Le Guide BD





T3 - Aïeïa d'Aldaal
Le cycle de Cyann

Publié par le 2026-08-26 14:48:37

Le cycle Cyann est un petit chef d’œuvre. Pour l’apprécier et bien comprendre le scénario il faut lire l’ensemble des six tomes.
Le dessin est également magnifique.
Par certains côtés, Le cycle de Cyann fait penser aux Monde d’Aldébaran de Léo sorti à peu près à la même époque. Mais, à la différence de Leo qui à délayé à outrance, Bourgeon n’a réalisé que six albums.





T2 - Six saisons sur ilO
Le cycle de Cyann

Publié par le 2026-08-26 14:48:25

Le cycle Cyann est un petit chef d’œuvre. Pour l’apprécier et bien comprendre le scénario il faut lire l’ensemble des six tomes.
Le dessin est également magnifique.
Par certains côtés, Le cycle de Cyann fait penser aux Monde d’Aldébaran de Léo sorti à peu près à la même époque. Mais, à la différence de Leo qui à délayé à outrance, Bourgeon n’a réalisé que six albums.





T1 - La sOurce et la sOnde
Le cycle de Cyann

Publié par le 2026-08-26 14:48:07

Le cycle Cyann est un petit chef d’œuvre. Pour l’apprécier et bien comprendre le scénario il faut lire l’ensemble des six tomes.
Le dessin est également magnifique.
Par certains côtés, Le cycle de Cyann fait penser aux Monde d’Aldébaran de Léo sorti à peu près à la même époque. Mais, à la différence de Leo qui à délayé à outrance, Bourgeon n’a réalisé que six albums.





Impénétrable

Publié par le 2026-08-26 11:22:27

Après le succès de la fiction "Ne m'oublie pas" inspirée par sa grand-mère atteinte d'Alzheimer, Alix Garin se lance dans un pari autrement audacieux et délicat en nous faisant part de ses difficultés à avoir des rapports sexuels (devenus très douloureux) et de ses efforts pour en guérir.
L'autrice a gagné en maturité : le scénario est mieux construit, l'histoire est portée par le graphisme plus maîtrisé et plus libre, dont l'expressivité se déploie au fil du récit.
L'aventure elle-même est singulière. Bien que les difficultés d'Alix soient partagées par de nombreuses femmes, le sujet reste tabou et le parcours pour s'en affranchir est méconnu et semé d'obstacles redoutables.
Mais le résultat (le livre !) est lumineux : parce qu'Alix partage ses douleurs les plus intimes, elle nous ouvre les yeux sur un problème majeur qui peut toucher les femmes et rendre leur vie infernale sans que leurs proches s'en rendent compte. Je ne doute pas que cette BD incitera et aidera des lectrices à se libérer de leur souffrance.
Et en plus c'est passionnant et conté avec une grande délicatesse. Alix n'oublie pas, d'ailleurs, de remercier tous ceux qui l'ont accompagnée avec bienveillance durant ses longues années de combat.
"Impénétrable" est une autobiographie courageuse qui fait œuvre de salubrité publique, mais c'est surtout une belle BD à lire et à partager !





Handi - Cap’ ou pas cap’
Handi, cap’ ou pas cap’

Publié par le 2026-08-26 00:15:38

Encore une BD de motards ? Certes mais celle-ci est différente.
C'est un album édité par la Mutuelle des Motards, avec l'association L'Hippocampe et la complicité de Margerin et Ptiluc (fidèles à eux-même), pour remonter le moral des motards qui se retrouvent handicapés... et sensibiliser les autres.
10 histoires sympa dont l'optimisme semble parfois un peu surjoué, mais qui sont toutes inspirées de cas réels et montrent autant de voies pour rebondir vers une nouvelle vie après un accident.
Au final un ouvrage qui se lit agréablement, surtout si on le découvre sans avoir eu d'accident. Prudence sur la route ! ;-)





