Collection de SilSocrate


Les avis de lecture de SilSocrate

Boba Fett - Ennemi de l'Empire

Série : La légende de Dark Vador
Publié par SilSocrate le 2026-04-07 09:05:24

Boba Fett - Ennemi de l’Empire
C’est une mini-série qui tient très bien la route, surtout pour les fans du ton 2000 AD transposé dans Star Wars. John Wagner (le papa de Judge Dredd) livre un scénario net, cynique et bien rythmé : une mission confiée par Vador, une boîte mystérieuse, des trahisons, et ce Fett ultra-professionnel qui reste de marbre quoi qu’il arrive. L’humour noir british y est parfaitement dosé — les situations absurdes ou grotesques (comme l’Ordre des Pessimistes), les seconds rôles ridicules, le contraste avec l’armure impassible de Boba… tout ça crée des moments grinçants qui font ricaner tout en gardant une vraie tension. C’est du pur Wagner : sarcastique, pince-sans-rire, sans jamais tomber dans la parodie lourde.
Le dessin d’Ian Gibson renforce exactement cet esprit : lâche, expressions exagérées sur les visages ronds des personnages secondaires. Ça peut surprendre au début , mais pour quelqu’un qui vient de Judge Dredd ou d’autres séries 2000 AD, ça devient un atout majeur. Le trait « sketchy » et dynamique amplifie l’humour noir et donne un côté vivant et irrévérencieux à l’histoire, tout en gardant l’action fluide.

Hijo

Série : Terres d'Ynuma
Publié par SilSocrate le 2026-04-06 17:05:14

Terres d'Ynuma tome 2 : Hijo (scénario de David Courtois, dessin de Ma Yi, éditions Soleil, mars 2026)
C'est un excellent deuxième tome qui monte clairement en puissance par rapport au premier (le Samouraï rouge de Nicolas Jarry et Vax). Il s'inscrit dans l'univers étendu d'Aquilon (comme Elfes, Nains, etc.), mais avec une forte inspiration asiatique : ambiance inspirée du Japon feodal/ Chine féodale , montures volantes (ten-no-tori), espionnage, clans et cités elfiques.
Le personnage principal, Hijo est le gros point fort. Messager le jour, espion la nuit pour la nation Raïda, il est ambigu, imparfait, torturé par une haine profonde envers les Elfes (qui ont massacré sa famille). Le voir forcé de protéger une Elfe et une fillette (sans vraiment savoir pourquoi elles sont si importantes) crée une tension dramatique super intéressante. Il n'est pas un héros lisse, et son évolution intérieure est bien traitée.
Le pitch est clair et accrocheur dès le départ. Traque, survie, rebondissements, action dans les cieux… Ça se lit d'une traite. L'histoire évite d'être trop prévisible tout en restant accessible, avec une fin qui donne envie de lire la suite.
Ma Yi livre un travail soigné, avec de belles planches dynamiques, surtout les scènes de vol et les décors inspirés de fantasy asiatique. Les couleurs et l'encrage renforcent bien l'ambiance "grâce + souffle épique".
L'intrigue n'est pas ultra-originale dans le genre heroic fantasy (haine/rédemption + escorte protégée), mais elle est très bien exécutée.
En résumé : Un tome 2 qui sort du lot dans la collection des Terres d'Aquilon/Ynuma. Il est tendu, visuellement plaisant, avec un héros attachant dans sa complexité.

