais une chose est sûre : visuellement, c’est une grande réussite. Là où la littérature suggère, la BD impose une vision forte.

Un premier tome qui mise sur la patience

Ce tome 1 est clairement une introduction. Il pose les bases, installe l’univers, esquisse les enjeux… mais ne cherche pas à tout livrer immédiatement.

C’est une BD qui demande d’accepter :

un rythme lent
une narration elliptique
une immersion progressive
Verdict

Retour sur Belzagor – tome 1 est une œuvre de science-fiction exigeante, qui privilégie l’atmosphère et la réflexion à l’action.

Ce n’est pas une lecture “addictive” au sens classique du terme, mais plutôt une expérience immersive, presque contemplative.

Si vous aimez les univers riches, les ambiances posées et les mondes extraterrestres crédibles, il y a de fortes chances que vous y trouviez votre compte.

Sinon, le rythme pourra sembler un peu trop lent.

Dans tous les cas, c’est une BD qui mérite qu’on s’y attarde.

La ruche

Série : Chats
Publié par SilSocrate le 2026-04-26 09:59:48

Chats T3 : La Ruche (Convard)
Dans la continuité de Not’Dam et Adam et Rêve (où la découverte d’Ève marque un tournant mystique), le tome 3 La Ruche fait évoluer la série vers plus d’action et de tension.
Après la trahison d’Ombre d’Or par DiskDur, le groupe quitte Not’Dam et traverse un paysage hivernal dévasté. Le « nature renaissance » y est particulièrement saisissant : un monde enseveli sous la neige où la végétation et le froid ont repris leurs droits sur les ruines humaines.
Convard approfondit ses thèmes de prédilection : faillite de la technologie, violence qui ne s’éteint jamais (même chez les chats), cycle de la domination et questionnement sur la mémoire collective. Le contraste entre la sagesse contemplative des félins et la barbarie (lupine ou interne) reste très actuel.
Le dessin, toujours statique et froid, trouve une certaine poésie dans les décors enneigés. Les dialogues conservent ce côté verbeux typique des années 90, mais servent une réflexion humaniste solide.
La Ruche apparaît comme l’un des volumes les plus équilibrés des premiers tomes : moins lent que le précédent, plus rythmé, tout en préservant l’ambiance mélancolique et philosophique de la série. Le final laisse une impression forte et cohérente avec le ton général.

PTSD radio, Tome 1

Série : PTSD radio
Publié par SilSocrate le 2026-04-25 09:44:24

J’ai tenté PTSD Radio – tome 1 de Masaaki Nakayama… et je vais m’arrêter là.

Autant être clair : l’ambiance est réussie. Il y a un vrai malaise, certaines images sont marquantes, et on sent une volonté de faire une horreur différente, plus psychologique.

Mais pour moi, ça ne suffit pas. La narration est beaucoup trop éclatée, les histoires s’enchaînent sans véritable fil conducteur, et au bout d’un moment, ça devient plus confus qu’inquiétant. J’ai eu l’impression de lire une suite de fragments sans jamais avoir de vraie progression ni de réponses.

Le concept autour d’Ogushi est intriguant, mais il reste trop flou pour vraiment m’impliquer. À force de tout suggérer sans expliquer, le manga perd en impact.

Intégrale Wolverine 1988-1989

Série : Wolverine (L'intégrale)
Publié par SilSocrate le 2026-04-24 10:59:48

Wolverine – L’intégrale 1988-1989

Cette intégrale constitue une lecture essentielle pour comprendre la construction du personnage de Wolverine, même si elle n’est pas exempte de défauts liés à son époque.

Le point fort majeur reste la mini-série fondatrice de Chris Claremont et Frank Miller. Elle apporte une vraie profondeur au personnage en explorant ses contradictions : entre sauvagerie et code d’honneur, notamment à travers son lien avec le Japon. C’est une œuvre marquante, encore très efficace aujourd’hui.

La suite, avec les débuts de la série régulière, propose une ambiance très différente, notamment à Madripoor. On y découvre un Wolverine plus ancré dans un univers de polar, évoluant dans un décor urbain sombre, entre criminalité et identité secrète. Cette approche est intéressante et donne une nouvelle dimension au personnage, plus humaine et moins “super-héroïque”.

