Collection de SilSocrate


Les avis de lecture de SilSocrate

Sélection Naturelle

Série : Hunter killer
Publié par SilSocrate le 2026-02-10 16:11:03

Ce volume (grosso modo les issues #6 à #10/#11 en VO, regroupées chez Delcourt en "tome 2". Waid accélère à fond : l'intrigue se resserre autour du Catalog (qui est en Ellis, et les implications explosent), des missions plus désespérées, des trahisons qui claquent, et surtout des révélations sur qui tire vraiment les ficelles depuis des décennies (le gouvernement US ? Pas vraiment... ou plutôt, pas comme on le croyait).
L'évolution d'Ellis : il passe de "noob perdu" à quelqu'un qui commence à prendre les rênes, son pouvoir de mimétisme devient central dans les combats, et ça crée des affrontements dingues.
Samantha Argent : elle est encore plus complexe, torturée par son passé et ses doutes sur le programme. Les moments où elle questionne tout (et où elle pousse Ellis à devenir un tueur ou un "héros") sont top.
Les scènes d'action : plus brutales, plus stratégiques, avec des enjeux mondiaux qui montent. Il y a des bastons contre des Ultra-Sapiens vraiment puissants, et l'équipe est mise à rude épreuve.
Les twists : Waid balance des révélations choc sur l'histoire secrète (genre, réinterprétation de la Guerre froide et des événements majeurs du XXe siècle via les Ultra-Sapiens). Ça reste conspi mais malin, pas too much.
Le dessin : Silvestri est toujours là pour les gros moments, mais Basaldua et surtout Rocafort commencent à prendre plus de place. Rocafort apporte un style un peu plus clean et dynamique – ça rafraîchit le look Top Cow ultra-musclé des débuts.
Globalement, je le trouve meilleur que le tome 1 : plus mature dans les thèmes (loyauté, manipulation, qui est le vrai monstre ?), l'action est plus inventive, et les persos gagnent en profondeur.

Révélations

Série : Hunter killer
Publié par SilSocrate le 2026-02-09 15:31:11

Hunter Killer tome 1 – Révélations (édité chez Delcourt en 2006) est un comics plutôt old-school dans l'âme, même s'il est sorti au milieu des années 2000.
Scénario de Mark Waid + dessins initiaux de Marc Silvestri (style Top Cow très marqué années 90/début 2000 : corps ultra bodybuildés, poses dramatiques, encrage lourd). L'histoire pose un monde où des Ultra-Sapiens (des surhumains créés génétiquement) vivent cachés parmi nous, et certains deviennent incontrôlables. Du coup, une équipe black ops ultra-violente, les Hunter-Killers, est chargée de les neutraliser (chasser et tuer, le nom est clair).
Le tome 1 sert surtout d'introduction : on découvre l'équipe, le concept, un ou deux gros affrontements, et surtout une grosse révélation sur la vraie nature du programme. C'est du pur divertissement d'action avec une vibe "X-Men rencontre Black Ops / The Boys avant l'heure", mais en version un peu plus datée.
Le twist central du tome est vraiment bien amené et donne envie de lire la suite.
Les scènes d'action sont nerveuses et assez brutales.
Waid pose des questions morales intéressantes (qui décide qui est un monstre ? jusqu'où va la sécurité nationale ?).
Le casting est cool : Samantha, Ellis (le "nouveau" qui découvre tout), etc.