T1 - Intégrale dent d'ours, Tomes 1 à 3
Dent d'ours

Publié par le 2026-08-25 21:34:36

Tout y est !
Le scénario de Yann est très fouillé, il n’occulte aucune des réalités de cette triste période de l’histoire et réserve de réels rebondissements.
J’adore le dessin de Henriet qui est à la fois précis et très beau à regarder. Quant aux couleurs de Usagi, elles sont tout simplement magnifiques.
Le ressenti général est excellent, on plonge (et on replonge) dans Dent d’ours, uchronie ultraréaliste si il en est, avec bonheur.
Petit plus : La version intégrale en deux tomes est agrémentée d’un making of, qui en dit long sur le sérieux des recherches documentaires qui ont été entreprises pour réaliser cette série.





T2 - Intégrale Dent d'ours, Tomes 4 à 6
Dent d'ours

Publié par le 2026-08-25 21:34:21

Tout y est !
Le scénario de Yann est très fouillé, il n’occulte aucune des réalités de cette triste période de l’histoire et réserve de réels rebondissements.
J’adore le dessin de Henriet qui est à la fois précis et très beau à regarder. Quant aux couleurs de Usagi, elles sont tout simplement magnifiques.
Le ressenti général est excellent, on plonge (et on replonge) dans Dent d’ours, uchronie ultraréaliste si il en est, avec bonheur.
Petit plus : La version intégrale en deux tomes est agrémentée d’un making of, qui en dit long sur le sérieux des recherches documentaires qui ont été entreprises pour réaliser cette série.





T15 - Le maître des montagnes
Thorgal

Publié par le 2026-08-24 16:28:42

Thorgal tome 15 – Le Maître des Montagnes : un bijou temporel
Il y a des albums de Thorgal qui s’imposent comme des piliers de grands cycles. Et puis il y a ceux qui, en un seul volume, réussissent à te surprendre, à te retourner un peu la tête, et à rester gravés longtemps après la dernière case. Le Maître des Montagnes fait partie de la deuxième catégorie.
Publié en 1989, ce quinzième tome arrive juste après le cycle du pays Qâ et le magnifique Aaricia. Thorgal est seul, en route vers le nord, à travers des montagnes enneigées. Une avalanche le force à se réfugier dans une bergerie en ruine. Là, il croise Torric, un jeune esclave en fuite, et une bague aux pouvoirs étranges. À partir de là, Van Hamme et Rosinski nous embarquent dans un jeu de va-et-vient temporel où passé, présent et futur s’entremêlent autour de Saxegaard, le cruel « maître des montagnes », et de la mystérieuse Vlana.
Ce qui rend cet album si réussi, c’est d’abord sa construction. Van Hamme joue avec le temps sans jamais tomber dans le gadget purement spectaculaire. Les allers-retours sont tendus, logiques (dans la logique du récit, du moins), et la boucle se referme avec une élégance qui force le respect. On sent que l’auteur s’est amusé, et ça se transmet au lecteur. La chute, en particulier, reste l’une des plus marquantes de la série.
Côté dessin, Rosinski est tout simplement au sommet. Les paysages montagneux, le contraste entre l’hiver glacial et l’été soudain, les scènes d’action et les moments plus intimistes… tout est servi avec une maîtrise et une atmosphère qui collent parfaitement à l’histoire. On comprend pourquoi c’est l’un des albums préférés du dessinateur.
Le Maître des Montagnes n’est pas un Thorgal « viking pur ». C’est un one-shot quasi philosophique, qui parle de destin, de conséquences de nos actes, et de la fidélité de Thorgal à ceux qu’il aime. Il se lit parfaitement isolé, ce qui en fait une excellente porte d’entrée pour qui voudrait goûter à la série sans s’engager dans un long cycle.
Est-ce le meilleur Thorgal ? Peut-être pas. Mais c’est certainement l’un de ceux que je recommande le plus volontiers. Un album qui mêle aventure, paradoxe temporel et une touche de conte, le tout porté par un duo d’auteurs en pleine possession de leurs moyens.