Première ligue

Série : Tony Chu, détective cannibale
Publié par SilSocrate le 2026-04-04 15:49:28

Tony Chu, détective cannibale – Tome 5 : Première Ligue (titre original : Chew Vol. 5 – Major League Chew) . C’est un tome un peu différent des précédents.
Ce que j’ai aimé :
Le changement de rythme et de statut : Après le licenciement (ou plutôt la mutation punitive) de Tony et de son partenaire Colby par le détestable Applebee, on quitte un peu l’ambiance « enquête FDA » classique. Tony se retrouve à des postes plus absurdes (genre circulation ou USDA), ce qui amène pas mal d’humour noir et de situations ridicules. C’est rafraîchissant après quatre tomes très intenses.
L’arc d’Olive : La fille de Tony a son propre fil narratif très fort dans ce volume. Son kidnapping et ce qu’elle vit est à la fois drôle, glauque et touchant. Ça montre que John Layman sait très bien développer les personnages secondaires et ne se contente pas de faire du Tony-centric tout le temps.
L’humour toujours aussi déjanté : Le duo Layman/Guillory continue de balancer des scènes absurdes, des gags visuels excellents et ce mélange unique de gore, de food porn et de comédie noire qui fait le sel de la série.
Le dessin de Rob Guillory : Toujours au top. Ses expressions faciales (surtout Applebee qui est un régal de caricature) et sa façon de dessiner la nourriture et les scènes gores sont parfaites.
Ce qui est un peu moins bien (pour moi) :
Ce tome manquait un peu de cohésion. L’histoire est assez découpée en trois parties (Tony, Colby, Olive) qui se croisent très peu. Du coup, on perd un peu cette sensation d’enquête globale et de folie collective qu’on avait dans les tomes précédents. Ça fait plus « arc de transition » que tome ultra-marquant.
C’est un très bon tome. Il reste très fun, bien dessiné, et il développe bien les persos.

Le pays caché

Série : Young Hellboy
Publié par SilSocrate le 2026-03-28 09:27:22

Young Hellboy : Le Pays Caché (Young Hellboy: The Hidden Land) est globalement très positif, surtout si tu es fan de l'univers Hellboy et que tu veux un one-shot fun et plus léger.
L'histoire en bref
Hellboy est encore un enfant (pré-ado), il voyage avec le professeur Bruttenholm vers un site de fouilles en Amérique du Sud. Leur avion s'écrase (ou ils ont un accident) et ils se retrouvent échoués sur une île mystérieuse remplie de monstres, de créatures étranges, de dinosaures-like et d'un ancien mal qui sommeille. C'est du pur aventure pulp à la Indiana Jones + King Kong, avec la touche occulte et folklorique typique de Mignola.
Le récit est en 4 numéros (environ 120 pages en album), très rythmé : action, exploration, humour, et quelques moments plus sombres.
Le duo Hellboy/Bruttenholm : C'est le gros point fort. On voit vraiment la relation père-fils se développer. Le jeune Hellboy est adorable : curieux, impulsif, un peu tête brûlée, mais avec déjà cette bravoure et cet humour qui le caractérisent plus tard. Bruttenholm est protecteur mais il commence à comprendre que son "fils" n'est pas un enfant comme les autres.
Le ton : Plus lumineux, coloré et aventureux que le Hellboy classique. Craig Rousseau au dessin fait un excellent boulot : traits dynamiques, couleurs vives, monstres charismatiques. Ça change agréablement des ambiances sombres et brumeuses de Mignola lui-même.
L'esprit pulp : L'île est un concentré de tout ce qu'on aime dans les récits d'aventures des années 30-50 (îles perdues, créatures géantes, civilisations cachées). C'est fun, pas trop prise de tête, et ça respire la joie de raconter une bonne histoire.
Parfait pour découvrir l'univers ou le faire découvrir à quelqu'un.
L'intrigue est assez classique (île mystérieuse + menace ancienne).
Verdict
C'est un très bon spin-off : divertissant, bien dessiné, avec du cœur et de l'humour. Je le placerais parmi les meilleurs "Young Hellboy" ou mini-séries annexes de l'univers.

