Collection de SilSocrate


Les avis de lecture de SilSocrate

Star Wars - Bounty Hunters & Inquisitors, Tome 1

Série : Star Wars - Bounty Hunters & Inquisitors
Publié par SilSocrate le 2026-10-01 16:55:11

Star Wars : Bounty Hunters & Inquisitors – Tome 1 : Le procès de Lando Calrissian
Avec Star Wars : Bounty Hunters & Inquisitors – Tome 1 : Le procès de Lando Calrissian, Panini Comics propose un album qui réunit plusieurs histoires issues de différentes séries Marvel. Un choix qui permet de retrouver plusieurs figures connues de l’univers Star Wars, mais qui donne également au tome un côté assez disparate.
Un album qui multiplie les personnages
Comme son titre le laisse entendre, ce premier tome s'intéresse principalement aux personnages qui évoluent en marge des grandes figures traditionnelles de la saga.
On retrouve notamment Lando Calrissian, Dark Vador, Jango Fett ainsi que différents chasseurs de primes et Inquisiteurs. Cette diversité est l’un des principaux atouts de l’album : chaque histoire apporte une ambiance différente et permet d’explorer une autre facette de l’univers.
Le personnage de Lando est particulièrement intéressant. Le procès évoqué dans le titre permet de revenir sur ses actions et leurs conséquences. On retrouve parfaitement le personnage que l’on connaît : charmeur, parfois opportuniste, mais également capable de prendre des risques et de se retrouver dans des situations particulièrement compliquées.
Jango Fett au rendez-vous
La présence de Jango Fett constitue également une bonne surprise.
Le personnage reste relativement mystérieux dans les films, et les comics permettent de développer davantage son histoire et sa réputation. Cette partie apporte une dimension différente au volume et devrait particulièrement intéresser les lecteurs qui apprécient la famille Fett.
Ce n’est toutefois pas nécessairement l’histoire qui m’a le plus marqué dans l’album, mais elle apporte une vraie variété au récit.
Dark Vador, une valeur sûre
Impossible de parler de cette période des comics Star Wars sans évoquer Dark Vador.
Les épisodes présents dans ce tome prolongent les intrigues développées dans les précédentes publications Marvel. Vador reste évidemment l’un des personnages les plus impressionnants de la saga, et les auteurs continuent de jouer sur son côté implacable tout en développant les différentes intrigues autour de lui.
Pour les lecteurs qui suivent déjà la série consacrée au Seigneur Sith, ces épisodes ont donc un intérêt supplémentaire.
Une lecture agréable, mais un album assez disparate
C’est probablement le principal point à garder en tête avant de commencer ce tome.
Bounty Hunters & Inquisitors n’est pas vraiment une histoire unique racontée du début à la fin. L’album rassemble plusieurs récits provenant de différentes séries. Le résultat est donc assez proche d’une anthologie.
Cela permet de varier les plaisirs et les personnages, mais cela peut aussi donner une impression de manque de cohérence. On passe relativement rapidement d’une intrigue à une autre, avec des personnages et des ambiances différentes.
Personnellement, je trouve que cela fonctionne plutôt bien si on considère le livre comme une collection d’histoires complémentaires de l’univers Star Wars, plutôt que comme un récit unique.
Les différentes histoires s’inscrivent dans une continuité plus large, notamment autour de Star Wars, Dark Vador et Bounty Hunters. Une lecture isolée reste possible, mais certains événements et certaines relations entre les personnages auront davantage de sens pour ceux qui connaissent déjà les précédents albums.
Pour un nouveau lecteur, ce n’est donc peut-être pas forcément le point de départ idéal.
Verdict
Star Wars : Bounty Hunters & Inquisitors – Tome 1 est un album sympathique qui permet de retrouver plusieurs personnages emblématiques de l’univers Star Wars dans des aventures plutôt variées.
J’ai particulièrement apprécié la présence de Lando et le développement des personnages qui évoluent dans les zones plus grises de la galaxie. Les passages consacrés à Vador fonctionnent également très bien, tandis que l’histoire autour de Jango Fett apporte une agréable variation.
Son principal défaut reste son côté très anthologique : les différentes histoires ne forment pas forcément un ensemble parfaitement homogène.
Mais pour les amateurs de comics Star Wars et notamment pour ceux qui suivent déjà les séries Marvel, le tome mérite clairement le détour.
Ma note : ⭐ 8/10
Un album efficace, varié et agréable à lire, particulièrement intéressant pour ceux qui veulent explorer davantage les personnages qui gravitent autour des grandes figures de la saga.

De griffes et de crocs

Série : World war wolves
Publié par SilSocrate le 2026-09-27 11:04:45

World War Wolves Tome 3 – De griffes et de crocs : la meute ne lâche rien
Après deux tomes ultra efficaces, Jean-Luc Istin continue de nous plonger dans son Amérique dévastée par une épidémie de lycanthropie avec De griffes et de crocs. Et autant le dire tout de suite : la série n’a pas perdu de son mordant.
On retrouve nos trois groupes de survivants, chacun dans une situation de plus en plus précaire. Malcolm Spolding, toujours aussi débrouillard, tente de s’extirper de New York avec un groupe d’évadés, tandis que Raven et sa meute lui collent aux basques. À Las Cruces, John Marshall met enfin un visage sur le loup qui rôde dans les rues. Et du côté de Jeremy et Sarah, l’arrivée de la mystérieuse Angela vient sérieusement troubler les cartes.
Le scénario avance intelligemment. Sans tout dévoiler, Istin commence à lever un coin du voile sur certains mystères tout en maintenant une tension constante. Les scènes d’action sont toujours aussi percutantes, et l’atmosphère oppressante de ce monde où l’humain n’est plus qu’une proie reste parfaitement maîtrisée.
Côté dessin, on assiste à un changement de crayon. Zivorad Radivojevic prend la suite de Kyko Duarte, et le passage de relais se fait sans accroc. Le trait réaliste et le travail en noir et blanc continuent de coller parfaitement à l’ambiance sombre et brutale de la série. Les expressions, les décors dévastés et les transformations restent particulièrement réussis.
Un peu moins frénétique que les deux premiers tomes, ce troisième volume mise davantage sur la progression des intrigues et le développement des personnages. On sent que les enjeux montent d’un cran et que la suite s’annonce explosive.
De griffes et de crocs confirme que World War Wolves est une série à suivre pour tous les amateurs d’horreur et de survival. Si vous avez accroché aux deux premiers tomes, vous pouvez y aller les yeux fermés. Et pour les autres… il est encore temps de rattraper le train avant qu’il ne soit trop tard.