Cependant, tout n’est pas du même niveau. Certains épisodes souffrent d’un rythme lent et d’une narration typique des années 80, parfois trop verbeuse. La qualité est donc inégale, même si l’ensemble reste cohérent et agréable à lire.

En résumé, cette intégrale est avant tout une œuvre importante sur le plan historique et narratif. Elle ne propose pas toujours une lecture fluide ou moderne, mais elle pose les bases essentielles du mythe Wolverine et reste incontournable pour les amateurs du personnage.

Adam et Rêve

Série : Chats
Publié par SilSocrate le 2026-04-18 11:46:54

Chats, tome 2 : Adam et Rêve
Ce deuxième tome approfondit vraiment l’univers tout en le faisant basculer dans une direction plus mystique et introspective. Le vieux « lecteur » est hanté par un rêve récurrent : celui d’un Homme (Adam ?) qui aurait traversé le temps ou survécu d’une façon mystérieuse. L’histoire explore alors les vestiges humains de manière plus intime, avec des questionnements sur la mémoire, la création, le rêve et ce que les chats projettent sur le passé de l’humanité.
Le titre « Adam et Rêve » n’est pas anodin : il y a une dimension presque biblique ou originelle, mêlée à une ambiance onirique et contemplative. On sent Convard creuser le parallèle entre la chute des hommes et la possible renaissance (ou répétition des erreurs) chez les chats.
L’approfondissement philosophique : le thème de la sagesse féline face aux erreurs humaines gagne en épaisseur. Les discussions entre Traîne-Patte et Saute-Lune deviennent plus denses, et le rêve permet d’introduire des idées sur la mémoire collective, la transmission et la peur de « virer comme les politichiens ».
L’ambiance : elle devient plus envoûtante.
Dans le tome 2 (Adam et Rêve), la grande révélation (et le cœur émotionnel du volume) est effectivement la découverte d’Ève : une femme humaine , en état de stase, cachée quelque part§. Elle est présentée comme la « compagne » potentielle d’Adam, cet Homme mythique dont Traîne-Patte rêve régulièrement.
Adam représente l’espoir (ou la menace ?) d’un retour de l’humanité « pure », d’un recommencement.
Ève, elle, incarne la face plus mystérieuse, presque sacrée ou biblique, de cette renaissance possible. Sa présence sous la cathédrale renforce l’idée que Not’Dam est un sanctuaire ultime, un lieu où le passé humain n’est pas tout à fait mort.
Il approfondit le thème de la chute et de la possible rédemption de l’humanité. Les chats, avec leur sagesse contemplative, se retrouvent face à la question : faut-il réveiller ces derniers représentants de l’ancienne civilisation ? Ou risquent-ils de ramener avec eux les mêmes erreurs (domination, violence, « politichiens ») ?
Ça lie magnifiquement la nature renaissante (les ruines envahies, la végétation qui a tout recouvert) à l’idée que l’Homme pourrait « renaître » au milieu de cette nature reconquise.
La civilisation féline risque-t-elle d’être corrompue par ce contact avec l’humanité originelle ?