La carte de la mort

Série : Hellboy en enfer
Publié par SilSocrate le 2026-03-27 09:37:03

Hellboy en Enfer tome 2 - La Carte de la Mort (qui correspond à Hellboy in Hell Vol. 2: The Death Card en VO). C’est une conclusion très forte et très personnelle à toute la saga Hellboy.
Mike Mignola y va à fond dans ce qu’il fait de mieux : une ambiance poétique, mystique et crépusculaire, avec un rythme lent, presque contemplatif, et des pages souvent très silencieuses ou avec très peu de dialogues. On sent vraiment que c’est son Hellboy, dessiné et écrit par lui seul (avec les couleurs sublimes de Dave Stewart, comme toujours).
L’exploration de l’Enfer est géniale : bizarre, absurde, terrifiant et parfois même drôle (les deux cartographes complètement perdus qui essaient de faire une carte de l’Enfer, les « médecins » incompétents… c’est du pur Mignola).
Le retour de certains éléments du passé (la sœur de Hellboy, des visions sur son origine, le Vampire de Prague qui revient).
Le climax final à Pandemonium est puissant, visuellement impressionnant et très ambigu.
Le thème central : Hellboy qui, même mort, refuse toujours son destin de destructeur/apocalypse. Il reste ce gros bonhomme grognon qui veut juste qu’on lui foute la paix, et c’est touchant.
C’est très arty et atmosphérique. Il y a moins d’action pure que dans les arcs plus anciens, et la fin est volontairement ouverte/interprétable .

Le fou

Série : Minor arcana
Publié par SilSocrate le 2026-03-26 17:53:51

Minor Arcana de Jeff Lemire ? J'adore, c'est du très bon Lemire, et ça fait plaisir de le voir revenir à un vrai ongoing creator-owned après Sweet Tooth.
Le pitch est simple mais efficace : Theresa, la fille d'une « voyante » arnaqueuse dans une petite ville, revient à contrecœur pour s'occuper de sa mère malade. Très vite, elle se rend compte que la magie (ou du moins quelque chose qui y ressemble) pourrait être réelle, et elle se retrouve embarquée dans les problèmes des habitants du coin. C'est un mélange de réalisme de petite ville (famille dysfonctionnelle, deuil, connexions humaines), de magical realism et de mystère surnaturel, le tout lié de près à l'iconographie du tarot.
Lemire fait tout : scénario, dessins, couleurs (avec lettrage de Steve Wands). Son style crayonné, un peu brut et expressif, colle parfaitement à l'ambiance mélancolique et légèrement étrange. Il capture super bien les visages, les émotions et l'atmosphère étouffante d'une petite ville américaine.
Les thèmes : comme souvent chez lui , il excelle à parler de famille, de retour aux sources, de grief et de ce qui nous relie aux autres. Ici, il ajoute une couche tarot/magie qui donne une dimension mystique sans tomber dans le grand spectacle.
Le gimmick tarot : chaque numéro a une variante de carte de tarot dessinée par Lemire lui-même, et à la fin de la série on aura un deck complet. C'est malin et ça renforce l'immersion.
C'est lent-burn, centré sur les personnages et les relations.

Les Stryges : mythes et réalité

Série : Le chant des Stryges
Publié par SilSocrate le 2026-03-23 09:10:29

Les Stryges : Mythes ou Réalité de Corbeyran ?
C’est un petit hors-série (HS) assez spécial dans l’univers du Chant des Stryges, sorti autour de 2001 (édité par Canal BD / Delcourt). Il ne s’agit pas d’un album narratif classique avec des cases et des bulles, mais plutôt d’un document “fictif” présenté comme un extrait du livre Contact & Inducement de Peter Mackenzie (un auteur imaginaire), qui compile des témoignages, articles, coupures de presse, rapports, photos truquées, etc., pour “prouver” l’existence des stryges.
En gros, c’est du mockumentary pur jus en BD : on joue à fond la carte du “et si c’était vrai ?” avec un ton pseudo-scientifique / conspirationniste très années 90-2000.
Ça enrichit énormément la mythologie de la série principale. On y trouve des bribes d’explications sur l’origine supposée des stryges, leur lien avec certaines légendes (vampires, harpies, etc.), des références à des événements historiques trafiqués, des cas d’“inducement” (manipulation mentale), etc.
L’objet en lui-même est assez classe et immersif pour les fans : mise en page façon dossier secret, typographie variée, “documents” jaunis… Ça donne vraiment envie d’y croire.