2025 - 2026

Série : King Spawn
Publié par SilSocrate le 2026-09-26 17:45:28

King Spawn 2025-2026 (Delcourt) : le Hellspawn sans pouvoirs, et ça déchire
Éditeur : Delcourt – Collection Contrebande
Contient : King Spawn #43 à #52 + Gunslinger Spawn #50 + The Scorched #50
Après le grand bouleversement de Spawn #350 et l’accession de Nyx au trône des Enfers, Al Simmons se retrouve privé de ses pouvoirs. Plus de cape, plus de nécroplasme à volonté : juste un ancien soldat d’élite, une arme à la main, et une ville qui redevient un terrain de chasse pour anges et démons affamés. C’est exactement le terrain de jeu de King Spawn 2025-2026.
Dans ce gros album annuel, Rory McConville (avec le regard de Todd McFarlane en arrière-plan) continue de faire de cette série dérivée le titre le plus intéressant de l’univers Spawn actuel. On y suit Spawn qui tente de contenir le retour des factions célestes et infernales, pendant qu’une menace ancienne – presque aussi vieille que le temps lui-même – le prend directement pour cible. Le crossover des #50 ajoute une belle dose d’événementiel sans alourdir le récit.
Ce qui marche particulièrement bien ici, c’est le retour à une ambiance plus « street » et gritty. Moins de grandes guerres cosmiques, plus de chasse nocturne, de territoires disputés et de violence sale. Yıldıray Çınar (et les artistes invités) livre un dessin sombre, nerveux et efficace, sublimé par les couleurs d’Ivan Nunes qui collent parfaitement à l’identité visuelle de la série. On retrouve l’esprit des premiers Spawn, celui qui traînait dans les ruelles de New York plutôt que celui qui négociait avec les dieux.
Le format annuel de Delcourt est clairement un atout : on a une vraie arc narratif d’un seul bloc, sans la frustration des singles espacés. Le rythme n’est pas parfait – certaines intrigues avancent un peu en patchwork – mais l’ensemble reste accrocheur et cohérent.
Verdict
Si tu suis déjà l’univers post-#350, c’est un indispensable. Si tu cherches un Spawn sombre, violent et un peu plus terre-à-terre, tu vas te régaler. King Spawn confirme qu’il s’agit actuellement de la meilleure série de la franchise McFarlane.

Autrefois un homme, aujourd'hui un loup

Série : World war wolves
Publié par SilSocrate le 2026-09-25 17:49:39

World War Wolves Tome 2 – Autrefois un homme, aujourd’hui un loup

Jean-Luc Istin & Kyko Duarte – Soleil, 2016
Après un premier volume qui plantait efficacement le décor d’un monde ravagé par une épidémie de lycanthropie, World War Wolves revient avec un tome 2 solide et bien ficelé. Autrefois un homme, aujourd’hui un loup ne se contente pas de prolonger l’histoire : il l’approfondit, multiplie les angles et commence vraiment à faire vivre son univers.
On suit toujours trois arcs narratifs distincts. À Las Cruces, John Marshall, ancien romancier peu taillé pour la survie, tente de protéger sa famille tout en enquêtant sur la présence d’un loup-garou au sein de la communauté fortifiée. Sur les routes, Jeremy Lester, le bluesman aveugle, et la jeune Sarah fuient Philadelphie, se demandant pourquoi les lycanthropes les ont épargnés. Enfin, sur Riker’s Island, Malcolm Spolding, prisonnier forcé de servir les loups grâce à son don de réparateur, prépare son évasion.
Cette structure multi-pistes fonctionne bien. Elle évite la monotonie et installe progressivement l’idée que ces destinées vont finir par se croiser. Istin gère le rythme avec aisance : assez d’action et de tension pour maintenir l’intérêt, suffisamment de développement de personnages pour qu’on s’attache à eux. Les loups ne sont plus seulement des monstres déchaînés ; ils s’organisent, construisent une société prédatrice, ce qui rend la menace plus glaciale et intéressante.
Le dessin de Kyko Duarte, en noir et blanc, reste un atout majeur. Dynamique, expressif, particulièrement efficace dans les scènes d’horreur et d’action, il collle parfaitement à l’ambiance survival. Quelques planches sont même franchement impressionnantes.
Bien sûr, tout n’est pas parfait. Le tome prend parfois son temps, privilégiant l’enquête et les relations humaines au détriment d’une action plus frénétique. Certains lecteurs regretteront peut-être un peu plus de « carnage ». Mais dans l’ensemble, c’est un très bon deuxième volume, cohérent, immersif, et qui donne clairement envie de poursuivre.
Si vous aviez aimé le premier album, vous pouvez y aller les yeux fermés. World War Wolves confirme ici qu’elle a de la matière et une vraie identité dans le genre post-apocalyptique. Une série à suivre sans hésiter.