Ne m'oublie pas

Publié par le 2026-08-24 12:24:18

Affligée de voir sa grand-mère dépérir d'Alzheimer dans un établissement qui peine à la prendre en charge, et peut-être inspirée par une réminiscence des "Vieux de la vieille", Clémence décide sur un coup de tête d'emmener sa mamycha jusqu'à la maison de son enfance.
Entre "Les petits ruisseaux" et "Rides" (aussi connu, et adapté au cinéma, sous le titre "La tête en l'air"), le voyage impromptu des deux femmes prend vite un tour aventureux, souvent cocasse, parfois poignant.
La parenthèse enchantée tourne vite à la fuite en avant, mais Clémence ne se décourage pas, même lorsque les égarements de sa grand-mère ou les aléas du voyage compliquent sérieusement la route.
Une belle histoire sur les relations familiales, l'accompagnement des personnes atteintes de maladie neurodégénérative, les péripéties des excursions improvisées.





T14 - Aaricia
Thorgal

Publié par le 2026-08-24 10:06:26

Thorgal – Aaricia (tome 14) : une pause douce après le Pays Qâ
Après le cycle du Pays Qâ et sa conclusion dans Entre terre et lumière, j’ai enchaîné avec le tome 14, Aaricia. Et j’ai eu droit à un vrai changement d’ambiance.
Ici, plus de jungle, plus de cités sacrées ni de dieux vivants. On revient en terres vikings, et surtout on plonge dans l’enfance d’Aaricia. L’album n’est pas une longue aventure continue, mais un recueil de quatre histoires courtes centrées sur elle. On la découvre petite fille, maligne, courageuse, déjà très attachée à Thorgal, et capable de tenir tête à son père Gandalf-le-fou et à son frère.
C’est un album beaucoup plus intimiste. Après l’intensité et l’ampleur du cycle précédent, ça fait un peu l’effet d’une respiration. On n’est plus dans l’épopée, mais dans le portrait d’un personnage. Aaricia, que j’avais surtout vue jusque-là comme la compagne de Thorgal, gagne clairement en relief. On comprend mieux d’où elle vient, pourquoi elle est si déterminée, et comment leur lien s’est construit très tôt.
Le dessin de Rosiński reste excellent, avec une atmosphère plus douce, plus poétique, teintée de merveilleux nordique. Certaines scènes sont touchantes, d’autres un peu plus aventureuses, mais le ton général reste léger et charmant.
Est-ce un grand tome de la série ? Pas vraiment. Il n’a ni la tension ni la force narrative des albums du Pays Qâ. Certains le trouveront un peu léger, presque facultatif. Mais personnellement, j’ai apprécié cette parenthèse. Après une telle aventure, il est agréable de ralentir un peu et de mieux connaître l’un des personnages centraux de la saga.
Aaricia m’a donné l’impression d’un album de transition bien placé : une pause nécessaire avant de repartir (j’imagine) vers de nouvelles histoires. Et surtout, il m’a fait aimer encore un peu plus ce personnage.