Wolf-Man, Tome 2

Série : Wolf-Man
Publié par SilSocrate le 2026-03-22 09:10:53

Wolf-Man est clairement le volume où la série passe un cap majeur en termes de ton et d'intensité. Après le tome 1 qui posait l'origine du héros (la morsure, les premières transformations, le mentorat avec Zechariah le vampire, et le drama familial qui commence à craqueler), ici on bascule dans un arc "fugitif brisé" très dark et personnel.
Le drama familial est poignant : Chloe qui le traque pour se venger, la perte totale de sa vie "normale", la culpabilité qui le bouffe. Kirkman excelle là-dedans, c'est du pur style post-Walking Dead/Invincible.
L'entraînement avec l'Elder est viscéral et addictif – on sent que Gary gagne en maîtrise, mais à quel prix physique et mental.
Le dessin de Jason Howard est au top : les transformations claquent, les combats sont dynamiques, les expressions de désespoir sur le visage de Gary portent super bien.
Le rythme accélère, les enjeux montent, et le crossover Invincible ajoute une couche cool sans voler la vedette.
C'est un tome de milieu de run, donc beaucoup de setup et de cliffhanger (Zechariah qui tease sa vraie menace, la famille brisée, Gary toujours fugitif sans vraie victoire).

Flambé !

Série : Tony Chu, détective cannibale
Publié par SilSocrate le 2026-03-21 15:44:35

Tony Chu, détective cannibale tome 4 : Flambé !
C’est clairement un des tomes les plus sympas et les plus déjantés de la série (et pourtant, le niveau de WTF est déjà très élevé avant ça).
Le volume commence avec l’apparition de ces écritures enflammées extraterrestres dans le ciel à la fin du tome précédent, et Layman en profite pour faire monter la pression globale : la population panique, les théories conspirationnistes explosent, et la FDA doit gérer ce bordel cosmique en plus des affaires habituelles. On sent que l’intrigue commence vraiment à s’élargir vers quelque chose de plus grand.
Poyo prend une place énorme ici et c’est juste génial. Ce coq ninja psychopathe est devenu un des meilleurs personnages secondaires de toute la BD. Ses scènes sont ultra-violentes, hilarantes et complètement barrées.
Les nouveaux pouvoirs culinaires / cibopathiques qu’on découvre sont toujours aussi inventifs.
Les relations familiales de Tony (surtout avec sa sœur Anton et sa fille Olive) gagnent en profondeur, ce qui équilibre bien l’humour absurde et les moments plus sérieux/tragiques.
Le rythme est excellent : plusieurs mini-intrigues qui s’entrecroisent (vampires, enlèvements, légumes aliens, tueurs cannibales…), mais sans que ça parte dans tous les sens.
Le dessin de Guillory reste très cartoon et caricatural.
C’est un tome où on rigole beaucoup, où on est surpris régulièrement, et où on commence à sentir que l’histoire va devenir encore plus épique et dingue.

Prémonition

Série : Le maître de jeu
Publié par SilSocrate le 2026-03-20 15:46:02

Le Maître de jeu tomes 1 et 2 (la série de Corbeyran et Charlet, chez Delcourt) :
C'est une série fantastique/horreur des années 2000 qui mélange jeu de rôle grandeur nature poussé à l'extrême, huis clos sur une île, et ambiance très "années 90-2000" avec une bonne dose de gore et de tension psychologique.
Tome 1 – Testament
Franchement bon démarrage. L'idée de base est hyper accrocheuse : un célèbre maître du jeu (Kyle McAllister) est recruté pour tester un mystérieux jeu de rôle ultra-réaliste, il réunit trois joueurs expérimentés et tout le monde part sur une île déserte. Très vite on sent que ça va mal tourner.
Bonne ambiance oppressante dès le début
Découpage et cadrages vraiment travaillés (Charlet fait du bon boulot sur ce tome)
Le scénario pose bien les personnages et installe le doute progressivement
Ça sent le JdR old school (L'Appel de Cthulhu / Donjons & Dragons vibe sombre)
Tome 2 – Prémonition
Là, ça bascule clairement dans l'horreur. L'intrigue avance, les révélations arrivent. Le suspense est maintenu, l'histoire reste cohérente avec le tome 1.
Ça tient les promesses du tome 1, on n'est pas volé sur le retournement
Toujours cette tension "qui va crever ensuite ?"
Globalement sur les deux tomes
C'est une série sympathique de type thrillers horrifiques avec des thématiques JdR / réalité vs fiction / manipulation.