Le réveil

Série : Animosity
Publié par SilSocrate le 2026-02-08 11:28:23

Le pitch de base est hyper fort : un jour, sans explication, tous les animaux deviennent intelligents, parlent, prennent conscience d'eux-mêmes… et de ce que les humains leur ont fait subir pendant des millénaires. Ça part donc très vite dans le chaos, la vengeance, les massacres, mais aussi des réflexions plus subtiles sur l'intelligence, la domination, la nourriture, la civilisation, etc.
Marguerite Bennett arrive à mélanger horreur crue, humour noir grinçant et moments vraiment touchants sans que ça sonne faux.
La relation entre Jesse (la petite fille) et Sandor (son chien protecteur) est hyper bien écrite, crédible et émouvante. C'est le cœur émotionnel qui fait tenir le tout.
Le bestiaire est dingue : on voit des animaux de compagnie, des animaux de ferme, des sauvages, des insectes… chacun avec sa propre vision du monde et sa rancune particulière. Ça donne des scènes parfois drôles, souvent flippantes (genre les vaches, les poules, les chats…).
Le dessin de Rafael de Latorre est très efficace : sale quand il faut, expressif sur les animaux anthropomorphisés sans tomber dans le mignon, et les splash pages de chaos urbain sont impressionnantes.
C'est violent et gore par moments, donc clairement pas pour tout le monde (le logo « Griffe de sang » sur la couv' de Snorgleux n'est pas là pour décorer).
Globalement, c'est un excellent premier tome qui pose un univers dystopique original, qui pose de vraies questions sur notre rapport aux animaux sans être lourdement militant, et qui donne très envie de lire la suite.

Orphan et les cinq bêtes

Série : Orphan et les cinq bêtes
Publié par SilSocrate le 2026-02-08 10:07:07

Orphan et les Cinq Bêtes (Orphan and the Five Beasts en VO) de James Stokoe, style kung-fu old-school poussé à fond dans le délire.
C'est une mini-série initiale en 4 numéros (rassemblée en TPB en 2022 chez Dark Horse, et traduite en français chez Komics Initiative en 2023), avec une suite qui a commencé en septembre 2025 ("Bath of Blood") et qui continue l'aventure d'Orphan Mo.
L'art de Stokoe est absolument dingue : chaque page déborde de détails hallucinants, de poses acrobatiques impossibles, de textures folles (chair qui se déchire, sang qui gicle en fontaine, backgrounds chargés à mort). Les splash pages des combats sont des chefs-d'œuvre de dynamisme et d'impact – motion blur, angles de caméra fous, couleurs flashy qui claquent. C'est du dessin qui "bouge" même à l'arrêt, et qui rend justice au genre wu xia en mode over-the-top.
Les boss fights : Chopper Teng reste la star incontestée du tome 1 (le cannibale auto-découpant qui se cuisine lui-même avec des épices en fin de vie, c'est iconique et hilarant dans le gore). Les wontons mutants, les raviolis-projectiles toxiques, le banquet infernal qui vire au body horror culinaire... c'est absurde, brutal et hyper mémorable. Stokoe excelle à transformer la bouffe en arme mortelle, et ça culmine dans des chorégraphies où tout explose.
L'énergie brute : Pas de prise de tête narrative. C'est une vengeance directe, des combats non-stop, de l'humour noir grindhouse (self-seasoning dans la marmite, anyone ?), et une vibe "chaos joyeux" qui rappelle les films hong-kongais les plus fous croisés avec du body horror cartoon.
Stokoe dessine comme un malade : ultra-détaillé, ultra-dynamique, avec des poses improbables, du sang qui gicle partout, des découpes ultra-violentes et des chorégraphies qui sentent le grindhouse + les 5 Venins Mortels. C'est du kung-fu cartoon mais hyper brutal et gore.
Le style visuel → c'est du pur Stokoe. Les couleurs flashy, les designs de persos monstrueux/déformés, les splash pages qui explosent la page, les backgrounds chargés...
L'histoire → simple et directe (vengeance contre 5 anciens disciples corrompus de son maître mourant), et c'est assumé. Pas de twist tarabiscoté, c'est fait pour être une épopée badass bourrée d'action.
De l'énergie brute, de l'humour noir/grindhouse, les boss fights mémorables (surtout le cuisinier cannibale Chopper Teng qui est iconique), et le fait que c'est court mais intense.

