Le Guide BD





Un printemps à Tchernobyl

Publié par le 2026-02-26 09:09:13

Un printemps à Tchernobyl d'Emmanuel Lepage
C'est clairement l'une des BD-reportages les plus marquantes des années 2010, et pour moi l'une des meilleures réussites dans le genre "témoignage dessiné sur une catastrophe".
Le graphisme est absolument splendide. Lepage alterne crayonné très expressif, encrage puissant, lavis, et quelques touches de couleur extrêmement bien placées (souvent sur les visages ou des éléments symboliques). Ça donne une atmosphère à la fois pesante, poétique et parfois étrangement belle dans ce décor post-apocalyptique. La nature qui reprend ses droits sur les ruines est rendue de façon magnifique.
L'approche très personnelle et honnête fonctionne très bien : on sent la peur réelle de l'auteur (le masque, les compteurs Geiger, les doutes), son malaise, puis sa fascination grandissante. Ça évite l'écueil du "je vous explique la grande Histoire avec distance".
La seconde moitié (le séjour sur place, les rencontres avec les habitants qui restent, les "samosioly", Pripyat fantomatique mais étrangement vivante au printemps) est très touchante et souvent plus forte que le rappel historique du début.
La première partie (la catastrophe) est indispensable, même si elle est plus "explicative" – elle pose le poids historique et émotionnel qui rend la seconde partie si puissante. Sans ce contexte (l'accident, les mensonges officiels, les liquidateurs sacrifiés, les évacuations massives), les rencontres avec les samosioly, la ville fantôme de Pripyat envahie par la végétation, et cette nature qui explose de vie au printemps n'auraient pas le même impact. C'est comme si Lepage construisait une tension : d'abord la peur et la désolation "théorique", puis le choc du réel, avec cette beauté paradoxale et presque insoutenable.
La seconde partie est vraiment le cœur du livre : les doubles pages magnifiques où la forêt reprend ses droits, les fleurs sauvages, les animaux qui reviennent, les habitants qui refusent de partir et qui vivent "normalement" malgré tout... Ça crée ce contraste troublant entre la radioactivité invisible et la vitalité qui éclate partout. Lepage arrive à transmettre cette fascination mêlée de malaise, et c'est hyper touchant quand il passe de la panique initiale ("je vais crever d'un cancer dans 10 ans") à une sorte d'émerveillement humble face à la résilience humaine et naturelle.





T1 - Silex and the city

Publié par le 2026-02-26 08:31:42

Dans une parodie hilarante de notre société contemporaine (années 2000), Jul met en scène une famille préhistorique "moyenne" dont le père, Blog Dotcom, se lance en politique...
Au détour d'une case on peut croiser les lointains ancêtres de Karl Lagerfeld et Jean-Paul Sartre, ou de la rédaction de Charlie Hebdo (Charb, Cabu ou encore Philippe Val)...
Malgré le grand respect et l'admiration que j'ai pour Luz, je mettrais un petit bémol sur le dessin : l'auteur est un pilier du dessin de presse, mais à titre personnel je trouve son style un peu trop caricatural pour une BD plus classique. Entre autres j'ai beaucoup de mal à reconnaître les personnalités "croquées" au fil des personnages. Pour autant ce dessin porte efficacement l'histoire proposée, son humour incisif et son observation fine et salutaire des travers de notre société.
Au global une lecture désopilante et revigorante, qui enchantera notamment tous ceux qui ont suivi l'actualité politique et sociale du début du 3ème millénaire.





T1 - Weekly
Blacksad stories

Publié par le 2026-02-26 03:01:02

J’ai bien olé retrouver cet univers.
Les dessins ne sont pas ceux de Blacksad, mais c’est suffisant pour retrouver l’ambiance et les codes.





