Collection de SilSocrate


Les avis de lecture de SilSocrate

L'aimé des ours

Série : Greenlander
Publié par SilSocrate le 2026-03-14 11:31:50

Greenlander (tome 1 : L'Aimé-des-ours), c'est une très belle surprise de début 2026, signée Christophe Bec au scénario et Przemyslaw Klosin au dessin (avec Julia Pinchuk à la couleur).
L'histoire se passe au XVe siècle au Groenland, dans les dernières colonies vikings qui agonisent : famine, maladies, climat hostile, superstitions… et un berger solitaire, Björn dit « l'Aimé-des-ours », qui vit à l'écart avec son chien et son faucon. Un prédateur mystérieux commence à décimer les troupeaux, et tout bascule vers quelque chose de plus sombre et fantastique.
Le dessin est vraiment impressionnant : les paysages glacés, les villages battus par le vent, les ciels oppressants… c'est magnifique.
L'ambiance est pesante et immersive, on sent bien le désespoir de la fin d'une civilisation isolée.
Le démarrage est solide, avec un bon mélange aventure historique + touche fantastique/horreur qui arrive progressivement.
Le scénario de Bec est efficace sans être révolutionnaire : classique dans son genre (le solitaire qui va devoir affronter l'horreur pour sauver/être intégré à la communauté).
Globalement, je dirais que c'est une excellente BD d'aventure historique teintée de fantastique

Croque-mort

Série : Tony Chu, détective cannibale
Publié par SilSocrate le 2026-03-13 10:33:06

Tome 3 de Tony Chu, détective cannibale (Croque-mort / Just Desserts)
C’est clairement un tome de transition qui fait du bien après le tome 2.
Dans ce volume, on sent que Layman et Guillory reprennent de l’élan :
Le retour de John Colby apporte une vraie dynamique de buddy cop old-school très sympa.
Tony commence enfin à avoir une vie un peu plus « normale » (autant que possible quand on est cibopathe cannibale), avec une romance naissante avec Amelia Mintz qui est assez mignonne et rafraîchissante.
On a toujours cet humour absurde et trash signature de la série (coq guerrier, légumes, tueurs cannibales, etc.), mais avec un peu plus de cœur et de développement perso pour Tony.
Les dialogues restent ciselés et drôles.
Rob Guillory continue de faire un boulot monstrueux sur les expressions faciales et le côté dégueu/appétissant en même temps.
Plusieurs intrigues qui s’entrecroisent et préparent clairement le terrain pour la suite .

Dakhan

Série : Carthago
Publié par SilSocrate le 2026-03-12 09:22:53

Tome 16 de Carthago, intitulé Dakhan, sorti fin janvier 2026, marque la véritable conclusion de cette très longue saga entamée il y a presque 20 ans par Christophe Bec.
Globalement, je trouve que c’est une fin plutôt honorable et même assez réussie pour une série qui a tellement divagué et accumulé les arcs au fil des années.
Le dessin d’Ennio Bufi est vraiment sublime sur ce tome. Son trait réaliste, très détaillé, fait des merveilles sur les créatures marines, les décors sous-marins post-apo et les séquences spectaculaires. C’est probablement l’un des plus beaux tomes graphiquement de la série récente.
Il y a une vraie volonté de clôturer les arcs : on retrouve beaucoup d’éléments anciens (Kane, les tritons, l’héritage de la Carthago, etc.), on a des réponses sur plusieurs mystères de longue date, et on boucle l’histoire de Donovan de manière assez émouvante.
L’ambiance post-apocalyptique aquatique fonctionne bien : l’idée d’un « nouveau monde » sous-marin après la catastrophe nucléaire donne un côté épique et presque poétique par moments.
Dakhan est une très bonne surprise et une fin qui fait plaisir. C’est spectaculaire, beau à regarder, et ça boucle l’histoire sans trop trahir l’esprit d’origine.