T13 - Entre terre et lumière
Thorgal

Publié par le 2026-08-24 10:02:35

Thorgal – Entre terre et lumière (tome 13) : la fin du cycle du Pays Qâ
Après Le Pays Qâ, Les Yeux de Tanatloc et La Cité du dieu perdu, j’ai enchaîné avec le tome 13, Entre terre et lumière. C’était logique : impossible de s’arrêter juste avant la conclusion.
On change clairement de ton. L’aventure grandiloquente, la jungle, les cités sacrées et les confrontations spectaculaires laissent place à quelque chose de plus calme, plus intimiste. Thorgal et Aaricia veulent rentrer chez eux. Le problème, c’est Jolan. Devenu une figure quasi divine pour le peuple Xinjin, il n’a plus vraiment envie de repartir et se retrouve pris dans des intrigues de pouvoir et de manipulations. Kriss de Valnor, fidèle à elle-même, rôde toujours dans le coin.
Ce tome fonctionne davantage comme un épilogue que comme un nouvel épisode d’aventure pure. On y trouve moins d’action, plus de tensions familiales, de choix difficiles et de questions autour du pouvoir et de la responsabilité. Jolan, notamment, gagne en profondeur : on le voit hésiter entre l’enfance et le statut trop lourd qu’on veut lui imposer.
Le dessin de Rosiński reste excellent. Le décor change (on quitte la jungle pour un univers plus aride, désertique, avec des canyons et une lumière écrasante), et l’atmosphère est bien rendue. Certaines scènes de tension et de poursuite fonctionnent très bien.
Est-ce que c’est aussi fort que les tomes 11 et 12 ? Non. Le rythme est plus lent, et on sent parfois que l’histoire prolonge un peu pour bien tout clore. Mais c’est un album nécessaire. Sans lui, le cycle resterait incomplet. Il apporte une vraie conclusion, plus humaine et plus familiale, après l’intensité des épisodes précédents.
Pour quelqu’un qui, comme moi, a découvert Thorgal par ces albums, Entre terre et lumière clôt proprement cette parenthèse exotique et mystérieuse. On repart avec l’impression d’avoir suivi une grande aventure jusqu’au bout, même si le final est plus discret que spectaculaire.
Et maintenant ? J’ai vraiment envie de continuer… ou peut-être de revenir un peu en arrière pour découvrir ce qui s’est passé avant.





T1 - L'être nécessaire
Habemus bastard

Publié par le 2026-08-23 22:28:21

Histoire sympathique, dessin agréable, se lit bien





Space relic hunters

Publié par le 2026-08-23 16:11:46

Dessin et scénario intéressants, mais s’agissant d’un one shoot, on reste un peu sur sa faim.





T12 - La cité du dieu perdu
Thorgal

Publié par le 2026-08-22 18:31:39

Thorgal – Le Pays Qâ, Les Yeux de Tanatloc & La Cité du dieu perdu : mes premiers pas dans la saga
J’ai découvert Thorgal par le milieu. Pas le début, pas les origines, juste ces trois albums : Le Pays Qâ, Les Yeux de Tanatloc et La Cité du dieu perdu. Et franchement, ce n’était pas le pire endroit pour plonger.
On arrive directement dans une aventure qui sort complètement du cadre viking classique. Thorgal, Aaricia, leur fils Jolan, et surtout cette Kriss de Valnor aussi fascinante que dangereuse, se retrouvent projetés dans un monde qui évoque l’Amérique précolombienne : jungle hostile, cités sacrées, « dieux » vivants, sacrifices… et une bonne dose de mystère qui tire clairement vers la science-fiction. Le mélange est audacieux, et il fonctionne.
Le premier album, Le Pays Qâ, pose les bases. On comprend vite que Thorgal n’est pas là de son plein gré, que les enjeux dépassent largement une simple mission, et que le destin de sa famille est en jeu. C’est un tome d’installation, un peu plus expositif, mais nécessaire. On sent déjà que quelque chose de plus grand se prépare.
Les Yeux de Tanatloc m’a vraiment accroché. L’ambiance devient plus lourde, plus oppressante. La jungle est presque un personnage à part entière, et le personnage de Tanatloc apporte une dimension émotionnelle et mystérieuse très réussie. On commence aussi à mieux comprendre ce que Jolan porte en lui. C’est pour moi le meilleur des trois : plus tendu, plus humain, plus fort.
Enfin, La Cité du dieu perdu amène le climax. La cité de Mayaxatl, les confrontations, les révélations… tout converge. Il y a de la grandeur, de la violence, des choix difficiles. Certains rebondissements peuvent paraître un peu trop « pratiques », mais l’ensemble reste captivant jusqu’à la dernière page. On ressort de cet album avec l’impression d’avoir assisté à quelque chose d’important dans l’histoire de Thorgal, même en ne connaissant presque rien de ce qui précède.
Ce qui m’a le plus marqué, c’est le dessin de Rosiński. Les décors, les atmosphères, les expressions… tout est d’une force visuelle impressionnante. Et puis il y a les personnages. Thorgal, qui veut juste protéger les siens et vivre en paix. Kriss, ambivalente et impitoyable. Tjall, attachant. Jolan, qui commence à révéler une autre facette de lui-même. Même sans connaître leur passé, on s’attache vite à eux.
Ces trois tomes m’ont donné envie de continuer, bien sûr. Mais ils se tiennent déjà très bien seuls. On y trouve de l’aventure, du mystère, de l’émotion, et une ambiance unique. Si vous hésitez à vous lancer dans Thorgal, ce cycle du Pays Qâ est une excellente porte d’entrée… même si, comme moi, vous arrivez en cours de route.