Not' Dam

Série : Chats
Publié par SilSocrate le 2026-04-17 10:50:40

Petite relecture
Chats, tome 1 : Not'Dam de Didier Convard (Glénat / Grafica, 1992).
C’est une BD de science-fiction post-apocalyptique assez originale pour l’époque. L’idée de base est excellente : dans un monde ravagé par l’homme (ère post-atomique), les chats sont devenus l’espèce dominante, civilisée, avec leur propre culture, leur langage et leurs traditions. Ils cohabitent avec des loups sauvages et brutaux, et des humains dégénérés qui errent comme des spectres parmi les ruines de leur ancienne grandeur.
Le tome 1 suit Saute-Lune, un jeune chat novice, et son maître Traîne-Patte, un vieux « lecteur » (une sorte de sage qui sait interpréter les signes et les vestiges du passé humain). L’histoire tourne autour de la découverte que les loups s’organisent en armée pour marcher sur le sanctuaire sacré de Not’Dam (un clin d’œil évident à Notre-Dame, mais revisité dans cet univers animalier). Ça pose les bases d’un conflit entre civilisation féline et barbarie lupine, avec une réflexion sous-jacente sur la nature, le progrès et la chute des civilisations.
Ce que j’ai aimé
Pour ma part, sur une relecture, je trouve que :
Le concept tient toujours très bien la route. L’idée d’une civilisation féline post-apocalyptique, avec les chats comme espèce « éclairée » qui tente de préserver ou d’interpréter les vestiges humains, reste poétique et intelligente. Le parallèle avec notre propre chute potentielle est même plus percutant qu’en 1992.
L’ambiance contemplative et un peu mystique passe encore mieux à la relecture : on prend le temps d’apprécier les ruines, le rôle des « lecteurs » (comme Traîne-Patte), et cette façon dont les chats projettent leur propre spiritualité sur le monde abandonné par l’homme.
Le dessin de Convard, lui, reste très personnel : propre, avec de belles compositions de plans larges sur les ruines, mais assez statique et froid sur les expressions des chats. Ça donne une atmosphère particulière, presque théâtrale, qui peut plaire ou non selon les goûts.
le thème principal de Chats – Not’Dam reste très actuel en 2026, et même plus percutant qu’à sa sortie en 1992.
L’idée de base — une humanité qui s’autodétruit par sa propre folie (ici via un holocauste nucléaire ou technologique), laissant la planète à d’autres espèces qui se disputent les ruines — résonne fortement aujourd’hui. On est en pleine ère des crises climatiques, des risques d’effondrement civilisationnel, des débats sur l’Anthropocène et la « sixième extinction ». La BD inverse magnifiquement les rôles : les chats deviennent l’espèce « éclairée », pacifique et philosophique qui essaie de comprendre et de préserver les vestiges du passé humain, tandis que les humains sont réduits à des animaux dégénérés, errants et pathétiques, et les loups incarnent la barbarie organisée et guerrière.
Ce qui frappe à la relecture :
La critique de la domination humaine et de sa violence intrinsèque (« les politichiens », la course au pouvoir, la guerre). Convard pose déjà la question : une nouvelle civilisation (les chats) saura-t-elle éviter de répéter les mêmes erreurs ?
Le rapport à la nature qui reprend ses droits : Paris noyée sous la végétation, les ruines envahies… Ça évoque directement les images actuelles de «la nature reprend ses droits» ou les scénarios post-effondrement qu’on voit dans la fiction et les documentaires.
Le rôle des « lecteurs » (comme Traîne-Patte) qui interprètent les traces du passé pour guider le présent. C’est presque une métaphore de notre rapport aux archives, à l’histoire et à la mémoire collective face aux crises.
Éditions Glénat BD

2024 - 2025

Série : King Spawn
Publié par SilSocrate le 2026-04-16 11:22:47

King Spawn #31 à #42 (le tome Delcourt sorti début 2026 en VF, qui couvre exactement cette période post-Spawn #350).
C’est l’arc du nouveau status quo : six mois après le couronnement de Nyx sur le trône de l’Enfer, les Dead Zones s’ouvrent, des créatures surnaturelles envahissent la Terre, et surtout Al Simmons a perdu une grosse partie de ses pouvoirs infernaux. Il est plus vulnérable, il doit se battre « à l’ancienne » (sale, rusé, sans les blasts faciles), et ça monte clairement les enjeux.
Le début (#31-35 environ) : Très bien reçu. Le #31 pose un ton prometteur avec un Spawn en péril, plus humain/fragile, et l’art de Jeremy Haun + Ivan Nunes est excellent (sombre, brut, avec une bonne dose d’horreur urbaine). L’ambiance « tout le monde est en danger » passe bien, et on sent que l’univers Spawn s’ouvre un peu plus sur Terre.
Le milieu et la fin (#36-42) : Rory McConville prend de plus en plus les rênes à l’écriture (avec McFarlane encore impliqué). Ça devient plus dark et horrifique, avec Al qui descend un chemin où même un Hellspawn peut être chassé comme une proie. Il y a des moments violents, des trahisons et une vibe « hanté » qui colle bien au personnage fatigué et enragé. L’art passe souvent sur Yildiray Çinar, qui garde le style gritty et détaillé.
L’action reste brutale et jouissive (Spawn qui improvise sans ses pouvoirs full, c’est rafraîchissant pour certains).
L’atmosphère horreur + urban fantasy est au rendez-vous.
Ça reste relativement indépendant du reste de l’univers Spawn.
Pas de révolution majeure du mythe : c’est du Spawn classique, avec ses forces et ses tics (violence, cynisme, famille en toile de fond).
Le rythme narratif est parfois inégal selon les dessinateurs.
Le concept de Spawn « affaibli » et forcé de ruser est intéressant, ça lui redonne un côté badass. L’horreur rampante et la chasse inversée dans les derniers numéros (#40-42) relèvent le niveau pour moi. Ce n’est pas le run le plus mémorable de toute l’histoire Spawn, mais c’est solide, divertissant et fidèle à l’esprit mature/violent de la série.