King Spawn, Tome 2

Série : King Spawn
Publié par SilSocrate le 2026-03-11 09:06:04

Le tome 2 de King Spawn chez Delcourt est une suite assez solide dans l'univers Spawn relancé par Todd McFarlane, elle reste fidèle au style très "Spawn" : ultra-violent, sombre, avec beaucoup d'action et un ton parfois old-school.
Le retour à New York, là où tout a commencé pour Al Simmons, donne une vraie saveur nostalgique et ça fonctionne bien pour ancrer l'histoire.
Les combats sont brutaux et visuellement impressionnants. Le duo Javi Fernandez / Thomas Nachlik (et Marcio Takara sur certaines parties) livre des planches très dynamiques, avec un encrage lourd et des couleurs saturées qui claquent — c'est du grand spectacle gore comme on aime dans la série.
L'intrigue avance sur la chasse aux Prêtres (la cour corrompue), la prophétie du King Spawn, le trône de Dieu, les Dead Zones… et on sent que McFarlane & Sean Lewis posent des bases pour du très long terme. La présence de Terry Fitzgerald apporte un peu d'humanité et évite que ce soit que du baston non-stop.

Un goût de paradis

Série : Tony Chu, détective cannibale
Publié par SilSocrate le 2026-03-06 16:25:17


Tony Chu tome 2 – Un goût de paradis (Chew Vol. 2 : International Flavor en VO) :
C'est clairement un tome qui monte en puissance par rapport au premier volume, et pour moi c'est là que la série commence vraiment à montrer toute sa saveur (c'est le cas de le dire).
Le premier tome posait le concept ultra barré (flic cibopathe qui reçoit des visions en mangeant des trucs, y compris des cadavres humains, dans un monde où le poulet est interdit), et c'était déjà très fun et original. Mais dans Un goût de paradis, John Layman lâche beaucoup plus les chevaux : l'intrigue part sur une île paradisiaque fictive (Yamapalu), avec une plante qui a un goût de poulet, un vampire, une romance naissante pour Tony, et surtout on commence à gratter un peu le passé et la psychologie du personnage principal. C'est toujours aussi absurde et gore, mais avec un vrai fil rouge qui se met en place.
Les points forts selon moi :
L'humour noir et l'absurde sont encore plus assumés et mieux dosés.
Rob Guillory fait un boulot monstrueux au dessin : ses couleurs pop ultra saturées et ses expressions déformées collent parfaitement à l'ambiance mi-glauque mi-comique.
L'enquête est plus ambitieuse, avec des twists bien sentis et une montée en tension vers la fin.
Éditions Delcourt

L'infâme gentilhomme

Série : Alastor de Sombregarde
Publié par SilSocrate le 2026-03-04 11:22:06

Alastor de SombreGarde est le personnage principal d'une BD française récente, sortie en janvier 2026 chez Oxymore Éditions. C'est le tome 1 qui s'appelle L'Infâme gentilhomme, scénarisé par Dobbs et dessiné par Aurélien Morinière.
C'est un anti-héros très marqué dark fantasy grinçante : un chevalier revenu d'entre les morts, cynique, désabusé en amour, qui traîne avec un gobelin maître (Guulghar) dans un monde où le Bien et le Mal sont complètement tordus et où le "Bien" finit souvent par être plus tyrannique que le Mal. Un Don Quichotte gothique, d'une épopée mélancolique et ironique, avec beaucoup de violence, de trahisons, de démons, de routes jonchées de cadavres… mais aussi une certaine bonne humeur noire dans les dialogues.
Le ton mélange : ambiance sombre et crasseuse, chevalerie déconstruite, humour acide et visuels très travaillés.
J'aime le renversement des codes Bien/Mal, le cynisme du perso principal et le fait que ce ne soit pas un héros classique.
Vivement la suite qui devrait sortir en Automne