Venimeuses

Série : Venimeuses
Publié par SilSocrate le 2026-09-25 16:17:43

Venimeuses – Corbeyran & Croci

Un voyage onirique au bord de l’abîme
Il y a des albums qui frappent fort, et d’autres qui s’installent doucement, comme une brume. Venimeuses, scénarisé par Éric Corbeyran et dessiné par Pascal Croci, appartient clairement à la seconde catégorie.
Dès les premières pages, on comprend qu’on n’est pas dans un récit d’horreur classique. L’ambiance est lovecraftienne, oui, mais filtrée par le rêve. Un artefact, un voyage, des songes qui se déforment, un dieu inconnu qui ne se montre jamais vraiment… Les codes sont là, mais ils ne sont jamais appuyés. Tout reste en suspension.
Ce qui frappe le plus, c’est la manière dont le mystère tient jusqu’à la dernière case. Rien n’est vraiment expliqué, et c’est tant mieux. L’effet Lovecraft ne s’effondre pas. On ressort de l’album avec cette sensation particulière d’avoir frôlé quelque chose d’immense et d’incompréhensible, sans jamais l’avoir saisi.
Le traitement du vampirisme est particulièrement réussi. Ici, ce n’est pas le sang qui est en jeu, mais l’âme. Et encore, ce n’est jamais le centre du récit. C’est une présence diffuse, une menace latente qui accompagne le protagoniste sans jamais devenir le sujet principal. On est avant tout dans un voyage onirique, un long rêve qui s’épaissit page après page.
Graphiquement, Pascal Croci trouve un ton juste. Son dessin amplifie l’aspect onirique : les couleurs, l’atmosphère, cette façon de rendre le réel un peu flottant. On est loin du gothique cru qu’on lui connaît parfois. Ici, tout est plus contemplatif, plus intérieur.
Venimeuses n’est pas un album qui cherche à impressionner. C’est une BD d’ambiance, de sensation, de lenteur. Elle demande qu’on s’y abandonne. Et quand on le fait, elle laisse une trace.
Un album discret, mais qui reste.

Religieuses

Série : Religieuses
Publié par SilSocrate le 2026-09-18 16:54:28

Religieuses de Pascal Croci :
Le dessin reste le gros point fort. Croci a un vrai style : trait gothique, femmes magnifiées, atmosphère lourde et sensuelle. Les planches de religieuses, de possession et de tensions corporelles sont souvent très réussies graphiquement. On reconnaît immédiatement sa patte.
Le sujet historique (les possédées de Louviers) est intéressant et assez peu traité en BD. L’idée d’en faire une métaphore contemporaine (#MeToo, chasse aux sorcières moderne, présomption d’innocence, manipulation par l’image) n’est pas idiote.
L’ambiance est sombre, oppressante, un peu sulfureuse, ce qui colle parfaitement à l’histoire.
Le traitement reste très « Croci » : on est dans une vision très esthétisante et érotisée des corps féminins, même dans un contexte de violence et d’hystérie collective.
Ce n’est pas une BD « religieuse » au sens spirituel ou édifiant. C’est une BD sur le religieux (pouvoir, sexualité, hystérie, aliénation), vue avec un regard critique et assez sombre. Si tu cherches quelque chose de pieux ou de respectueux de la foi, ce n’est clairement pas le bon album.
Le scénario est efficace mais pas particulièrement subtil. On est plus dans l’atmosphère et le choc visuel que dans une analyse fine.
En résumé
C’est un bon Pascal Croci : beau, sombre, un peu sulfureux, avec un vrai sujet historique.
Pas un chef-d’œuvre, mais un album solide dans son registre, qui plaît surtout à ceux qui aiment déjà son univers (corps, drames, romantisme noir, thèmes lourds).
Si tu aimes son dessin et que le mélange « affaire de possession + regard contemporain un peu cru » te tente, tu peux y aller. Si tu es plus réservé sur le côté érotisé ou si tu préfères les BD historiques plus sobres, tu risques d’être un peu moins convaincu.

Les eaux du chaos, Tome 2

Série : La légende des Stryges
Publié par SilSocrate le 2026-09-15 10:59:07

La Légende des Stryges – Tome 2 : Les Eaux du Chaos

Une conclusion élégante et inquiétante
Après un premier volume qui posait les bases dans une ambiance d’expédition archéologique au XIXe siècle, Les Eaux du Chaos (tome 2) referme le diptyque avec une maîtrise certaine. Corbeyran et Nicolas Bègue plongent encore plus profondément dans l’univers des Stryges, cette fois en explorant les implications politiques, scientifiques et occultes de la mystérieuse substance noire découverte en Égypte.
Le récit gagne en densité. On quitte progressivement les fouilles pour basculer dans les salons, les bibliothèques bavaroises et les manœuvres de pouvoir. Sandor G. Weltman, figure centrale et toujours aussi ambiguë, reste l’un des grands atouts de l’album. Même lorsqu’il est un peu en retrait, sa simple présence suffit à faire basculer chaque scène dans le malaise. On retrouve ici tout ce qui fait le charme (et l’inquiétude) de l’univers original : sociétés secrètes, savoir interdit, fascination pour l’immortalité et manipulation des puissants.
Graphiquement, Nicolas Bègue confirme qu’il était le bon choix. Son trait réaliste, précis et riche en détails prolonge l’identité visuelle de la saga sans chercher à imiter Richard Guérineau. Les ambiances sont particulièrement réussies : jeux d’ombres, regards lourds de non-dits, décors soignés… Les couleurs de Lucie Fabbro renforcent admirablement cette atmosphère sombre et presque maladive.
Quelques réserves subsistent. L’intrigue reste relativement linéaire et n’apporte pas de révélation majeure sur la mythologie des Stryges. La conclusion, bien que cohérente, paraît un peu expédiée : on sent qu’il y avait de la matière pour un troisième tome.
Malgré cela, Les Eaux du Chaos s’impose comme une très bonne conclusion. Plus atmosphérique que spectaculaire, le diptyque prouve que l’univers des Stryges possède encore de nombreuses zones d’ombre à explorer. Corbeyran retrouve ici son meilleur registre : un thriller fantastique dense, élégant et profondément inquiétant.
Un album à réserver aux amateurs de la saga, mais aussi à ceux qui aiment les récits où le fantastique se glisse dans les interstices de l’Histoire.