T1 - The Haunt of Fear, Tome 1
The Haunt of Fear

Publié par le 2026-02-25 17:00:18

The Haunt of Fear chez Akileos, c’est une très belle initiative pour les amateurs de comics d’horreur vintage en France.
C’est la réédition française (en noir & blanc) de la mythique série EC Comics des années 1950, une des trois grandes anthologies d’horreur pre-Code avec Tales from the Crypt et The Vault of Horror.
C’est du pur EC Comics à l’état brut : twist endings sadiques, ironie noire, vengeance post-mortem, cannibalisme, zombies, femmes fatales vengeresses, etc. Les histoires écrites majoritairement par Al Feldstein (et Bill Gaines) sont souvent excellentes dans leur style « moral macabre ».
Dessins légendaires : Graham Ingels (Ghastly), Johnny Craig, Jack Davis, Wallace Wood, Jack Kamen… c’est du très haut niveau pour l’époque, et même aujourd’hui ça reste impressionnant.
le tome 1 ! C’est une excellente entrée en matière pour la série chez Akileos. Il couvre grosso modo les premiers numéros (environ #15 à #17 + #4 à #7 dans la numérotation EC originale, mais réorganisés chronologiquement pour l’édition française – en noir & blanc, grand format cartonné, environ 200-250 pages je crois).
Dans ce tome, tu as déjà droit à du très classique EC horreur 1950 :
Des histoires de vengeance post-mortem bien tordues (le mort qui revient punir son assassin de façon ironique et gore).
Des adaptations loose de contes macabres ou de légendes (style loup-garou, zombies naissants, malédictions).
Des twists finaux bien sadiques, souvent narrés par The Old Witch (la Sorcière du tome, avec son humour noir grinçant).
Dessins superbes dès le départ : beaucoup de Johnny Craig (qui fait des visages expressifs et des morts atroces), du Wallace Wood (déjà là avec son style détaillé et sexy-morbide), un peu d’Al Feldstein aux crayonnés, et même des apparitions de Graham Ingels qui commence à poser son style "Ghastly" iconique.
Les points forts du tome 1 :
L’ambiance années 50 est à fond : peur de l’atome, morale conservatrice tordue en horreur, femmes fatales, maris jaloux qui finissent mal…
La traduction Akileos est fluide, les dialogues claquent bien en français sans sonner trop moderne.





T3 - Gryfenfer
Les Légendaires - Origines

Publié par le 2026-02-25 16:27:14

Certainement l'un des meilleurs album légendaire tous confondus. Scénario, antagoniste, et dessin au top du top





T2 - Une montagne d'or
Six

Publié par le 2026-02-25 11:19:21

C'est du bon western, pas de doute, le scénario est solide même si la dynamique de lieu est discutable. Dans cette immensité de l'ouest américain les diverses parties se retrouvent bien facilement !
Cependant, ce qui me gène le plus c'est bien le dessin que je souhaiterai plus "soigné", avec plus de fidélité sur les visages d'une vignette à l'autre .





L'arche de Noé et le déluge

Publié par le 2026-02-24 08:06:04

La série sagesse des mythes surfe sur son succès.mais les livres sont de plus en plus bâclés. L'arche de Noë ne méritait pas un tome entier





T4 - L'ange exterminateur
Madeleine, résistante

Publié par le 2026-02-24 00:05:53

Dur, réaliste et émouvant





T1 - La rose dégoupillée
Madeleine, résistante

Publié par le 2026-02-24 00:05:09

Excellent, impatient d’apprendre la suite





T1 - Entretiens (1ère partie)
La communauté

Publié par le 2026-02-22 10:25:17

BD reportage à la découverte d'une communauté post-soixante-huitarde.
Yann Benoît et Hervé Tanquerelle nous présentent la création et la vie d'un hameau utopique - quoique fondé sur des bases solides - par un groupe d'amis qui décident de s'installer en communauté à la campagne, dans une ancienne minoterie.
Entre galères, apprentissages et réussites, cette communauté évoluera progressivement et se transformera profondément.
Ce premier tome est consacré à la fondation et l'invention de la communauté, depuis la remise en état des bâtiments délabrés jusqu'à la première journée "portes ouvertes" deux ans plus tard. Parsemée de moments épiques (apprivoisement mutuel avec les voisins, premières expériences d'élevage...), cette épopée réelle et souvent cocasse permet de comprendre le défi que représente une telle aventure, et de découvrir l'enthousiasme et la générosité avec lesquels les fondateurs ont magnifiquement relevé ce défi.
C'est passionnant.