Magic, Volume un

Série : Magic (Guara)
Publié par SilSocrate le 2026-03-03 09:34:54

Recueil qui compile les premiers numéros de la série lancée en 2021 par Jed MacKay au scénario et Ig Guara au dessin, qui se déroule surtout sur Ravnica avec Ral, Vraska, Kaya et d'autres Planeswalkers impliqués dans une intrigue d'assassinat et de conspiration.
Le dessin d'Ig Guara est vraiment excellent : dynamique, couleurs pétantes, les sorts et les créatures claquent super bien à la lecture. Les combats magiques rendent hyper bien en BD.
L'histoire pose bien les bases du Multivers. On suit une intrigue avec des Planeswalkers qui se retrouvent ciblés par une menace coordonnée, ça bouge vite, il y a de l'action dès le début et ça tease de grosses choses pour la suite.
Le lore dense sans filet : Plein de refs à Ravnica (guildes, Ral, Vraska, Kaya), Zendikar, et l'après-WotS, mais sans récap' clair.
Trame un peu générique : L'intrigue "planeswalkers ciblés par des tueurs mystérieux" démarre fort, mais sent le comic event classique.

Les mâchoires de la peur

Série : Les mâchoires de la peur
Publié par SilSocrate le 2026-03-02 16:07:31

Les Mâchoires de la Peur (Jérôme Wybon & Toni Cittadini, Huginn & Munnin, sortie fin 2025) :
C'est une BD très sympa. Elle surfe clairement sur cette vague des récits-documentaires en BD sur les tournages chaotiques des années 70, et elle le fait plutôt bien.
Le sujet est passionnant : le tournage catastrophe de Jaws (requins mécaniques qui coulent, budget qui explose, Spielberg ultra jeune qui se fait presque virer, acteurs au bord de la crise de nerfs, etc.). Il y a plein d'anecdotes croustillantes qu'on connaît plus ou moins, mais mises bout à bout ça reste hyper prenant.
La palette verte/bleutée donne vraiment une ambiance "océan + tension", c'est cohérent avec le film.
Le rythme est dynamique, on sent bien le stress croissant et le côté "on va tous couler avec le requin".
Le dessin: je trouve le trait dynamique et expressif, mais pas assez précis pour reconnaître les vrais acteurs/Spielberg.
Le scénario reste très factuel : c'est un making-of illustré, pas une vraie fiction avec du suspense ou des arcs émotionnels très marqués.
Par rapport aux Guerres de Lucas (qui reste la référence du genre), c'est un cran en dessous en finesse graphique et en intensité dramatique.

Trois jokers

Série : Batman - Trois Jokers
Publié par SilSocrate le 2026-03-01 09:52:01

Batman : Trois Jokers (édité par Urban Comics)
Le dessin de Jason Fabok est absolument magnifique. C’est du très haut niveau réaliste, sombre, détaillé, avec des couleurs impeccables de Brad Anderson. Les scènes violentes claquent, les expressions faciales du Joker (des Jokers) sont terrifiantes, et les splash pages sont souvent impressionnantes.
L’idée de départ est intrigante : et si le Joker n’était pas une seule personne ? Ça permet de revisiter certains crimes iconiques et de donner une dimension presque "mythologique" au personnage.
Ça met vraiment en avant le trauma du trio Batman / Batgirl (Barbara) / Red Hood (Jason Todd). La dynamique entre eux est l’un des meilleurs aspects du récit.
Le scénario de Geoff Johns est très ambitieux sur le papier, mais il finit par tourner en rond.
Ce qui m’a touché : le côté déchiré de Jason Todd, c’est hyper bien capturé – sa rage, sa vulnérabilité, le fait qu’il soit toujours hanté par ce que le Joker (ou les Jokers) lui a fait, et comment il veut presque devenir comme eux pour mieux les détruire. C’est l’un des rares comics où on sent vraiment à quel point Red Hood est brisé, et pas juste "le mec énervé avec des flingues". Et Barbara, avec sa douceur et sa force tranquille, qui essaie de recoller les morceaux sans se laisser bouffer par la noirceur… c’est touchant, et ça rend la dynamique du trio super émouvante. Johns arrive bien à faire passer ce trauma partagé, et Fabok sublime ces moments introspectifs.
Pour la fin, le twist sur l’identité réelle du "vrai" Joker, la résolution avec Joe Chill, et surtout la révélation sur ce que le Joker "principal" veut vraiment (rester l’unique source de douleur pour Bruce, et que pardonner Chill lui enlève une partie de ce pouvoir)… est trop philosophique/humaniste pour un perso aussi nihiliste et imprévisible que le Joker. Ça donne l’impression que Johns veut "résoudre" le Joker, le rendre compréhensible et presque tragique, alors que le mystère et le chaos pur sont ce qui le rend iconique (genre dans Killing Joke, on laisse planer le doute sur l’origine, et c’est parfait comme ça).