Predator versus Wolverine

Série : Predator versus Wolverine
Publié par SilSocrate le 2026-09-14 15:40:11

Predator vs Wolverine : un bon comics… malgré tout
J’ai enfin terminé Predator vs Wolverine, la mini-série de Benjamin Percy, et mon avis est assez mitigé.
Sur le papier, le concept est excellent : un même Predator qui traque Wolverine à travers plusieurs périodes de sa vie. On passe de l’Alaska au début du XXe siècle à Team X, Weapon X, le Japon, jusqu’au présent. Cette structure en flashbacks fonctionne bien. On sent réellement le poids des décennies de chasse, et on identifie clairement chaque époque de Logan. C’est intelligent et ça donne de la profondeur à leur rivalité.
Le problème, c’est le dessin.
Le changement d’artistes à chaque période m’a vraiment gêné. Le jeune Wolverine, notamment, est à peine reconnaissable. Le style utilisé pour cette partie est trop lisse, trop moderne, et casse complètement l’ambiance sauvage qu’on attendait. Quant à la partie finale, je l’ai trouvée trop enfantine, presque cartoon, ce qui contraste bizarrement avec la violence et le côté sale du reste de l’histoire.
C’est dommage, parce que le scénario tient la route et que certaines scènes (surtout autour de Weapon X et les pièges dans le présent) sont vraiment réussies. Mais cette discontinuité visuelle empêche la série d’être aussi immersive qu’elle aurait pu l’être.
Malgré tout, Predator vs Wolverine reste un bon comics. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais c’est une lecture solide, violente et fidèle aux deux univers. Si tu aimes les crossovers et les histoires de chasse, tu peux y aller. Juste, sois prévenu : prépare-toi à passer d’un style graphique à un autre toutes les vingt pages.

Je suis une légende

Série : Je suis une légende
Publié par SilSocrate le 2026-09-09 09:03:04

Encore merci aux Nouvelles Editions Actusf et à Jérôme Vincent pour ce service presse.
Je suis une légende – Sergio Hernández & Toni Caballero
J’avoue que j’avais quelques appréhensions en ouvrant cette adaptation de Je suis une légende. Le dessin de Toni Caballero, très coloré, dynamique, avec des influences manga, ne correspondait pas forcément à l’image que je me faisais d’une histoire aussi sombre et oppressante. Et pourtant…
Dès les premières pages, l’ambiance m’a happé. On ressent parfaitement la solitude écrasante de Robert Neville, la routine monotone et angoissante de ses journées, la menace constante qui plane dès que la nuit tombe. Le contraste entre le style graphique moderne et pop et le thème désespéré fonctionne étonnamment bien. Loin de desservir l’histoire, il lui donne une identité forte et contemporaine.
Je connaissais uniquement le film avec Will Smith, que j’avais beaucoup aimé à l’époque. Cette version en BD m’a clairement donné envie de découvrir enfin le roman original de Richard Matheson. J’ai l’impression que l’adaptation de Hernández et Caballero se rapproche davantage de l’esprit du livre, notamment dans son côté plus introspectif et dans la façon dont elle traite le thème de la solitude.
En résumé, une très belle surprise. Une adaptation qui réussit à transmettre l’atmosphère du classique tout en proposant un regard personnel et moderne. Si vous aimez les histoires post-apocalyptiques qui misent sur l’ambiance et le personnage, foncez.
Et moi, direction le roman de Matheson très bientôt.

L'héritage de Vador, Tome 2

Série : Star Wars : L'héritage de Vador
Publié par SilSocrate le 2026-09-07 17:07:10

L’Héritage de Vador : quand les numéros 10 à 12 élèvent enfin Kylo Ren
Il y a des séries Star Wars qui se contentent de combler un trou chronologique. Et puis il y a celles qui, d’un coup, réussissent à donner de la densité à un personnage qu’on pensait déjà figé. L’Héritage de Vador (ou Legacy of Vader), signée Charles Soule, appartient clairement à la seconde catégorie… du moins sur sa fin.
Les six premiers numéros sont corrects, parfois même très bons. Mais c’est à partir du numéro 10 que la série bascule vraiment et devient, à mon sens, l’une des meilleures explorations de Kylo Ren depuis L’Ascension de Kylo Ren.
Dans le #10, Soule et Luke Ross osent enfin une véritable descente intérieure. Kylo plonge dans les profondeurs du château de Mustafar et se retrouve confronté à des visions qui rappellent la cave de Dagobah. La rencontre avec le fantôme de Force de Luke est d’une rare justesse : pas de grand discours moralisateur, juste une confrontation calme, presque intime, entre un neveu perdu et un oncle qui refuse de l’abandonner complètement. On sent, pour la première fois depuis longtemps, que Ben Solo n’est pas mort. Il est juste enfoui sous des couches de rage et de déni.
Le #11 pousse le concept encore plus loin. Vaneé révèle enfin ses intentions : transformer Kylo en un nouveau Vador, littéralement. La séquence où on force le casque de Dark Vador sur la tête de Kylo est à la fois absurde et glaçante. Et le moment où Kylo écrase le dôme de Vaneé en déclarant « Je suis déjà tout ce que j’ai besoin d’être » reste l’une des répliques les plus fortes de toute la run. Ce n’est plus seulement de la colère. C’est une affirmation d’identité, aussi fragile soit-elle.
Enfin, le #12 clôt la série sur une note plus introspective et émotionnelle. La confrontation finale dans le vault n’est pas vraiment avec Vador, mais avec une version de lui-même. Le duel de sabres devient une sorte de thérapie brutale, et la planche où l’on revoit Han et Leia tenant le bébé Ben est d’une mélancolie pure. L’ending est volontairement ambigu, presque frustrant, mais il a le mérite de ne pas tout résoudre. Kylo n’est pas « guéri ». Il n’a simplement plus d’excuses.
Ce qui rend ces trois numéros si réussis, c’est que Soule arrête enfin de faire tourner Kylo en rond. Il le force à regarder en face ce qu’il est vraiment : un homme écrasé par un héritage trop lourd, qui a passé sa vie à essayer de tuer le passé… sans jamais y parvenir. Luke Ross, de son côté, livre ici son meilleur travail sur la série : les visions sont oppressantes, les splash pages spectaculaires, et l’ambiance rouge et noire du château de Mustafar est magnifiquement rendue.
L’Héritage de Vador n’est pas parfaite du début à la fin. Mais sur ses trois derniers numéros, elle atteint quelque chose de rare dans les comics Star Wars récents : elle donne réellement de la profondeur à Kylo Ren. Pas en le justifiant, pas en l’excusant, mais en le montrant tel qu’il est — perdu, violent, et profondément humain.
Et ça, pour moi, ça valait le détour.