T1 - La tentation du mâle
Mamie Luger

Publié par le 2026-08-22 16:23:43

Un régal !





T21 - Le meurtre de Roger Acroyd
Agatha Christie (Editions Paquet)

Publié par le 2026-08-22 08:53:48

Chouette façon de relire les classiques d'Agatha Christie.





Le loup

Publié par le 2026-08-21 20:28:07

Très bonne BD qui fait bien réfléchir sur la vie que l'on veut de nos montagnes





T12 - Et vous, Chat va ?
Le Chat

Publié par le 2026-08-21 18:56:11

Le Chat – Tome 12 : Et vous, Chat va ? (Philippe Geluck)
Il y a des personnages qui ne vieillissent pas. Le Chat de Philippe Geluck en fait définitivement partie. En 2003, à l’occasion de ses vingt ans, il nous revient avec un douzième album au titre parfaitement dans le ton : Et vous, Chat va ?.
Et la réponse est claire : oui, le Chat va très bien.
On retrouve ici tout ce qui fait le sel de la série depuis le début. Des strips courts, des aphorismes absurdes, des calembours d’une précision chirurgicale et ce regard légèrement décalé sur le monde qui transforme la banalité en moment de pure philosophie feline. Geluck ne force jamais le trait. Il laisse son personnage commenter la vie avec cette nonchalance pince-sans-rire qui le rend unique.
Ce tome 12 se distingue particulièrement par l’utilisation de détournements d’images anciennes (gravures, tableaux, sculptures). Le Chat s’incruste dans des œuvres d’art avec une aisance confondante, et le résultat est souvent délicieux. L’humour y gagne en profondeur et en élégance.
On sent que Geluck savoure l’anniversaire de son personnage. Il n’y a pas de nostalgie lourde, juste une certaine fierté discrète et beaucoup d’inventivité. Les jeux de mots restent d’une grande finesse, jamais vulgaires, toujours intelligents. Certains gags font sourire, d’autres déclenchent un vrai fou rire, et d’autres encore restent en tête plusieurs jours.
Si vous aimez déjà Le Chat, ce tome 12 vous procurera le même plaisir que les précédents. Si vous ne le connaissez pas encore, c’est une très bonne porte d’entrée : accessible, drôle et parfaitement représentatif de l’esprit de la série.
En résumé : un album solide, élégant et drôle, qui confirme que le Chat n’a pas pris une ride. Vingt ans déjà… et il continue de nous faire rire avec la même grâce.
À mettre entre toutes les mains (et tous les coussins).