Un printemps à Tchernobyl

Série : Un printemps à Tchernobyl
Publié par SilSocrate le 2026-02-26 09:09:13

Un printemps à Tchernobyl d'Emmanuel Lepage
C'est clairement l'une des BD-reportages les plus marquantes des années 2010, et pour moi l'une des meilleures réussites dans le genre "témoignage dessiné sur une catastrophe".
Le graphisme est absolument splendide. Lepage alterne crayonné très expressif, encrage puissant, lavis, et quelques touches de couleur extrêmement bien placées (souvent sur les visages ou des éléments symboliques). Ça donne une atmosphère à la fois pesante, poétique et parfois étrangement belle dans ce décor post-apocalyptique. La nature qui reprend ses droits sur les ruines est rendue de façon magnifique.
L'approche très personnelle et honnête fonctionne très bien : on sent la peur réelle de l'auteur (le masque, les compteurs Geiger, les doutes), son malaise, puis sa fascination grandissante. Ça évite l'écueil du "je vous explique la grande Histoire avec distance".
La seconde moitié (le séjour sur place, les rencontres avec les habitants qui restent, les "samosioly", Pripyat fantomatique mais étrangement vivante au printemps) est très touchante et souvent plus forte que le rappel historique du début.
La première partie (la catastrophe) est indispensable, même si elle est plus "explicative" – elle pose le poids historique et émotionnel qui rend la seconde partie si puissante. Sans ce contexte (l'accident, les mensonges officiels, les liquidateurs sacrifiés, les évacuations massives), les rencontres avec les samosioly, la ville fantôme de Pripyat envahie par la végétation, et cette nature qui explose de vie au printemps n'auraient pas le même impact. C'est comme si Lepage construisait une tension : d'abord la peur et la désolation "théorique", puis le choc du réel, avec cette beauté paradoxale et presque insoutenable.
La seconde partie est vraiment le cœur du livre : les doubles pages magnifiques où la forêt reprend ses droits, les fleurs sauvages, les animaux qui reviennent, les habitants qui refusent de partir et qui vivent "normalement" malgré tout... Ça crée ce contraste troublant entre la radioactivité invisible et la vitalité qui éclate partout. Lepage arrive à transmettre cette fascination mêlée de malaise, et c'est hyper touchant quand il passe de la panique initiale ("je vais crever d'un cancer dans 10 ans") à une sorte d'émerveillement humble face à la résilience humaine et naturelle.

The Haunt of Fear, Tome 1

Série : The Haunt of Fear
Publié par SilSocrate le 2026-02-25 17:00:18

The Haunt of Fear chez Akileos, c’est une très belle initiative pour les amateurs de comics d’horreur vintage en France.
C’est la réédition française (en noir & blanc) de la mythique série EC Comics des années 1950, une des trois grandes anthologies d’horreur pre-Code avec Tales from the Crypt et The Vault of Horror.
C’est du pur EC Comics à l’état brut : twist endings sadiques, ironie noire, vengeance post-mortem, cannibalisme, zombies, femmes fatales vengeresses, etc. Les histoires écrites majoritairement par Al Feldstein (et Bill Gaines) sont souvent excellentes dans leur style « moral macabre ».
Dessins légendaires : Graham Ingels (Ghastly), Johnny Craig, Jack Davis, Wallace Wood, Jack Kamen… c’est du très haut niveau pour l’époque, et même aujourd’hui ça reste impressionnant.
le tome 1 ! C’est une excellente entrée en matière pour la série chez Akileos. Il couvre grosso modo les premiers numéros (environ #15 à #17 + #4 à #7 dans la numérotation EC originale, mais réorganisés chronologiquement pour l’édition française – en noir & blanc, grand format cartonné, environ 200-250 pages je crois).
Dans ce tome, tu as déjà droit à du très classique EC horreur 1950 :
Des histoires de vengeance post-mortem bien tordues (le mort qui revient punir son assassin de façon ironique et gore).
Des adaptations loose de contes macabres ou de légendes (style loup-garou, zombies naissants, malédictions).
Des twists finaux bien sadiques, souvent narrés par The Old Witch (la Sorcière du tome, avec son humour noir grinçant).
Dessins superbes dès le départ : beaucoup de Johnny Craig (qui fait des visages expressifs et des morts atroces), du Wallace Wood (déjà là avec son style détaillé et sexy-morbide), un peu d’Al Feldstein aux crayonnés, et même des apparitions de Graham Ingels qui commence à poser son style "Ghastly" iconique.
Les points forts du tome 1 :
L’ambiance années 50 est à fond : peur de l’atome, morale conservatrice tordue en horreur, femmes fatales, maris jaloux qui finissent mal…
La traduction Akileos est fluide, les dialogues claquent bien en français sans sonner trop moderne.