Bat-Man - Second Knight

Série : Bat-Man - Second Knight
Publié par SilSocrate le 2026-08-27 21:01:33

Batman : Second Knight – Dan Jurgens & Mike Perkins
Un Batman Golden Age sombre, politique et terriblement efficace
Après le très réussi The Bat-Man: First Knight, Dan Jurgens et Mike Perkins reviennent avec Second Knight, toujours chez DC Black Label. Et autant le dire tout de suite : c’est une suite digne de ce nom.
On est en 1940. Le monde bascule dans la guerre, le fascisme avance en Europe, et Gotham est minée par la peur et la paranoïa. Quelques mois seulement après les événements du premier mini-série, un tueur particulièrement sadique sévit en ville, laissant derrière lui des corps mis en scène avec une corde de pendu. Très vite, un autre monstre émerge : une version de Scarecrow (Jonathan Crane) particulièrement glaçante, liée à l’histoire de la guerre et à l’utilisation du gaz.
Jurgens continue de coller au Batman des tout débuts (Detective Comics 1939-1940) tout en le modernisant avec une écriture mature. Pas d’Alfred, un Bruce Wayne plus isolé et plus fragile, Julie Madison comme figure centrale, et une dimension politique assumée qui donne du poids à l’ensemble. L’arrivée de Lois Lane puis de Superman, dans une version très Golden Age, élargit intelligemment l’univers. Si la présence de l’Homme d’Acier change légèrement le ton, passant d’un Batman très vulnérable à quelque chose de plus « World’s Finest », le duo est géré avec justesse, plus philosophique que purement spectaculaire.
Côté dessin, Mike Perkins est au sommet. Son trait réaliste, ses compositions noires, l’utilisation des ombres et les couleurs de Mike Spicer donnent un véritable sentiment de polar et d’horreur des années 40. On a rarement vu un Batman aussi ancré dans son époque tout en restant aussi menaçant. Les personnages gagnent en humanité, notamment à travers la relation entre Bruce et Julie, et Scarecrow bénéficie d’une réécriture particulièrement convaincante.
Le dernier numéro souffre parfois d’une résolution un peu précipitée sur l’arc principal, mais cela n’enlève rien à la force de l’ensemble. Second Knight confirme que Jurgens et Perkins ont trouvé une formule particulièrement réussie : un Batman Golden Age revisité avec une écriture moderne, une vraie tension politique et un dessin superbe. C’est clairement l’un des meilleurs travaux récents de Dan Jurgens sur le personnage, et l’une des meilleures propositions Black Label de ces dernières années.
Si tu as aimé First Knight, tu peux y aller les yeux fermés. Si tu ne l’as pas lu, commence par le premier volume pour profiter pleinement de l’ensemble. Une mini-série sombre, dense et élégante. Exactement ce qu’on aime voir dans du Batman hors-continuité.

Predator versus Spider-Man

Série : Predator versus Spider-Man
Publié par SilSocrate le 2026-08-27 09:20:13

Predator vs Spider-Man : quand le chasseur devient la proie
Je viens de terminer Predator vs Spider-Man, et franchement… j’ai adoré.
Dès les premières pages, le comic pose une ambiance étouffante : New York sous une canicule écrasante, des coupures de courant, une ville qui bout. Et au milieu de tout ça, Spider-Man se retrouve face à une menace complètement différente de ce qu’il a l’habitude d’affronter. Skinner, le Predator au centre de l’histoire, n’est pas un chasseur comme les autres. Pas de code d’honneur, pas de règles. Juste une soif de sang et une cruauté pure. Le gore est assumé, parfois vraiment hardcore, et les planches de Marcelo Ferreira sont superbes. Certaines scènes restent gravées dans la tête tant elles sont efficaces et bien mises en image.
Mais ce qui m’a particulièrement emballé, c’est l’arrivée de Kraven le Chasseur. Voir le plus grand chasseur de Spider-Man se lancer à son tour après Skinner, c’est une idée géniale. Le chasseur chassé par le chasseur… le concept est simple, mais il fonctionne à merveille. Les interactions entre ces deux prédateurs (et Spider-Man pris au milieu) donnent au récit une vraie tension et un souffle supplémentaire.
Benjamin Percy signe un scénario efficace, bien rythmé, qui arrive à mélanger l’horreur pure de Predator avec l’énergie et le cœur de Spider-Man. On retrouve Peter Parker dans ce qu’il a de meilleur : protecteur, débrouillard, toujours prêt à se jeter dans le danger pour sauver les autres. Et le contraste entre sa nature héroïque et la violence froide de Skinner fonctionne parfaitement.
Le dessin de Marcelo Ferreira est un vrai point fort. Dynamique dans les scènes d’action, glaçant dans les moments les plus sombres, il sert à merveille les deux univers. Les planches gore sont réussies sans jamais devenir gratuites, et l’atmosphère générale reste cohérente du début à la fin.
Predator vs Spider-Man est un crossover qui assume totalement son parti pris. C’est sanglant, tendu, et surtout très divertissant. Si tu aimes Spider-Man et l’univers Predator, tu vas prendre ton pied. Un très bon moment de lecture, sans aucune hésitation.