Batman / Spawn 1994

Série : Batman / Spawn
Publié par SilSocrate le 2026-02-06 16:52:02

En 1994, il y a eu deux one-shots crossover Batman/Spawn :
Batman/Spawn: War Devil (chez DC Comics) – scénario par Doug Moench, Chuck Dixon & Alan Grant, dessins de Klaus Janson
Spawn/Batman (chez Image Comics) – scénario par Frank Miller, dessins de Todd McFarlane
Spawn/Batman
L'art de Todd McFarlane est énorme. Son Spawn sont monstrueux, ses chaînes, sa cape… c'est iconique. Et voir Batman dessiné par le créateur de Spawn, c'est un moment assez cool pour les fans des deux univers.
Frank Miller en mode "post-Dark Knight Returns" mais en version très 90s : Batman ultra-badass, qui traite tout le monde de "punk", monologue intérieur à fond, ambiance ultra-noire et testostéronée. C'est con mais assumé, et parfois marrant.
C'était un événement : le crossover Image / DC à l'époque, ça faisait rêver.
Le scénario est assez bancal et confus. L'histoire avec des robots-têtes-décapitées, c'est WTF même pour du Frank Miller 90s.
La fin est complètement barrée.
C'est un comic à lire pour la nostalgie 90s, pour voir Miller en mode décomplexé et McFarlane dessiner le Batman, mais pas pour l'histoire en soi.
War Devil (le DC) :
Scénario : Doug Moench, Chuck Dixon & Alan Grant (un trio de vétérans Batman de l'époque, donc c'est du pur style 80s-90s DC : Batman en mode détective ultra-compétent, monologues intérieurs, Gotham sombre).
Dessins : Klaus Janson (encrage légendaire sur Daredevil avec Miller, et sur pas mal de Batman).
Histoire : Spawn débarque à Gotham, Batman le prend pour une menace démoniaque au début (logique vu la cape et le look), il y a une enquête sur des meurtres/mystères liés à des forces surnaturelles (avec un vibe un peu Roanoke/Virginia Dare pour le folklore US dark). Ils finissent par s'allier contre un vrai démon/menace infernale. C'est plus "Batman enseigne à Spawn comment être un vrai héros/vigilante" que du pur clash badass.
Le scénario : C'est clairement plus cohérent et structuré que le Miller (pas de robots-têtes-décapitées WTF). Il y a une vraie intrigue policière, avec de l'action, de la mystique Spawn, et une morale un peu lourde sur la rédemption/vengeance. C'est très daté 90s : dialogues verbeux, et une fin est prévisible.
J'ai préféré le Miller/McFarlane malgré ses défauts énormes : c'est plus fun, plus excessif, plus "event 90s". War Devil est le "bon élève" plus sérieux, mais du coup plus fade et moins mémorable.

Intégrale La confrérie du bouclier

Série : S.H.I.E.L.D (Coll. 100% Marvel)
Publié par SilSocrate le 2026-02-05 16:55:50

S.H.I.E.L.D. : La Confrérie du Bouclier (Jonathan Hickman & Dustin Weaver)
C’est clairement l’un des projets les plus ambitieux et les plus atypiques de Jonathan Hickman chez Marvel, et en même temps l’un des plus clivants.
L’idée de base est géniale : réécrire l’histoire secrète de S.H.I.E.L.D. non pas comme l’agence d’espionnage moderne de Nick Fury, mais comme une confrérie millénaire (la « Brotherhood of the Shield ») qui existe depuis l’Antiquité. Des génies historiques comme Léonard de Vinci, Isaac Newton, Galilée, Michel-Ange, Imhotep ou même Zhang Heng sont des agents qui combattent des menaces cosmiques (Galactus, les Broods, les Celestials, etc.) depuis des siècles. On mélange donc histoire réelle, occultisme, pulp SF et mythologie Marvel old-school. C’est du pur Hickman : dense, conceptuel, avec des timelines qui s’entrecroisent, des organisations secrètes, des trahisons et une vibe presque conspirationniste.
Le scénario est bourré d’idées folles et de révélations qui redéfinissent pas mal de choses dans l’univers Marvel (surtout la place de S.H.I.E.L.D. dans la grande histoire).
Les pleines pages et les doubles pages de Dustin Weaver sont souvent magnifiques, avec un style très détaillé, un peu steampunk/ésotérique qui colle parfaitement à l’ambiance.
L’ambiance « conspiration occulte + science-fiction historique » est unique.
C’est très dense. Hickman balance des tonnes d’infos, de noms, de dates, de philosophies en très peu de pages .
La série n’a jamais été terminée comme prévu. Les deux mini-séries (2010 et 2011) + les numéros additionnels laissent un goût d’inachevé. Il y a un omnibus récent (2025) qui regroupe tout, mais l’histoire reste frustrante car on sent qu’il manquait une vraie conclusion. (omnibus uniquement en VO)
Le rythme est inégal : des moments de pure génie visuel et narratif alternent avec des passages qui semblent plus concept que narration fluide.
Je l’adore pour son audace et son originalité, c’est du Hickman pur jus avant qu’il devienne le « grand architecte » Marvel des années 2010.
Il me reste plus qu'à économiser pour m'offrir l'omnibus.