Naissance d'un héros

Série : Le rédempteur
Publié par SilSocrate le 2026-02-22 09:51:09

Le Rédempteur est une vraie pépite dans le comics français indépendant : ambitieux, original, et porté par une vraie vision. Le cœur du truc, c'est ce mélange spiritualité/super-héros qui sort du lot – pas du gadget mystique plaqué sur du pulp, mais une vraie réflexion introspective sur la rédemption, la foi, le trauma de guerre, et les limites morales du pouvoir divin-like.
L'arc global du héros est le point fort : perte d'innocence → malédiction/miracle → doute sur sa légitimité (joue-t-il à Dieu ? La rédemption forcée change-t-elle vraiment les âmes ?). Ça monte crescendo sur les 5 chapitres/tome 1, sans pathos excessif ni sermon lourd. Le pouvoir n'est pas cool ou badass, c'est un fardeau qui oblige à affronter le mal de face (psychologiquement, pas juste physiquement), ce qui crée une tension permanente super intéressante.
Graphiquement, Tyef assure : style comics US assumé mais avec une touche euro dans l'atmosphère sombre et les cadrages, planches dynamiques, designs marquants.
Le perso principal est dans une zone grise parfaite pour le thème : ni attachant ni dérangeant – distant, archétypal, presque un vecteur narratif plus qu'un humain relatable. Ça met le focus sur les idées/philosophie plutôt que sur l'émotionnel pur, ce qui renforce la profondeur sans virer pesant. C'est rare et réussi.
Pour un premier tome regroupant les chapitres 1-5 (histoire complète + cliffhanger), c'est une excellente base qui donne envie de suite – surtout si elle creuse encore plus ces thèmes spirituels sans perdre l'équilibre.
C'est le mélange spirituel/super-héroïque cohérent et audacieux sur l'ensemble de l'arc qui fait la force du bouquin, et qui le rend singulier parmi les french indés. Respect à Pejic et Tyef pour avoir tenu cette corde raide !