Testament

Série : Le maître de jeu
Publié par SilSocrate le 2026-03-20 15:45:12

Le Maître de jeu tomes 1 et 2 (la série de Corbeyran et Charlet, chez Delcourt) :
C'est une série fantastique/horreur des années 2000 qui mélange jeu de rôle grandeur nature poussé à l'extrême, huis clos sur une île, et ambiance très "années 90-2000" avec une bonne dose de gore et de tension psychologique.
Tome 1 – Testament
Franchement bon démarrage. L'idée de base est hyper accrocheuse : un célèbre maître du jeu (Kyle McAllister) est recruté pour tester un mystérieux jeu de rôle ultra-réaliste, il réunit trois joueurs expérimentés et tout le monde part sur une île déserte. Très vite on sent que ça va mal tourner.
Bonne ambiance oppressante dès le début
Découpage et cadrages vraiment travaillés (Charlet fait du bon boulot sur ce tome)
Le scénario pose bien les personnages et installe le doute progressivement
Ça sent le JdR old school (L'Appel de Cthulhu / Donjons & Dragons vibe sombre)
Tome 2 – Prémonition
Là, ça bascule clairement dans l'horreur. L'intrigue avance, les révélations arrivent. Le suspense est maintenu, l'histoire reste cohérente avec le tome 1.
Ça tient les promesses du tome 1, on n'est pas volé sur le retournement
Toujours cette tension "qui va crever ensuite ?"
Globalement sur les deux tomes
C'est une série sympathique de type thrillers horrifiques avec des thématiques JdR / réalité vs fiction / manipulation.

King Spawn, Tome 3

Série : King Spawn
Publié par SilSocrate le 2026-03-19 18:05:17

Le tome 3 de King Spawn chez Delcourt (sorti en octobre 2023).
Globalement, mon avis est assez mitigé.
Les dessins restent très solides. Javi Fernandez, Marcio Takara et les coloristes associés font du très bon boulot, avec ce style bien sombre, détaillé et violent qui colle parfaitement à l'univers Spawn. C'est beau, gore, atmosphérique — typiquement ce qu'on attend de la série quand elle est au top visuellement.
Il y a toujours cette ambiance "guerre infernale + politique démoniaque" qui avance l'arc global de Al Simmons / Spawn en mode "roi malgré lui".
C'est clairement le tome le plus faible des trois premiers. L'intrigue stagne pas mal : après la grosse confrontation avec Azraël le Noir du tome précédent, on a beaucoup de positionnement, de doutes des alliés, de manigances à la Cour des Prêtres / en Enfer, mais très peu d'avancées majeures ou de moments vraiment marquants. Ça donne parfois une sensation de remplissage ou de transition avant des events plus gros.
L'écriture (McFarlane + Sean Lewis) reste très sérieuse et épique, mais manque un peu de punch ou de surprises par rapport aux tomes 1 et 2 qui étaient plus dynamiques.