Les Animaux malades des humains - Au procès des zoonoses

Série : Les Animaux malades des humains - Au procès des zoonoses
Publié par SilSocrate le 2026-04-15 15:12:14

la BD est particulièrement efficace pour ceux qui, pendant le Covid (et les autres épidémies), ont été les premiers à crier « c’est la chauve-souris ! », « c’est le pangolin ! » ou « il faut tout interdire et massacrer les animaux sauvages ». Le procès inverse complètement la perspective et leur renvoie la balle : « Et si le problème venait plutôt de notre façon d’envahir leurs habitats, de créer des marchés bondés, d’élever des millions d’animaux dans des conditions propices aux mutations virales ? » Elle ne se contente pas de dire « c’est de notre faute », elle le démontre de manière pédagogique et assez percutante grâce au format du tribunal.
Le procès qui tient bien la route (même si un peu répétitif sur la fin)
Une vulgarisation des zoonoses claire et bien mise en avant
Un dessin adapté au ton
Et surtout, une BD qui fait réfléchir
… ça en fait une lecture vraiment utile et accessible, pas juste un énième pamphlet écolo.

Wolf-Man, Tome 4

Série : Wolf-Man
Publié par SilSocrate le 2026-04-14 09:20:02

Wolf-Man tome 4
Le tome 4 conclut l’arc principal .C’est un tome riche en action et en rebondissements, avec un rythme soutenu qui ne laisse presque pas de répit. On y retrouve Gary qui échappe à la prison, s’allie temporairement avec le machiavélique Faciès, affronte une créature antédiluvienne, et se rapproche de Mecha-Maid. Il y a aussi des révélations sur les origines de Gary, des combats spectaculaires et des twists typiques de Kirkman (faux-tiroirs, trahisons, dilemmes moraux).
L’action est généreuse, visuellement dynamique grâce au trait nerveux et expressif de Jason Howard. Les scènes de transformation et de baston entre monstres claquent bien.
Kirkman garde sa patte : mélange de super-héros, d’horreur et de drame personnel. On sent l’influence d’Invincible (même univers partagé).
La conclusion apporte des réponses sur les origines et le destin de Wolf-Man, même si elle laisse une petite sensation d’inachevé pour certains lecteurs (la série US continuera un peu après).
Le tome 4 donne l’impression d’une fin un peu précipitée pour clore le cycle en 4 tomes chez Glénat. Certains arcs secondaires (comme la relation avec Mecha-Maid ou les services secrets) sont traités rapidement.
L’ensemble de la série est honnête et divertissante.

Dégoûts et des douleurs...

Série : Tony Chu, détective cannibale
Publié par SilSocrate le 2026-04-13 09:56:09