Hellblazer : rise and fall

Série : Hellblazer : rise and fall
Publié par SilSocrate le 2026-02-21 16:47:20

Hellblazer: Rise and Fall de Tom Taylor
C’est du Tom Taylor pur jus : il y a de l’humour noir bien placé, des dialogues qui claquent, une bonne dose d’émotion (il essaie vraiment de toucher sur le passé de John, sa famille, ses traumas d’ado), et une structure qui se lit super vite. L’histoire mélange un peu de revenge sociale (des milliardaires qui tombent comme des mouches) avec du classique Hellblazer (démons, possession, pactes foireux, un jeune John qui foire un rituel). C’est divertissant, souvent malin, et l’art de Darick Robertson (avec les couleurs de Diego Rodriguez) est vraiment très classe, dynamique, sale quand il faut, et qui donne une sacrée énergie aux scènes d’action et d’horreur.
Rise and Fall est vraiment un one-shot qui se suffit à lui-même, avec une intrigue bien bouclée en 3 chapitres (ou en un seul gros prestige TPB), et pas mal de gens le lisent comme une porte d'entrée fun dans l'univers Constantine sans avoir besoin de tout le backstory.
Pour résumer :
Les flashbacks sur le jeune John à 12-13 ans, avec Chas et Aisha (la future maman de Gemma ?), c'est touchant sans être trop larmoyant. On voit le premier gros fuck-up de Constantine, celui qui le hante encore, et Taylor arrive à rendre ça personnel et humain. Ça donne une profondeur "family" au perso sans le trahir complètement.
Le mystère des milliardaires qui tombent du ciel avec des ailes d'ange (et finissent empalés sur des clochers ou pire) : c'est gore, visuellement dingue grâce à Darick Robertson (le mec de The Boys, donc tu sais à quoi t'attendre en termes de violence crade et expressive). Les scènes d'action/horreur claquent vraiment.
L'humour noir signature Taylor : John qui balance des vannes cyniques même face au diable, des dialogues qui fusent, et une vibe un peu revenge porn sociale contre les ultra-riches qui passe super bien en 2021-2025.
Le final avec Lucifer qui aide John (parce que même le diable en a marre de ces cons), c'est fun et iconique, ça boucle l'histoire sur une note malicieuse plutôt que désespérée.
Bon c'est pas du Constantine pur et dur mais c'est plaisant à lire.

Nid de guêpes

Série : Animosity
Publié par SilSocrate le 2026-02-19 11:17:38

Animosity tome 3 (Nid de guêpes / The Swarm)
Ce volume fait monter la sauce sérieusement : on a plus d'action, des trahisons qui font mal (surtout pour Jesse), des flashbacks qui enrichissent bien les persos, et surtout cette idée géniale des abeilles conscientes qui devient centrale. L'exploration de ce que ça implique pour le monde (pollinisation, survie, hiérarchies animales) est super bien pensée et donne une vraie profondeur SF/post-apo au récit. Ça évite de tourner en rond et ça complexifie l'univers sans le rendre confus.
Le duo Jesse/Sandor continue d'être hyper prenant, avec Sandor qui bascule un peu plus vers sa nature bestiale, et Jesse qui grandit en intelligence et en cœur. Les thèmes sur l'égalité (tous les animaux sont égaux… mais certains plus que d'autres) sont toujours aussi mordants et bien amenés.

Le dragon

Série : Animosity
Publié par SilSocrate le 2026-02-18 09:37:55

Animosity tome 2 (Le Dragon / The Dragon) :
L’univers continue d’être fascinant : on voit plus en profondeur les conséquences du « réveil » des animaux, avec des sociétés qui se forment, des tensions inter-espèces vraiment bien exploitées, et des réflexions sur la vengeance, la liberté, la cohabitation (ou pas).
Les personnages restent attachants, surtout Jesse et Sandor dont la relation évolue de manière touchante. On a aussi plus de place pour certains secondaires qui gagnent en profondeur.
Le dessin de Rafael de Latorre est toujours aussi beau, avec des scènes très marquantes (le dragon du titre, certaines doubles pages, les animaux anthropomorphisés de façon crédible et parfois flippante).
Il y a des moments très violents et sombres, mais aussi des passages plus introspectifs qui font réfléchir.
Le rythme est plus lent que dans le tome 1. On sent que c’est une phase de transition / voyage, avec plus d’exposition et de worldbuilding.
Il y a pas mal de dialogues philosophiques / animal-réflexion qui peuvent sembler un peu lourds.
En résumé : c’est un excellent tome 2 qui approfondit l’univers sans révolutionner la formule.