Disney Vilains - Scar

Série : Disney Vilains
Publié par SilSocrate le 2026-03-19 17:54:56

Disney Vilains - Scar chez Panini (sorti en février 2026) est la version française du recueil complet de la mini-série Dynamite de 2023 écrite par Chuck Brown et dessinée par Trevor Fraley.
C’est un prequel/origin story autour de Scar, centré sur sa rage, sa jalousie viscérale envers Mufasa et Simba, et sur la mise en place progressive de son complot. On y voit notamment comment il s’allie aux hyènes (appelées « bone eaters » dans la VO) et à des vautours, avec quelques interactions inattendues entre persos qu’on n’avait jamais vus ensemble dans les films.
Le dessin de Trevor Fraley est vraiment très bon : il capture super bien l’attitude arrogante et les expressions sournoises de Scar, tout en gardant un style qui fait écho au film sans être du simple copier-coller photo-réaliste. Les planches ont du dynamisme et de la personnalité.
L’ambiance « complot dans l’ombre » et la montée en tension sont plutôt bien dosées pour un format court .
L’histoire reste assez basique, on reste souvent dans les reproches classiques de Scar qu’on connaît déjà par cœur depuis 1994 (« Mufasa toujours au centre, moi dans l’ombre »). Ça manque parfois d’originalité ou de vraie profondeur psychologique inattendue.

Disney Vilains - Maléfique

Série : Disney Vilains
Publié par SilSocrate le 2026-03-19 17:32:35

Disney Vilains - Maléfique sorti chez Panini Comics (février 2026) :
C’est une très bonne surprise pour un comics Disney « basé sur les vilains. L’album compile les 4-5 numéros US originaux de Disney Villains: Maleficent (Dynamite, 2023), entièrement écrits et dessinés par Soo Lee.
Le pitch rapide
Maléfique règne en reine absolue sur les Bois Interdits / Montagne Interdite, un royaume sombre et magique. Des princes et rois viennent régulièrement essayer de la conquérir ou de voler son pouvoir… et se font systématiquement défoncer. Le comics la montre incomprise, rejetée, mais cohérente dans sa colère et sa protection de son territoire. C’est une vision qui mélange la méchante classique de La Belle au bois dormant (1959) et l’anti-héroïne plus nuancée des films live avec Angelina Jolie.
L’approche minimaliste et visuelle : Soo Lee réduit énormément les dialogues (parfois moins de 100 bulles par chapitre). Ça laisse respirer les planches, les regards, les postures et surtout les transformations monstrueuses de Maléfique (ronces vivantes, serpent géant, formes animales brutales). La forêt est presque un personnage à elle seule, organique, oppressante et magnifique.
Un épisode centré sur le corbeau est particulièrement réussi : un duel animalier brut, tendu, presque sans paroles, très « nature documentaire » et intense.
Le message sous-jacent : et si les vrais « méchants » étaient ces princes arrogants et légitimistes qui viennent emmerder une sorcière chez elle ? Ça rend Maléfique sympathique sans la rendre gentille ou édulcorée. Elle reste cruelle, puissante et badass.
Le dessin a parfois des poses un peu rigides et des visages qui manquent un poil de naturel.
Ce n’est pas révolutionnaire non plus : c’est un bon divertissement sombre et stylé.

Wolf-Man, Tome 1

Série : Wolf-Man
Publié par SilSocrate le 2026-03-19 15:39:13

The Wolf Man tome 1 (The Astounding Wolf-Man vol. 1 en VO) :
C’est le début de la série écrite par Robert Kirkman et dessinée par Jason Howard, sortie à l’origine chez Image Comics en 2007-2008.
L’histoire commence très fort : un riche businessman en vacances en famille se fait attaquer sauvagement dans les bois, il survit mais se retrouve maudit → à chaque pleine lune il se transforme en loup-garou ultra-puissant. Au lieu de se cacher ou de devenir un monstre tragique à la classique, il décide de transformer cette malédiction en super-pouvoir et devient un super-héros : The Astounding Wolf-Man. Le ton mélange donc super-héros old-school, family drama et éléments d’horreur assez violents.
Kirkman fait ce qu’il sait faire de mieux : il pose très vite des personnages attachants (Gary, sa femme, sa fille ado) et il installe un vrai enjeu familial. On sent tout de suite que ça va mal tourner à un moment (c’est du Kirkman après tout…).
Le concept « loup-garou = super-héros » est hyper fun et rafraîchissant. Ça évite les clichés du film d’horreur larmoyant.
Les combats sont nerveux, le dessin de Jason Howard est très dynamique.
Ça se lit hyper vite, c’est addictif, avec ce côté « qu’est-ce qu’il va encore lui arriver ? » typique de l’auteur.