La BD ne le dit pas (peut-être pour des questions de droit commercial ?), mais cette communauté créée à Saffré (44) est à l'origine de la SCOP Moulin Roty, toujours active, qui propose des créations merveilleuses pour les tout petits (doudous, jouets...). Découvrir ainsi les origines peu banales de cette entreprise aux univers enchanteurs est particulièrement réjouissant.





La dernière reine
La dernière reine (Rochette)

Publié par le 2026-02-21 22:52:54

Histoire intense qui nous plonge au cœur de ka bêtise humaine et de la difficulté de vivre différemment
Vivre avec la nature, vivre défiguré par la guerre, vivre l'art...
Récit magnifiquement mis en image et dont on se laisse guider au fil des pages... jusqu'à la fin





Au revoir là-haut

Publié par le 2026-02-21 20:06:38

Superbes dessins et scénario au top





13 batailles

Publié par le 2026-02-21 20:05:14

Les histoires ne sont pas toutes de même intensité, certaines très bien, d autres bof.





Là où tu vas

Publié par le 2026-02-21 11:59:13

Dans Là où tu vas, Étienne Davodeau s'intéresse cette fois au travail d'accompagnement auprès de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Il suit Françoise, son épouse, professionnelle engagée qui intervient auprès des patients et de leurs familles, et choisit d'ouvrir son récit par une immersion très concrète dans son quotidien.
Les premiers chapitres m'ont particulièrement touché. On est au plus près des malades, des gestes simples, des paroles répétées, des moments de trouble mais aussi des instants de grâce. Davodeau filme presque ces scènes, avec sa justesse habituelle, sans dramatisation excessive. le noir et blanc intégral renforce cette impression de sobriété : il n'y a rien qui détourne de l'essentiel, des visages, des regards, de la relation humaine.
Dans la seconde partie, le propos devient plus pédagogique. L'auteur, avec l'aide et la persuasion de Françoise, prend du recul pour expliquer les mécanismes de la maladie, le cadre d'intervention, les enjeux de l'accompagnement. C'est éclairant et nécessaire, mais personnellement j'ai été un peu moins capté par cette dimension plus explicative. Après l'immersion très incarnée du début, cette approche plus didactique m'a semblé légèrement moins forte émotionnellement.
Cela reste néanmoins une bande dessinée importante, qui met en lumière un travail discret, exigeant et profondément humain. Davodeau confirme son talent pour raconter le réel avec respect et intelligence.
Une lecture sensible et utile.