Tony Chu, détective cannibale tome 7 (Dégoûts et des douleurs / Bad Apples en VO) :
C’est un tome solide. Il reste très divertissant, avec le mélange signature d’humour noir, d’absurde et de moments émotionnels qui font la force de Chew.
Ce que j’ai aimé :
Le deuil et le développement de Tony : Après les événements dramatiques du tome 6 (la mort de sa sœur jumelle Toni), on voit Tony en pleine convalescence, plus sombre, plus rageur et déterminé à traquer le vampire cibopathe. Ça apporte une vraie épaisseur émotionnelle, sans tomber dans le pathos lourd.
L’humour toujours aussi déjanté : Rob Guillory continue de livrer un dessin ultra expressif et bourré de gags visuels (le poulet cyborg, les situations grotesques…). Le scénario de John Layman garde ce ton unique : polar barré + cuisine + paranormal.
L’intrigue principale : L’enquête sur les combustions spontanées liées à un soda + poulet mène à la secte des adorateurs de l’œuf. C’est typiquement Chu : complètement absurde et pourtant cohérent dans son délire. Il y a des rebondissements, des confrontations bien senties et un cliffhanger qui relance bien l’arc global.
Le duo Tony/Colby fonctionne toujours aussi bien.

The Beauty, Book One (TPB)

Série : The Beauty (2015)(V.O. anglais)
Publié par SilSocrate le 2026-04-12 16:09:37

The Beauty Book One (Volume 1) : c’est un excellent début de série, intelligent, glaçant et très addictif.
Le concept de base est génial et hyper accrocheur : imagine un MST (maladie sexuellement transmissible) qui rend les gens de plus en plus beaux, sans effort, sans régime, sans chirurgie. La société devient dingue : tout le monde veut l’attraper, sauf une minorité anti-Beauty qui le voit comme une abomination. Mais évidemment, il y a un prix à payer… et c’est là que le comic bascule dans l’horreur, le thriller et la critique sociale.
Le scénario : Il mélange habilement procédural policier, science-fiction, horreur corporelle et satire sur notre obsession de l’apparence. Les deux détectives (Drew Foster et Kara Vaughn) sont attachants et bien écrits, avec leurs faiblesses humaines. Le rythme est rapide, les twists efficaces, et ça pose très bien les enjeux moraux sans être lourdingue.
L’art de Jeremy Haun : Franchement magnifique. Les couvertures sont souvent à tomber, et l’intérieur est très dynamique, avec un bon sens du détail (surtout quand on montre les « avant/après » ou les scènes plus sombres). Les couleurs de John Rauch renforcent parfaitement l’ambiance.
Le ton : Il y a du suspense, de l’humour noir, de la violence brutale et une vraie réflexion sur la vanité, la conformité et ce qu’on est prêt à sacrifier pour être « parfait ».
J'ai beaucoup aimé l’arc dessiné par Jeremy Haun (essentiellement les issues #1 à 6, qui forment le cœur du Volume 1 / les premiers chapitres du Book One). C’est là où le comic est au sommet : trait net, dynamique, expressif, avec des designs de personnages clairs, des « avant/après » qui claquent, et une mise en page qui rend parfaitement l’ambiance glamour qui tourne à l’horreur.
Le problème arrive juste après : à partir de l’issue #7 (début du Volume 2), Haun passe surtout au scénario et laisse la place à des guest artists, dont Brett Weldele sur plusieurs numéros (#7-11 notamment, et d’autres dans les arcs suivants). C’est exactement là que l’ensemble visuel se dégrade pour moi : le contraste est brutal, le style devient plus peint/texturé/sale, moins lisible, et ça casse l’immersion que Haun avait si bien installée.

Cats and dragon, Tome 2

Série : Cats and dragon
Publié par SilSocrate le 2026-04-12 10:09:17

Cats and Dragon tome 2
J’ai aimé, dans la même veine que le tome 1, mais avec un peu plus de profondeur sur les relations et l’héritage.
C’est une série ultra feel-good et cosy fantasy : un gros dragon cracheur de feu, élevé comme un chat par une maman chatte, qui finit par devenir le protecteur (et presque la « maman/papa ») d’une bande de chats magiques dans une forêt enchantée. Le contraste entre ce dragon impressionnant, un peu maladroit et ultra tendre, et ses petits protégés félins est adorable à chaque page.
Le tome 2 continue sur les petits contes/chapitres autonomes qui mélangent quotidien mignon, magie légère et moments touchants. On creuse un peu plus les thèmes de famille choisie, transmission et liens inattendus. Ça reste très doux, réconfortant, avec de l’humour léger (le dragon qui agit comme un gros chat géant, c’est du pur bonheur quoique peu présent). Pas de gros enjeux dramatiques, pas de violence : c’est fait pour se poser et sourire.
Le dessin de Izumi Sasaki est super charmant, tout en rondeurs et expressions expressives, ça rend l’univers encore plus attachant.