2024 - 2025

Série : King Spawn
Publié par SilSocrate le 2026-08-25 13:00:17

King Spawn #31 à #42 (le tome Delcourt sorti début 2026 en VF, qui couvre exactement cette période post-Spawn #350).
C’est l’arc du nouveau status quo : six mois après le couronnement de Nyx sur le trône de l’Enfer, les Dead Zones s’ouvrent, des créatures surnaturelles envahissent la Terre, et surtout Al Simmons a perdu une grosse partie de ses pouvoirs infernaux. Il est plus vulnérable, il doit se battre « à l’ancienne » (sale, rusé, sans les blasts faciles), et ça monte clairement les enjeux.
Le début (#31-35 environ) : Très bien reçu. Le #31 pose un ton prometteur avec un Spawn en péril, plus humain/fragile, et l’art de Jeremy Haun + Ivan Nunes est excellent (sombre, brut, avec une bonne dose d’horreur urbaine). L’ambiance « tout le monde est en danger » passe bien, et on sent que l’univers Spawn s’ouvre un peu plus sur Terre.
Le milieu et la fin (#36-42) : Rory McConville prend de plus en plus les rênes à l’écriture (avec McFarlane encore impliqué). Ça devient plus dark et horrifique, avec Al qui descend un chemin où même un Hellspawn peut être chassé comme une proie. Il y a des moments violents, des trahisons et une vibe « hanté » qui colle bien au personnage fatigué et enragé. L’art passe souvent sur Yildiray Çinar, qui garde le style gritty et détaillé.
L’action reste brutale et jouissive (Spawn qui improvise sans ses pouvoirs full, c’est rafraîchissant pour certains).
L’atmosphère horreur + urban fantasy est au rendez-vous.
Ça reste relativement indépendant du reste de l’univers Spawn.
Pas de révolution majeure du mythe : c’est du Spawn classique, avec ses forces et ses tics (violence, cynisme, famille en toile de fond).
Le rythme narratif est parfois inégal selon les dessinateurs.
Le concept de Spawn « affaibli » et forcé de ruser est intéressant, ça lui redonne un côté badass. L’horreur rampante et la chasse inversée dans les derniers numéros (#40-42) relèvent le niveau pour moi. Ce n’est pas le run le plus mémorable de toute l’histoire Spawn, mais c’est solide, divertissant et fidèle à l’esprit mature/violent de la série.

Le maître des montagnes

Série : Thorgal
Publié par SilSocrate le 2026-08-24 16:28:42

Thorgal tome 15 – Le Maître des Montagnes : un bijou temporel
Il y a des albums de Thorgal qui s’imposent comme des piliers de grands cycles. Et puis il y a ceux qui, en un seul volume, réussissent à te surprendre, à te retourner un peu la tête, et à rester gravés longtemps après la dernière case. Le Maître des Montagnes fait partie de la deuxième catégorie.
Publié en 1989, ce quinzième tome arrive juste après le cycle du pays Qâ et le magnifique Aaricia. Thorgal est seul, en route vers le nord, à travers des montagnes enneigées. Une avalanche le force à se réfugier dans une bergerie en ruine. Là, il croise Torric, un jeune esclave en fuite, et une bague aux pouvoirs étranges. À partir de là, Van Hamme et Rosinski nous embarquent dans un jeu de va-et-vient temporel où passé, présent et futur s’entremêlent autour de Saxegaard, le cruel « maître des montagnes », et de la mystérieuse Vlana.
Ce qui rend cet album si réussi, c’est d’abord sa construction. Van Hamme joue avec le temps sans jamais tomber dans le gadget purement spectaculaire. Les allers-retours sont tendus, logiques (dans la logique du récit, du moins), et la boucle se referme avec une élégance qui force le respect. On sent que l’auteur s’est amusé, et ça se transmet au lecteur. La chute, en particulier, reste l’une des plus marquantes de la série.
Côté dessin, Rosinski est tout simplement au sommet. Les paysages montagneux, le contraste entre l’hiver glacial et l’été soudain, les scènes d’action et les moments plus intimistes… tout est servi avec une maîtrise et une atmosphère qui collent parfaitement à l’histoire. On comprend pourquoi c’est l’un des albums préférés du dessinateur.
Le Maître des Montagnes n’est pas un Thorgal « viking pur ». C’est un one-shot quasi philosophique, qui parle de destin, de conséquences de nos actes, et de la fidélité de Thorgal à ceux qu’il aime. Il se lit parfaitement isolé, ce qui en fait une excellente porte d’entrée pour qui voudrait goûter à la série sans s’engager dans un long cycle.
Est-ce le meilleur Thorgal ? Peut-être pas. Mais c’est certainement l’un de ceux que je recommande le plus volontiers. Un album qui mêle aventure, paradoxe temporel et une touche de conte, le tout porté par un duo d’auteurs en pleine possession de leurs moyens.

Aaricia

Série : Thorgal
Publié par SilSocrate le 2026-08-24 10:06:26

Thorgal – Aaricia (tome 14) : une pause douce après le Pays Qâ
Après le cycle du Pays Qâ et sa conclusion dans Entre terre et lumière, j’ai enchaîné avec le tome 14, Aaricia. Et j’ai eu droit à un vrai changement d’ambiance.
Ici, plus de jungle, plus de cités sacrées ni de dieux vivants. On revient en terres vikings, et surtout on plonge dans l’enfance d’Aaricia. L’album n’est pas une longue aventure continue, mais un recueil de quatre histoires courtes centrées sur elle. On la découvre petite fille, maligne, courageuse, déjà très attachée à Thorgal, et capable de tenir tête à son père Gandalf-le-fou et à son frère.
C’est un album beaucoup plus intimiste. Après l’intensité et l’ampleur du cycle précédent, ça fait un peu l’effet d’une respiration. On n’est plus dans l’épopée, mais dans le portrait d’un personnage. Aaricia, que j’avais surtout vue jusque-là comme la compagne de Thorgal, gagne clairement en relief. On comprend mieux d’où elle vient, pourquoi elle est si déterminée, et comment leur lien s’est construit très tôt.
Le dessin de Rosiński reste excellent, avec une atmosphère plus douce, plus poétique, teintée de merveilleux nordique. Certaines scènes sont touchantes, d’autres un peu plus aventureuses, mais le ton général reste léger et charmant.
Est-ce un grand tome de la série ? Pas vraiment. Il n’a ni la tension ni la force narrative des albums du Pays Qâ. Certains le trouveront un peu léger, presque facultatif. Mais personnellement, j’ai apprécié cette parenthèse. Après une telle aventure, il est agréable de ralentir un peu et de mieux connaître l’un des personnages centraux de la saga.
Aaricia m’a donné l’impression d’un album de transition bien placé : une pause nécessaire avant de repartir (j’imagine) vers de nouvelles histoires. Et surtout, il m’a fait aimer encore un peu plus ce personnage.