Vietnam

Série : Guerres & Dragons
Publié par SilSocrate le 2026-03-19 11:33:22

Guerres & Dragons tome 5 – Vietnam (sorti début mars 2026 chez Soleil) :
C'est clairement l'un des meilleurs tomes de la série jusqu'ici.
Nicolas Jarry arrive à bien doser le mélange historique / fantasy : on est en pleine guerre du Vietnam (1969), avec l'ambiance jungle oppressante, hélicos qui se crashent, napalm, horreurs sur civils, traumatismes des GI… et bam, un dragon qui fout le bordel en abattant des appareils américains. Le twist avec l'enfant famélique qui contrôle la bête est très bien amené et sert vraiment le propos sur la rédemption, la culpabilité et les choix moraux dans la guerre.
Le personnage principal, Nick (tireur d'élite hanté par la mort de son frère), est plus fouillé que dans certains tomes précédents. On sent vraiment son basculement psychologique, et la question "tuer l'enfant ou pas ?" porte tout le drame. C'est plus introspectif et moins "action bourrine" que d'autres volumes, même s'il y a quand même de très belles scènes de combat dragon/hélicos/dragon.
Graphiquement, Stéphane Bervas fait un super boulot : jungle ultra-détaillée, réalisme crade des combats, dragons crédibles et intégrés sans que ça fasse too much "high fantasy dans le Vietnam". Les couleurs d'Arif Prianto renforcent bien l'atmosphère moite et sale.
Points forts :
Meilleure intégration du dragon dans un conflit historique "moderne" de la série
Thèmes de rédemption et d'humanité en temps de guerre bien traités
Dessin immersif et réaliste

La préprod'

Série : Aux pixels près...
Publié par SilSocrate le 2026-03-16 17:25:39

Aux Pixels près... T1 - La préprod (de Shong, édité chez Stand Alone) est une petite pépite si tu t'intéresses aux coulisses du jeu vidéo sans vouloir un truc trop sérieux ou trop technique.
C'est une BD d'humour qui suit Tim (le même perso que dans Airsoft Tim du même auteur), un jeune diplômé en galère qui traîne ses prints sur les festivals geek genre Japan Expo. Il se fait repérer par un producer et se retrouve propulsé dans un studio de jeu vidéo pour bosser sur de la pré-production. Le tome explore les métiers (game designer, producer, artiste 2D/3D, etc.), le jargon, les process créatifs, les réunions absurdes, les crunchs larvés, les egos, les deadlines intenables... le tout avec un ton très léger, auto-dérisoire et bourré de clins d'œil à la culture JV/indé.
Ce que j'aime bien :

C'est hyper juste sur pas mal de réalités du milieu (surtout les petits/moyens studios français/européens) sans tomber dans le pamphlet noir. Ça fait souvent « ouais, c'est exactement ça ».
Le dessin de Shong est clean, expressif, très lisible, avec un bon sens du caricature sympathique.
C'est pédagogique sans être chiant : tu apprends des trucs (les différences entre producer / lead / creative director, le pipe de production, etc.) en te marrant.