The Devil of the Gods, Tome 2

Série : The Devil of the Gods
Publié par SilSocrate le 2026-04-11 10:04:01

The Devil of the Gods (titre original : Kamigami no Akuma) est un seinen horreur/fantastique en 2 tomes, scénarisé par Tsukasa Saimura et dessiné par Kôzô Takahashi.
C’est un manga correct pour les fans d’horreur gore et de possessions démoniaques, mais qui reste assez moyen dans l’ensemble et ne révolutionne pas le genre. Il a de vraies qualités d’ambiance, surtout dans le tome 1, mais souffre de quelques faiblesses classiques (rythme inégal, intrigue qui patine un peu dans le tome 2).
L’ambiance horreur est bien posée dès les premières pages : tuerie en plein jour, transformations répugnantes, exorcismes violents… Ça donne des frissons et des scènes choquantes (visages déformés, possédés qui font vraiment peur grâce aux détails). Les références à L’Exorciste (tête qui tourne, spider walk, etc.) sont assumées et bien intégrées dans un contexte japonais moderne.
Le dessin est sombre, réaliste dans les décors urbains, très efficace sur les moments gores et démoniaques. Les possédés et créatures sont particulièrement réussis et terrifiants. Le trait de Takahashi est contemporain et soigné.
Le mélange enquête policière + chasse aux démons fonctionne bien au début, avec des sous-intrigues et un côté « démon en chacun de nous » qui ajoute un peu de profondeur. Le père Mitakura et l’inspecteur Mizutori sont des personnages secondaires charismatiques qui portent souvent l’histoire mieux que le héros principal. Le personnage de Renji est assez archétypal (jeune naïf amoureux d’une prostituée qui veut la « sauver ») est moins intéressant que les autres.
En conclusion, cela se laisse lire mais sans plus.

Wolf-Man, Tome 3

Série : Wolf-Man
Publié par SilSocrate le 2026-04-10 09:22:06

Wolf-Man tome 3 chez Glénat (2012)
Pour rappel, Wolf-Man (titre original : The Astounding Wolf-Man) est une série de Robert Kirkman (le papa de The Walking Dead et Invincible) et Jason Howard). C’est un spin-off de l’univers Invincible, qui revisite le mythe du loup-garou avec une approche super-héroïque/dark : Gary Hampton, riche businessman, se fait mordre et devient un lycanthrope qu’il essaie de contrôler pour devenir un héros… jusqu’à ce que tout parte en vrille.
L’écriture de Kirkman : comme souvent, il est très fort sur les relations familiales dysfonctionnelles et les conséquences émotionnelles des pouvoirs. On sent la pression sur Gary, qui essaie de garder son humanité tout en étant un monstre. Le rythme est bon, avec des twists et une montée en tension bien gérée.
Le dessin de Jason Howard : il s’améliore nettement tome après tome. Les expressions des visages humains deviennent plus vivantes, les transformations et les scènes d’action sont dynamiques, et les couvertures sont souvent magnifiques. Les couleurs sont bien adaptées à l’ambiance sombre/horrifique.
L’ambiance : c’est du Kirkman pur jus — du drame, de l’horreur, de l’action, et une certaine ironie tragique. Ça se lit très vite et c’est addictif.
Ce n’est pas le chef-d’œuvre du siècle. Certains trouvent la série un peu inégale : le concept de « loup-garou super-héros » est sympa, mais parfois il manque un peu de folie ou d’originalité par rapport à d’autres créations de Kirkman