T1 - L'herbe aux feys
Souvenirs d'un elficologue

Publié par le 2026-08-21 09:53:28

Souvenirs d’un Elficologue Tome 1 – L’Herbe aux Feys
Quand l’ambiance et le dessin portent tout l’album
Il y a des bandes dessinées qui se reposent entièrement sur leur scénario. Et puis il y a celles où c’est l’atmosphère et le dessin qui font le vrai travail. Souvenirs d’un Elficologue – Tome 1 : L’Herbe aux Feys appartient clairement à la seconde catégorie.
Dès la couverture, le ton est donné : le Mont-Saint-Michel se dresse majestueux au milieu des brumes, tandis qu’un homme s’avance seul, son matériel de photographe sur l’épaule. On sent déjà que l’on ne va pas simplement lire une histoire, mais y entrer.
Jean-Paul Bordier livre ici un dessin soigné, élégant et très expressif. Les décors du Mont-Saint-Michel sont d’une grande précision, les jeux de lumière et de brume apportent une véritable densité à chaque planche. On sent l’humidité des grèves, le poids des pierres de l’abbaye, le silence un peu oppressant des lieux. Les personnages, quant à eux, sont bien campés, avec des expressions justes et une présence qui renforce le réalisme de cet univers pourtant teinté de fantastique.
Thierry Gloris, de son côté, pose les bases d’une intrigue mêlant polar et féerie celtique. Mais c’est bien l’ambiance générale qui tient le lecteur en haleine : ce mélange subtil entre le rationalisme du XIXe siècle et l’irruption progressive du surnaturel. Le Mont-Saint-Michel n’est pas seulement un décor, il devient presque un personnage à part entière, mystérieux et inquiétant.
On peut trouver que le récit avance avec une certaine lenteur, que le scénario prend son temps pour installer ses éléments. Mais peu importe. Ici, ce n’est pas l’intrigue qui porte l’album, c’est l’immersion. On se laisse porter par les brumes, par le trait de Bordier, par cette sensation d’être en train de glisser doucement d’un monde rationnel vers quelque chose de beaucoup plus ancien et trouble.
Un premier tome qui mise tout sur l’atmosphère et le dessin… et qui gagne son pari.





Salvator Mundi

Publié par le 2026-08-21 09:49:08

Salvator Mundi : la folle odyssée du tableau le plus cher du monde
Il y a des histoires qui dépassent la fiction. Salvator Mundi, la bande dessinée parue chez Futuropolis, en est la parfaite illustration.
Scénarisée par Antoine Vitkine et Sébastien Borgeaud, et magnifiquement dessinée par Éric Liberge, cette œuvre raconte le destin extraordinaire d’un tableau attribué à Léonard de Vinci. Acheté 1 175 dollars en 2005 dans un état lamentable, restauré avec passion, exposé, puis adjugé 450 millions de dollars chez Christie’s en 2017, il est devenu le tableau le plus cher de l’histoire.
Mais derrière ce record se cache une aventure passionnante : celle d’experts, de restaurateurs, de collectionneurs, d’oligarques et de princes. Une histoire où l’art rencontre la finance, où le regard énigmatique du Christ croise les intérêts géopolitiques et les ambitions des ultra-riches. Un véritable thriller documentaire qui se lit d’une traite.
Éric Liberge signe ici un dessin d’une grande élégance. Ses paysages de la campagne italienne à la Renaissance, ses vues aériennes de New York, et surtout ses gros plans sur le tableau lui-même – le regard du Sauveur, la main qui bénit, le globe de cristal – sont d’une beauté rare. Les couleurs sobres, entre sépia et bleus profonds, donnent à l’ensemble une atmosphère à la fois mystérieuse et contemporaine.
Plus qu’une simple biographie d’une œuvre, Salvator Mundi nous plonge dans les coulisses fascinantes du marché de l’art. Elle montre comment un tableau peut devenir une icône mondiale, un enjeu de pouvoir et un symbole de notre époque.
Une bande dessinée intelligente, documentée et visuellement superbe, qui se savoure comme un grand roman d’aventure. À découvrir absolument.