Le sépulcre rouge

Série : John Constantine Hellblazer
Publié par SilSocrate le 2026-02-04 10:08:22

Le Sépulcre Rouge (Red Sepulchre en VO) est le tome qui marque vraiment le début de la longue run de Mike Carey sur Hellblazer (à partir du #175 environ, regroupant les épisodes 175-180). C’est un arc de transition important après la période assez clivante de Brian Azzarello aux États-Unis.
L’histoire voit John Constantine revenir en Angleterre après son exil américain. Il retrouve un bordel familier : sa nièce Gemma (qui commence à marcher dangereusement dans ses traces), des cambriolages occultes, une chasse au mystérieux Sépulcre Rouge (un artefact/mythe très convoité), des anciens ennemis/allumés qui se réveillent, et un nouvel antagoniste ambigu du style Ghant. C’est du classique Constantine : manipulation, deals pourris, famille qui trinque à cause de lui, magie crade, et une bonne dose d’humour noir british.
Mike Carey reprend très bien le personnage après les runs précédents. Il comprend que Constantine est un salaud égoïste et attachant, pas un héros.
L’ambiance est revenue à ce qui fait Hellblazer : Londres crasseuse, occultisme de trottoir, horreur psychologique plus que super-gros démons tape-à-l’œil.
Le dessin colle parfaitement : lignes crades, visages fatigués, couleurs ternes… c’est moche et beau à la fois, comme John. Le dessin rend super bien l'ambiance glauque, surtout les visages ravagés et les décors londoniens moites.
Ça remet bien Constantine dans son jus british crasseux, Carey capte parfaitement le mélange de cynisme, de manipulation et de culpabilité familiale.

Creature Commandos présente Frankenstein, Tome 1

Série : Creature Commandos présente Frankenstein
Publié par SilSocrate le 2026-02-03 10:17:23