Les griffes du Gévaudan, Tome 2

Série : Les griffes du Gévaudan
Publié par SilSocrate le 2026-04-09 10:09:20

Les Griffes du Gévaudan (diptyque chez Glénat, scénario de Sylvain Runberg, dessin et couleurs de Jean-Charles Poupard)
C’est une belle BD historique qui revisite avec intelligence et ambiance le mythe de la Bête du Gévaudan.
Tome 1 (sorti en janvier 2024)
Le premier tome pose très bien le contexte : on est en été 1765, la région est terrorisée depuis plus d’un an par une créature qui massacre surtout des femmes et des enfants. Louis XV envoie François Antoine (porte-arquebuse du roi) et son fils pour régler le problème et restaurer l’honneur de la couronne.
L’ambiance pesante et réaliste du XVIIIe siècle rural.
Les reconstitutions historiques sont soignées (costumes, villages, mentalité de l’époque).
Le dessin de Poupard est magnifique : réaliste, très expressif, avec des couleurs sombres et une mise en scène qui renforce le côté oppressant et parfois macabre.
Le scénario mélange habilement faits historiques, enquête policière et touche de mystère/fantastique (on ne sait pas vraiment si c’est un animal, un hybride, ou quelque chose de plus… humain).
Le rythme est assez posé (beaucoup de dialogues et de cartouches descriptifs), mais ça sert bien l’immersion. On sent vraiment la peur, la superstition, les tensions sociales et la pression sur les enquêteurs.
Tome 2 (sorti le 25 mars 2026)
Le second tome conclut l’histoire de manière très satisfaisante. Il monte en tension, multiplie les rebondissements et brouille encore plus les pistes entre la bête « naturelle » et les explications plus sombres (vengeance, complot, folie humaine…).
La frontière entre l’homme et le monstre devient de plus en plus floue → c’est là que le scénario de Runberg prend toute sa saveur.
Les personnages gagnent en profondeur (surtout François Antoine et son fils).
La révélation finale et la résolution sont « excellentes » et « incroyables » .
Le dessin reste au même niveau élevé, avec des planches parfois très dures et immersives.
Globalement, le diptyque forme un thriller historique sombre et efficace, qui respecte l’histoire réelle tout en proposant une interprétation personnelle et moderne (un peu dans l’esprit d’un polar rural avec une pointe d’horreur).

Les griffes du Gévaudan, Tome 1

Série : Les griffes du Gévaudan
Publié par SilSocrate le 2026-04-09 10:08:57

Les Griffes du Gévaudan (diptyque chez Glénat, scénario de Sylvain Runberg, dessin et couleurs de Jean-Charles Poupard)
C’est une belle BD historique qui revisite avec intelligence et ambiance le mythe de la Bête du Gévaudan.
Tome 1 (sorti en janvier 2024)
Le premier tome pose très bien le contexte : on est en été 1765, la région est terrorisée depuis plus d’un an par une créature qui massacre surtout des femmes et des enfants. Louis XV envoie François Antoine (porte-arquebuse du roi) et son fils pour régler le problème et restaurer l’honneur de la couronne.
L’ambiance pesante et réaliste du XVIIIe siècle rural.
Les reconstitutions historiques sont soignées (costumes, villages, mentalité de l’époque).
Le dessin de Poupard est magnifique : réaliste, très expressif, avec des couleurs sombres et une mise en scène qui renforce le côté oppressant et parfois macabre.
Le scénario mélange habilement faits historiques, enquête policière et touche de mystère/fantastique (on ne sait pas vraiment si c’est un animal, un hybride, ou quelque chose de plus… humain).
Le rythme est assez posé (beaucoup de dialogues et de cartouches descriptifs), mais ça sert bien l’immersion. On sent vraiment la peur, la superstition, les tensions sociales et la pression sur les enquêteurs.