L'ombre de Dagon

Série : Arkham mysteries
Publié par SilSocrate le 2026-03-16 15:07:24

Arkham Mysteries Tome 2 – L'Ombre de Dagon (sorti début 2026 chez Soleil) :
C'est la suite directe du tome 1, et globalement, elle monte d'un cran. On retrouve Seth Armitage, Skylark Duquesne et l'ambiance pesante de la Nouvelle-Angleterre post-1919, avec l'Université de Miskatonic en toile de fond. Cette fois, l'intrigue plonge plus franchement dans l'horreur maritime et cosmique, avec Dagon bien au centre (la nouvelle éponyme de Lovecraft est très présente, mais aussi des vibes d'Innsmouth, Coldies, cultes aquatiques, et des horreurs qui remontent de l'Atlantique).
Le scénario gagne en densité et en tension : moins de mise en place lente que dans le tome 1, plus d'enquête occulte, de descente aux enfers progressive et de révélations qui font monter l'angoisse. Nolane maîtrise bien le rythme lovecraftien : on commence par des événements "terrestres" (asile d'Arkham qui cache des trucs moches, coldies qui s'agitent), puis ça bascule vers le cosmique et l'inéluctable.
L'ambiance est encore plus réussie : mer menaçante, tempêtes, créatures hybrides, folie qui s'installe... Le dessinateur Manuel Garcia excelle dans les scènes d'horreur aquatique et les décors oppressants . Les couleurs sombres et l'encrage renforcent le malaise.
Plus de références subtiles au Mythe (Dagon évidemment, mais aussi des liens avec les Grands Anciens du tome 1, et des clins d'œil à d'autres entités).
La fin est un bon cliffhanger qui tease clairement la suite .

Le ciel des grands anciens

Série : Arkham mysteries
Publié par SilSocrate le 2026-03-15 10:54:42

Arkham Mysteries Tome 1 – Le Ciel des Grands Anciens
C'est une très honnête entrée dans l'univers lovecraftien en BD, signée Richard D. Nolane (scénario) et Manuel Garcia (dessin), publiée chez Soleil en 2022.
L'ambiance est vraiment bien capturée : on retrouve l'atmosphère pesante, les références discrètes mais nombreuses au Mythe (Miskatonic, Arkham, Innsmouth vibes, cultes, entités cosmiques, folie progressive, etc.). C'est un régal de voir autant d'allusions bien placées sans que ça devienne du fan-service lourd.
Le dessin de Manuel Garcia est solide : réaliste, encrage puissant, très bon dans les décors New England années 1920 et dans les moments d'horreur/surnaturel. Les teintes sombres et les jeux de lumière contribuent vraiment au malaise.
L'intrigue démarre calmement pour installer les personnages et l'époque, puis monte crescendo jusqu'à une fin ouverte et frustrante… dans le bon sens du terme, car elle donne très envie de lire la suite.

Accomplissement

Série : Sherlock Holmes - les chroniques de Moriarty
Publié par SilSocrate le 2026-03-14 15:26:16

Sherlock Holmes - Les Chroniques de Moriarty tome 2 : Accomplissement (scénario Sylvain Cordurié, dessin Andrea Fattori, couleurs Axel Gonzalbo, éditions Soleil, 2016) :
C'est la conclusion d'un diptyque assez audacieux qui prend le parti de placer Moriarty au centre de l'histoire, en mode anti-héros / quasi-protagoniste, après son traumatisme dans le tome 1 (où il a été projeté dans un univers lovecraftien cauchemardesque avec les Anciens Dieux).
Dans ce tome 2, on suit donc Moriarty, Meredith Rutherford et leur acolyte dans une course mondiale pour détruire les derniers exemplaires du Necronomicon. Le récit passe par Istanbul, New York, et mélange action, complot occulte, sociétés secrètes et gros méchants collectionneurs. L'ambiance est très "horreur cosmique light + conspiration victorienne".
Le parti pris de faire de Moriarty le personnage principal fonctionne plutôt bien. On le voit plus humain, hanté, presque "sympathique" par moments, ce qui change des versions classiques où c'est juste le cerveau maléfique dans l'ombre.
Le rythme est assez soutenu, il y a de l'action, des retournements, et la tension monte correctement vers la fin.
Graphiquement, le trait d'Andrea Fattori est solide : décors riches , ambiance sombre qui colle bien au thème.
La fin laisse volontairement beaucoup de flou sur le sort exact de Moriarty.

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