T6 - Les yeux du sans-peur
U.C.C. Dolores

Publié par le 2026-02-21 09:30:13

Haletant





Automne en baie de Somme

Publié par le 2026-02-20 20:39:45

Mucha ++
Aquarelle ++
Poésie ++





T12 - Si ce n'est toi...
De cape et de crocs

Publié par le 2026-02-20 11:56:26

à la fin de la bd on imagine une suite pour Eusebe dans sa naiveté attachante





T1 - Les murailles invisibles, Tome 1
Les murailles invisibles

Publié par le 2026-02-17 10:07:47

Les Murailles Invisibles tome 1 (scénario Alex Chauvel, dessin Ludovic Rio, chez Dargaud) :
C’est une très bonne surprise dans la SF BD franco-belge récente. Le concept de base est hyper accrocheur : du jour au lendemain, des murs invisibles et infranchissables découpent la planète entière en zones où le temps s’écoule à des vitesses complètement différentes. Une zone peut avancer de quelques jours quand une autre a déjà vieilli de plusieurs années, voire décennies. Ça crée immédiatement une tension énorme sur les relations humaines, les retrouvailles impossibles, les décalages culturels/tech, et même sur la survie.
Le tome 1 pose très bien l’univers avec :un héros lambda (Lino) qui se retrouve embarqué presque par hasard dans une expédition de « franchisseurs »,une équipe intéressante avec Asphane en leader charismatique,des passages dans des zones à temporalités différentes qui donnent des scènes marquantes (et parfois assez flippantes sur le plan émotionnel).
L’idée de base est originale et bien exploitée.Le rythme est plutôt soutenu pour un premier tome d’introduction.Le mélange road-trip post-apo / voyage temporel / survie fonctionne bien.
Quelques trouvailles sympas (langage inventé d’une zone, visions de futurs possibles / passés accélérés).
Le dessin de Ludovic Rio est propre et efficace, mais un peu trop géométrique / carré par moments, et la colorisation terne/française classique peut laisser un sentiment de « manque de patate visuelle » au début (ça s’améliore après).





T1 - L'affaire du rideau bleu
Les quatre de Baker Street

Publié par le 2026-02-16 10:05:33

Les Quatre de Baker Street tome 1 — L'Affaire du rideau bleu :
C'est une très bonne entrée en matière pour une série jeunesse/ado qui rend hommage à l'univers de Sherlock Holmes sans se prendre trop au sérieux.
Le dessin de David Étien est vraiment excellent. Les ambiances victoriennes de Londres (surtout l'East End crasseux et vivant), les expressions des gamins, le dynamisme des scènes d'action… c'est très beau, coloré juste ce qu'il faut, et ça donne une vraie patte visuelle à la série.
Les trois (puis quatre) personnages principaux — Billy, Charlie, Black Tom et la petite Betty — sont attachants dès le départ. On sent leur complicité, leur débrouillardise de gamins des rues, et leur envie de prouver qu'ils peuvent être des détectives à part entière. Ça fonctionne super bien pour créer de l'empathie.
Le scénario est rythmé, avec un bon dosage d'humour, d'action, de suspense et même d'émotion. C'est une enquête classique (enlèvement → course contre la montre → rebondissements), mais bien menée, sans temps mort. Ça se lit d'une traite sans effort.
L'intrigue reste assez linéaire et prévisible par moments, surtout si on a déjà lu pas mal de polars jeunesse ou d'histoires d'enlèvement. Pas de twist complètement fou, c'est plutôt du "classique efficace" que du génie absolu.
Sherlock Holmes est très peu présent (c'est voulu, il est absent pour l'enquête).





Edgar Allan Poe - Hantise

Publié par le 2026-02-15 16:18:14

Edgar Allan Poe - Hantise (2014, éd. Soleil, collection 1800)
C'est une BD one-shot qui imagine Edgar Allan Poe jeune, encore critique littéraire acerbe et pas encore l'écrivain mythique qu'on connaît, plongé dans une enquête à la frontière du réel et du surnaturel. L'histoire mélange thriller gothique, spiritisme (séances avec une voyante pour contacter sa mère défunte), alcoolisme, visions hantées et crimes mystérieux. L'ambiance est très "Poe-esque" : sombre, oppressante, avec cette tension entre folie et réalité.
Les dessins (Thomas Verguet + Bastien Orenge) et les couleurs sombres (Véra Daviet) sont vraiment réussis. Ils capturent très bien l'atmosphère du XIXe siècle américain, les intérieurs glauques, les rues brumeuses, le côté crasseux et mélancolique. Ça colle parfaitement à l'univers poesque.
Pour les fans de Poe, c'est plaisant de voir des clins d'œil à ses thèmes récurrents (deuil, mort, hantise, perte de raison).
Le rythme est plutôt accrocheur, on lit ça vite.
Le scénario est trop léger / pas assez creusé pour un one-shot. Poe est montré comme un type vraiment détestable (alcoolique, aigri, rustre.
L'intrigue surnaturelle/thriller reste assez classique et prévisible, sans vraie surprise ni profondeur psychologique marquante.