Les murailles invisibles, Tome 1

Série : Les murailles invisibles
Publié par SilSocrate le 2026-02-17 10:07:47

Les Murailles Invisibles tome 1 (scénario Alex Chauvel, dessin Ludovic Rio, chez Dargaud) :
C’est une très bonne surprise dans la SF BD franco-belge récente. Le concept de base est hyper accrocheur : du jour au lendemain, des murs invisibles et infranchissables découpent la planète entière en zones où le temps s’écoule à des vitesses complètement différentes. Une zone peut avancer de quelques jours quand une autre a déjà vieilli de plusieurs années, voire décennies. Ça crée immédiatement une tension énorme sur les relations humaines, les retrouvailles impossibles, les décalages culturels/tech, et même sur la survie.
Le tome 1 pose très bien l’univers avec :un héros lambda (Lino) qui se retrouve embarqué presque par hasard dans une expédition de « franchisseurs »,une équipe intéressante avec Asphane en leader charismatique,des passages dans des zones à temporalités différentes qui donnent des scènes marquantes (et parfois assez flippantes sur le plan émotionnel).
L’idée de base est originale et bien exploitée.Le rythme est plutôt soutenu pour un premier tome d’introduction.Le mélange road-trip post-apo / voyage temporel / survie fonctionne bien.
Quelques trouvailles sympas (langage inventé d’une zone, visions de futurs possibles / passés accélérés).
Le dessin de Ludovic Rio est propre et efficace, mais un peu trop géométrique / carré par moments, et la colorisation terne/française classique peut laisser un sentiment de « manque de patate visuelle » au début (ça s’améliore après).

Goût décès

Série : Tony Chu, détective cannibale
Publié par SilSocrate le 2026-02-16 18:00:34

Tony Chu, détective cannibale tome 1 : Goût décès :
C’est clairement l’un des comics les plus barrés, originaux et addictifs que j’ai pu lire dans le genre polar/humour noir. L’idée de base est complètement dingue : un flic cibopathe qui obtient des flashs psychiques sur l’histoire d’un aliment (ou d’une personne) rien qu’en le goûtant… et comme il bosse sur des enquêtes criminelles, ça finit souvent par des scènes où il doit bouffer des cadavres ou des trucs très très dérangeants. Le concept est à la fois répugnant et génial, et Layman le pousse à fond sans jamais tomber dans le gratuit pur.
L’humour est ultra noir, absurde et souvent hilarant. Le ton est décomplexé, ça balance entre gore, second degré et situations WTF sans jamais se prendre trop au sérieux.
Les personnages sont excellents dès le départ : Tony Chu est attachant malgré son « don » dégueu, son partenaire Mason est un vrai régal de cynisme et d’humour, et les seconds rôles (la critique culinaire, les collègues, etc.) apportent tous quelque chose.
Le rythme est dingue : les enquêtes s’enchaînent vite, il y a déjà pas mal de rebondissements et un vrai fil rouge qui se met en place (le complot autour des aliments interdits, le poulet banni, etc.).
Les dessins de Rob Guillory sont parfaits pour cet univers : colorés, expressifs, un peu cartoonesques quand il faut faire rire, et carrément gores quand il faut choquer. Le contraste fonctionne super bien.
C’est très gore et très cannibalisme assumé → si t’as l’estomac fragile ou que le sujet te met mal à l’aise, c’est pas pour toi. Certaines scènes font vraiment grincer des dents.
Globalement : C’est frais, inventif, déjanté, et ça change radicalement des comics super-héros ou même des polars classiques.

L'affaire du rideau bleu

Série : Les quatre de Baker Street
Publié par SilSocrate le 2026-02-16 10:05:33

Les Quatre de Baker Street tome 1 — L'Affaire du rideau bleu :
C'est une très bonne entrée en matière pour une série jeunesse/ado qui rend hommage à l'univers de Sherlock Holmes sans se prendre trop au sérieux.
Le dessin de David Étien est vraiment excellent. Les ambiances victoriennes de Londres (surtout l'East End crasseux et vivant), les expressions des gamins, le dynamisme des scènes d'action… c'est très beau, coloré juste ce qu'il faut, et ça donne une vraie patte visuelle à la série.
Les trois (puis quatre) personnages principaux — Billy, Charlie, Black Tom et la petite Betty — sont attachants dès le départ. On sent leur complicité, leur débrouillardise de gamins des rues, et leur envie de prouver qu'ils peuvent être des détectives à part entière. Ça fonctionne super bien pour créer de l'empathie.
Le scénario est rythmé, avec un bon dosage d'humour, d'action, de suspense et même d'émotion. C'est une enquête classique (enlèvement → course contre la montre → rebondissements), mais bien menée, sans temps mort. Ça se lit d'une traite sans effort.
L'intrigue reste assez linéaire et prévisible par moments, surtout si on a déjà lu pas mal de polars jeunesse ou d'histoires d'enlèvement. Pas de twist complètement fou, c'est plutôt du "classique efficace" que du génie absolu.
Sherlock Holmes est très peu présent (c'est voulu, il est absent pour l'enquête).