Le Diable de Smiling Woods

Série : Le Diable de Smiling Woods
Publié par SilSocrate le 2026-04-08 15:56:28

e Diable de Smiling Wood.
Globalement, c’est une bonne BD de genre (folk-horror + thriller écologique) avec une ambiance forestière très réussie, une montée de tension progressive et un thème intéressant sur la culpabilité collective et la « vengeance » de la nature. L’histoire est classique mais bien rythmée : on suit un groupe d’ados qui enquête sur des disparitions dans une petite ville marquée par un drame passé, et ça glisse doucement vers quelque chose de plus sombre et poisseux. Les paysages, les couleurs sombres (bleus profonds, violets, noirs) et les scènes dans les bois fonctionnent vraiment bien et créent un vrai malaise.
L’ambiance est vraiment réussie. Starace sait créer un malaise poisseux, une atmosphère oppressante dans ces bois qui « sourient » (le nom est ironique, évidemment). C’est folk-horror bien dosé : on sent la nature qui se venge, les péchés collectifs d’une communauté, la culpabilité qui pourrit tout. Le thème « la nature rend justice à ceux qui la menacent » est bien amené sans être trop moralisateur.
Petit bémol : le dessin des visages .Starace assume complètement son choix graphique (visages avec l’absence quasi totale de nez sur la plupart des personnages, les lèvres souvent réduites à de gros aplats sombres) : il veut une certaine distance froide, presque « masquée », qui colle au thème du malaise et du secret.
C’est une lecture moyenne à bonne si tu arrives à passer outre le dessin des visages (les paysages et l’ambiance sauvent beaucoup de choses). Il reste plaisant pour une soirée « thriller forestier », mais il n’atteint pas le niveau d’immersion et d’attachement qu’on pourrait attendre d’un one-shot de 140 pages.

Cats and dragon, Tome 1

Série : Cats and dragon
Publié par SilSocrate le 2026-04-08 09:24:46

Cats and Dragon est une très bonne série feel-good fantasy. Le concept de base est excellent : un bébé dragon orphelin élevé comme un chat par une mère chatte, qui grandit en devenant un protecteur ronchon, surprotecteur et un peu vieux jeu d’une colonie de chats magiques (cait siths).
Le manga est doux, réconfortant, avec de jolies réflexions sur la famille choisie, le passage du temps (les chats vivent beaucoup moins longtemps que le dragon, ce qui apporte une touche douce-amère) et l’ouverture progressive au monde des humains. Les dessins sont adorables, les expressions des chats ultra expressives, et l’ambiance forêt magique + quotidien tranquille respire la chaleur.
Le tome 1 pose bien l’univers et présente la colonie de chats avec leurs personnalités variées (aventuriers, flemmards, curieux des humains…). Mais le dragon est en retrait : il sert surtout de cadre émotionnel et de « patriarche grincheux » qui réagit de loin. Les interactions directes dragon-chats sont limitées, surtout après le flashback du début. On sent plus le lien familial qu’on ne le voit vivre au quotidien dans ce premier volume.
C’est un choix assumé de l’auteur : construire d’abord la grande famille féline vivante et indépendante, avec le dragon comme pilier unificateur. Le résultat, c’est que les chats volent souvent la vedette, et le dragon reste plus réactif (il stresse, il protège, il commente) qu’acteur central de chaque chapitre.

Space cakes

Série : Tony Chu, détective cannibale
Publié par SilSocrate le 2026-04-07 17:52:35

Tony Chu tome 6 (Space Cakes) : c’est du Chu pur jus, toujours aussi barré, drôle et inventif, mais un peu différent des tomes précédents.
Dans ce volume (qui compile les numéros 26 à 30 de la série originale Chew), Tony Chu est hors-jeu la majeure partie du temps : il est à l’hôpital en train de récupérer des événements violents du tome précédent (Major League Chew). Du coup, le focus passe largement sur sa sœur jumelle Toni Chu, la cibovoyante (elle voit l’avenir en mangeant des choses, y compris parfois des gens… ce qui lui pose des problèmes relationnels assez hilarants).

L’humour reste excellent : Layman continue à pousser le concept des pouvoirs liés à la nourriture dans des directions complètement absurdes (vaches qui explosent, pluie de moutons, etc.).
Le retour de personnages secondaires savoureux, dont le légendaire Poyo (l’agent secret cybernétique poulet, qui est toujours un pur délice de badasserie comique).
Le dessin de Rob Guillory est toujours au top : couleurs vives, expressions faciales hilarantes, et un sens du grotesque parfait pour l’univers.
Il y a une vraie montée en tension avec les visions sombres de Toni, qui préparent clairement la suite. Ça ajoute une touche un peu plus « heartbreaking » et sérieuse au milieu du chaos.

Sans Tony au centre, l’histoire manque un peu de drive narratif fort. Ça ressemble plus à une série d’épisodes fun et de développement de l’univers qu’à un arc vraiment cohérent et palpitant.

Précédent   Suivant