Entre terre et lumière

Série : Thorgal
Publié par SilSocrate le 2026-08-24 10:02:35

Thorgal – Entre terre et lumière (tome 13) : la fin du cycle du Pays Qâ
Après Le Pays Qâ, Les Yeux de Tanatloc et La Cité du dieu perdu, j’ai enchaîné avec le tome 13, Entre terre et lumière. C’était logique : impossible de s’arrêter juste avant la conclusion.
On change clairement de ton. L’aventure grandiloquente, la jungle, les cités sacrées et les confrontations spectaculaires laissent place à quelque chose de plus calme, plus intimiste. Thorgal et Aaricia veulent rentrer chez eux. Le problème, c’est Jolan. Devenu une figure quasi divine pour le peuple Xinjin, il n’a plus vraiment envie de repartir et se retrouve pris dans des intrigues de pouvoir et de manipulations. Kriss de Valnor, fidèle à elle-même, rôde toujours dans le coin.
Ce tome fonctionne davantage comme un épilogue que comme un nouvel épisode d’aventure pure. On y trouve moins d’action, plus de tensions familiales, de choix difficiles et de questions autour du pouvoir et de la responsabilité. Jolan, notamment, gagne en profondeur : on le voit hésiter entre l’enfance et le statut trop lourd qu’on veut lui imposer.
Le dessin de Rosiński reste excellent. Le décor change (on quitte la jungle pour un univers plus aride, désertique, avec des canyons et une lumière écrasante), et l’atmosphère est bien rendue. Certaines scènes de tension et de poursuite fonctionnent très bien.
Est-ce que c’est aussi fort que les tomes 11 et 12 ? Non. Le rythme est plus lent, et on sent parfois que l’histoire prolonge un peu pour bien tout clore. Mais c’est un album nécessaire. Sans lui, le cycle resterait incomplet. Il apporte une vraie conclusion, plus humaine et plus familiale, après l’intensité des épisodes précédents.
Pour quelqu’un qui, comme moi, a découvert Thorgal par ces albums, Entre terre et lumière clôt proprement cette parenthèse exotique et mystérieuse. On repart avec l’impression d’avoir suivi une grande aventure jusqu’au bout, même si le final est plus discret que spectaculaire.
Et maintenant ? J’ai vraiment envie de continuer… ou peut-être de revenir un peu en arrière pour découvrir ce qui s’est passé avant.

La cité du dieu perdu

Série : Thorgal
Publié par SilSocrate le 2026-08-22 18:31:39

Thorgal – Le Pays Qâ, Les Yeux de Tanatloc & La Cité du dieu perdu : mes premiers pas dans la saga
J’ai découvert Thorgal par le milieu. Pas le début, pas les origines, juste ces trois albums : Le Pays Qâ, Les Yeux de Tanatloc et La Cité du dieu perdu. Et franchement, ce n’était pas le pire endroit pour plonger.
On arrive directement dans une aventure qui sort complètement du cadre viking classique. Thorgal, Aaricia, leur fils Jolan, et surtout cette Kriss de Valnor aussi fascinante que dangereuse, se retrouvent projetés dans un monde qui évoque l’Amérique précolombienne : jungle hostile, cités sacrées, « dieux » vivants, sacrifices… et une bonne dose de mystère qui tire clairement vers la science-fiction. Le mélange est audacieux, et il fonctionne.
Le premier album, Le Pays Qâ, pose les bases. On comprend vite que Thorgal n’est pas là de son plein gré, que les enjeux dépassent largement une simple mission, et que le destin de sa famille est en jeu. C’est un tome d’installation, un peu plus expositif, mais nécessaire. On sent déjà que quelque chose de plus grand se prépare.
Les Yeux de Tanatloc m’a vraiment accroché. L’ambiance devient plus lourde, plus oppressante. La jungle est presque un personnage à part entière, et le personnage de Tanatloc apporte une dimension émotionnelle et mystérieuse très réussie. On commence aussi à mieux comprendre ce que Jolan porte en lui. C’est pour moi le meilleur des trois : plus tendu, plus humain, plus fort.
Enfin, La Cité du dieu perdu amène le climax. La cité de Mayaxatl, les confrontations, les révélations… tout converge. Il y a de la grandeur, de la violence, des choix difficiles. Certains rebondissements peuvent paraître un peu trop « pratiques », mais l’ensemble reste captivant jusqu’à la dernière page. On ressort de cet album avec l’impression d’avoir assisté à quelque chose d’important dans l’histoire de Thorgal, même en ne connaissant presque rien de ce qui précède.
Ce qui m’a le plus marqué, c’est le dessin de Rosiński. Les décors, les atmosphères, les expressions… tout est d’une force visuelle impressionnante. Et puis il y a les personnages. Thorgal, qui veut juste protéger les siens et vivre en paix. Kriss, ambivalente et impitoyable. Tjall, attachant. Jolan, qui commence à révéler une autre facette de lui-même. Même sans connaître leur passé, on s’attache vite à eux.
Ces trois tomes m’ont donné envie de continuer, bien sûr. Mais ils se tiennent déjà très bien seuls. On y trouve de l’aventure, du mystère, de l’émotion, et une ambiance unique. Si vous hésitez à vous lancer dans Thorgal, ce cycle du Pays Qâ est une excellente porte d’entrée… même si, comme moi, vous arrivez en cours de route.

Et vous, Chat va ?