En pleine ombre

Série : Trees
Publié par SilSocrate le 2026-02-15 18:19:28

Trees tome 1 (titre original : Trees Vol. 1: In Shadow), scénarisé par Warren Ellis et dessiné par Jason Howard, est un comics de science-fiction publié chez Image Comics (édition française chez Delcourt ou Urban Comics selon les rééditions).
L'histoire se déroule 10 ans après l'arrivée soudaine d'immenses piliers aliens noirs — appelés "Trees" — qui se sont plantés un peu partout sur Terre sans jamais bouger ni communiquer. Ils exercent une pression silencieuse sur l'humanité, qui continue de vivre autour d'eux, avec des zones d'exclusion, des mutations locales et des sociétés qui s'adaptent (ou pas).
Concept original et intrigant : Pas une invasion classique avec lasers et combats, mais une menace passive, presque existentielle et horrifiante par son indifférence. Beaucoup trouvent ça plus effrayant qu'une guerre alien traditionnelle.
Écriture de Warren Ellis : Ambiance froide, cynique, avec des réflexions sur l'humanité, la société, le pouvoir et l'adaptation. C'est du Ellis pur jus : intelligent, sombre, parfois philosophique.
Dessin de Jason Howard : Style réaliste, couleurs ternes et atmosphériques qui renforcent le sentiment d'oppression et de monde "normal" devenu anormal. Les designs des Trees sont impressionnants.
Multi-intrigues : On suit plusieurs histoires parallèles (une artiste en Chine, une jeune femme en Italie, des scientifiques en Arctique, etc.), ce qui donne une vision globale de l'impact mondial.
Rythme lent et très introductif : Le tome 1 pose énormément de personnages et de lieux sans tout résoudre. Certains trouvent ça frustrant ou décousu, comme si c'était plus une mosaïque qu'une histoire linéaire.
Pas de réponses : Beaucoup de mystères sont lancés, mais peu avancent vraiment dans ce volume (c'est normal pour un tome 1, mais ça peut agacer).
Art parfois jugé trop sobre : Les couleurs sombres et le style "réaliste sale" plaisent à certains, mais d'autres le trouvent moche ou trop terne.

Edgar Allan Poe - Hantise

Série : Edgar Allan Poe - Hantise
Publié par SilSocrate le 2026-02-15 16:18:14

Edgar Allan Poe - Hantise (2014, éd. Soleil, collection 1800)
C'est une BD one-shot qui imagine Edgar Allan Poe jeune, encore critique littéraire acerbe et pas encore l'écrivain mythique qu'on connaît, plongé dans une enquête à la frontière du réel et du surnaturel. L'histoire mélange thriller gothique, spiritisme (séances avec une voyante pour contacter sa mère défunte), alcoolisme, visions hantées et crimes mystérieux. L'ambiance est très "Poe-esque" : sombre, oppressante, avec cette tension entre folie et réalité.
Les dessins (Thomas Verguet + Bastien Orenge) et les couleurs sombres (Véra Daviet) sont vraiment réussis. Ils capturent très bien l'atmosphère du XIXe siècle américain, les intérieurs glauques, les rues brumeuses, le côté crasseux et mélancolique. Ça colle parfaitement à l'univers poesque.
Pour les fans de Poe, c'est plaisant de voir des clins d'œil à ses thèmes récurrents (deuil, mort, hantise, perte de raison).
Le rythme est plutôt accrocheur, on lit ça vite.
Le scénario est trop léger / pas assez creusé pour un one-shot. Poe est montré comme un type vraiment détestable (alcoolique, aigri, rustre.
L'intrigue surnaturelle/thriller reste assez classique et prévisible, sans vraie surprise ni profondeur psychologique marquante.

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