Série : Le Chat
Publié par SilSocrate le 2026-08-21 18:56:11

Le Chat – Tome 12 : Et vous, Chat va ? (Philippe Geluck)
Il y a des personnages qui ne vieillissent pas. Le Chat de Philippe Geluck en fait définitivement partie. En 2003, à l’occasion de ses vingt ans, il nous revient avec un douzième album au titre parfaitement dans le ton : Et vous, Chat va ?.
Et la réponse est claire : oui, le Chat va très bien.
On retrouve ici tout ce qui fait le sel de la série depuis le début. Des strips courts, des aphorismes absurdes, des calembours d’une précision chirurgicale et ce regard légèrement décalé sur le monde qui transforme la banalité en moment de pure philosophie feline. Geluck ne force jamais le trait. Il laisse son personnage commenter la vie avec cette nonchalance pince-sans-rire qui le rend unique.
Ce tome 12 se distingue particulièrement par l’utilisation de détournements d’images anciennes (gravures, tableaux, sculptures). Le Chat s’incruste dans des œuvres d’art avec une aisance confondante, et le résultat est souvent délicieux. L’humour y gagne en profondeur et en élégance.
On sent que Geluck savoure l’anniversaire de son personnage. Il n’y a pas de nostalgie lourde, juste une certaine fierté discrète et beaucoup d’inventivité. Les jeux de mots restent d’une grande finesse, jamais vulgaires, toujours intelligents. Certains gags font sourire, d’autres déclenchent un vrai fou rire, et d’autres encore restent en tête plusieurs jours.
Si vous aimez déjà Le Chat, ce tome 12 vous procurera le même plaisir que les précédents. Si vous ne le connaissez pas encore, c’est une très bonne porte d’entrée : accessible, drôle et parfaitement représentatif de l’esprit de la série.
En résumé : un album solide, élégant et drôle, qui confirme que le Chat n’a pas pris une ride. Vingt ans déjà… et il continue de nous faire rire avec la même grâce.
À mettre entre toutes les mains (et tous les coussins).

L'herbe aux feys

Série : Souvenirs d'un elficologue
Publié par SilSocrate le 2026-08-21 09:53:28

Souvenirs d’un Elficologue Tome 1 – L’Herbe aux Feys
Quand l’ambiance et le dessin portent tout l’album
Il y a des bandes dessinées qui se reposent entièrement sur leur scénario. Et puis il y a celles où c’est l’atmosphère et le dessin qui font le vrai travail. Souvenirs d’un Elficologue – Tome 1 : L’Herbe aux Feys appartient clairement à la seconde catégorie.
Dès la couverture, le ton est donné : le Mont-Saint-Michel se dresse majestueux au milieu des brumes, tandis qu’un homme s’avance seul, son matériel de photographe sur l’épaule. On sent déjà que l’on ne va pas simplement lire une histoire, mais y entrer.
Jean-Paul Bordier livre ici un dessin soigné, élégant et très expressif. Les décors du Mont-Saint-Michel sont d’une grande précision, les jeux de lumière et de brume apportent une véritable densité à chaque planche. On sent l’humidité des grèves, le poids des pierres de l’abbaye, le silence un peu oppressant des lieux. Les personnages, quant à eux, sont bien campés, avec des expressions justes et une présence qui renforce le réalisme de cet univers pourtant teinté de fantastique.
Thierry Gloris, de son côté, pose les bases d’une intrigue mêlant polar et féerie celtique. Mais c’est bien l’ambiance générale qui tient le lecteur en haleine : ce mélange subtil entre le rationalisme du XIXe siècle et l’irruption progressive du surnaturel. Le Mont-Saint-Michel n’est pas seulement un décor, il devient presque un personnage à part entière, mystérieux et inquiétant.
On peut trouver que le récit avance avec une certaine lenteur, que le scénario prend son temps pour installer ses éléments. Mais peu importe. Ici, ce n’est pas l’intrigue qui porte l’album, c’est l’immersion. On se laisse porter par les brumes, par le trait de Bordier, par cette sensation d’être en train de glisser doucement d’un monde rationnel vers quelque chose de beaucoup plus ancien et trouble.
Un premier tome qui mise tout sur l’atmosphère et le dessin… et qui gagne son pari.

Salvator Mundi

Série : Salvator Mundi
Publié par SilSocrate le 2026-08-21 09:49:08

Salvator Mundi : la folle odyssée du tableau le plus cher du monde
Il y a des histoires qui dépassent la fiction. Salvator Mundi, la bande dessinée parue chez Futuropolis, en est la parfaite illustration.
Scénarisée par Antoine Vitkine et Sébastien Borgeaud, et magnifiquement dessinée par Éric Liberge, cette œuvre raconte le destin extraordinaire d’un tableau attribué à Léonard de Vinci. Acheté 1 175 dollars en 2005 dans un état lamentable, restauré avec passion, exposé, puis adjugé 450 millions de dollars chez Christie’s en 2017, il est devenu le tableau le plus cher de l’histoire.
Mais derrière ce record se cache une aventure passionnante : celle d’experts, de restaurateurs, de collectionneurs, d’oligarques et de princes. Une histoire où l’art rencontre la finance, où le regard énigmatique du Christ croise les intérêts géopolitiques et les ambitions des ultra-riches. Un véritable thriller documentaire qui se lit d’une traite.
Éric Liberge signe ici un dessin d’une grande élégance. Ses paysages de la campagne italienne à la Renaissance, ses vues aériennes de New York, et surtout ses gros plans sur le tableau lui-même – le regard du Sauveur, la main qui bénit, le globe de cristal – sont d’une beauté rare. Les couleurs sobres, entre sépia et bleus profonds, donnent à l’ensemble une atmosphère à la fois mystérieuse et contemporaine.
Plus qu’une simple biographie d’une œuvre, Salvator Mundi nous plonge dans les coulisses fascinantes du marché de l’art. Elle montre comment un tableau peut devenir une icône mondiale, un enjeu de pouvoir et un symbole de notre époque.
Une bande dessinée intelligente, documentée et visuellement superbe, qui se savoure comme un grand roman d’aventure. À découvrir absolument.

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