Creature Commandos présente : Frankenstein (ou Frankenstein, Agent of S.H.A.D.E. dans la VO)
C'est clairement pas le monstre tragique et mélancolique de Mary Shelley à 100 %, mais plutôt une réinvention badass, ultra-violente et souvent badass. Grant Morrison et surtout Jeff Lemire (dans la série Agent of S.H.A.D.E.) en ont fait un anti-héros immortel, bourrin, avec une énorme épée, qui bosse pour une organisation secrète paranormale (S.H.A.D.E.) et qui se bat contre des trucs complètement barrés : monstres, aliens, magie noire, etc.
Le ton est très pulp / horror / action, avec beaucoup d'humour noir et de gore.
Frankenstein est traité comme un vrai soldat monstrueux : il est fort , il est indestructible, et il a cette vibe "je suis un monstre mais je choisis de protéger les humains".
Sa relation toxique et tragique avec la Bride (la fiancée de Frankenstein) est super bien exploitée.
La série Frankenstein: Agent of S.H.A.D.E. (2011-2012) de Jeff Lemire est la réponse DC à l'univers Hellboy/BPRD de Mike Mignola. S.H.A.D.E. (Super Human Advanced Defense Executive) joue exactement le même rôle que le B.P.R.D. : une agence gouvernementale secrète qui gère les menaces paranormales, occultes, monstres, aliens bizarres et fins du monde apocalyptiques. Et au centre, un monstre immortel badass qui cite la littérature (Frankenstein cite Shakespeare et les romantiques sombres, Hellboy a ses références pulp et folklore) et qui tape fort avec une arme massive (l'épée géante vs le Right Hand of Doom).
Les similitudes frappantes :
Une équipe de "freaks" / monstres qui bossent ensemble : chez les Creature Commandos version Lemire, t'as Frankenstein qui lead une team de monstres ragtag (comme le vampire, la gorgone, etc.), un peu comme les agents BPRD (Abe Sapien le poisson-homme, Liz Sherman, Johann Kraus le médium en costume, etc.).
Le ton pulp horror + action gouvernementale : bastons gore, créatures lovecraftiennes, humour noir, et ce mélange de "on sauve le monde mais on est des outsiders monstrueux".
Même vibe visuelle et thématique : monstres classiques (Frankenstein, vampires, etc.) qui deviennent des héros torturés, avec une grosse dose de body horror et de weird science.

Vietnam Horror

Série : Vietnam Horror
Publié par SilSocrate le 2026-01-31 16:57:45

Vietnam Horror (le comic de Mas, publié chez Behemoth puis Sumerian Comics) est un titre qui mélange guerre du Vietnam et horreur surnaturelle de manière assez directe et assumée.
L'idée de base : des soldats américains (avec un focus sur les fameux Tunnel Rats, ces gars qui s'enfoncent dans les tunnels du Viet Cong) tombent sur des trucs très bizarres — rituels occultes, malédictions, entités ou monstres qui viennent se greffer sur l'horreur déjà bien réelle de la guerre. C'est un peu dans la veine "Apocalypse Now rencontre Lovecraft", avec une vibe gore, rituels vaudous/jungle, et descente progressive dans la folie.
L'ambiance est réussie : claustrophobie des tunnels + humidité oppressante + paranoia de la guerre = combo efficace pour de l'horreur.
Le dessin de Vito Coppola est très solide pour du indie horror — détails crades, ombres bien placées, visages expressifs sous stress. Le noir et blanc aide beaucoup à l'atmosphère.
Pas un chef-d'œuvre intemporel non plus, c'est du divertissement pulp bien fichu, pas du chef-d'œuvre introspectif sur la guerre.
C'est fun, glauque, violent, et ça fait le job pour une lecture d'une soirée.

Viggo

Série : Viggo
Publié par SilSocrate le 2026-01-29 09:55:09

Viggo (la BD de Duss au scénario et Leonid au dessin, publiée chez Ring en 2022) est une série qui plonge dans un univers inspiré de la mythologie scandinave / viking, avec une bonne dose de violence, de folie et de chaos familial.
C’est l’histoire d’un jeune guerrier Wungard qui sombre dans une rage incontrôlable, tue ses frères, et doit ensuite empêcher son père (le chef) de déclencher une guerre totale à cause de ça. Ambiance grand Nord enneigé, berserker incontrôlable, trahisons, poursuites… le tout dans un style très sombre et brutal.
Mon avis global : plutôt positif, surtout si on aime les BD adultes crues et sans filtre.
Les points forts :
Le dessin de Leonid est vraiment impressionnant : noir et blanc hyper détaillé, très précis, avec des planches qui claquent visuellement. Les scènes de violence et les paysages nordiques sont particulièrement réussis, ça donne une vraie atmosphère pesante et immersive.
L’ambiance mytho-viking revisitée sans tomber dans le cliché "Thor mignon" : c’est sale, sanguinolent, psychologique, avec une vraie descente en folie du perso principal.
Le scénario va droit au but, pas de bla-bla inutile, ça reste nerveux et dynamique.
Les points faibles :
Le scénario est assez classique dans le genre "guerrier maudit + vengeance/folie", donc pas hyper original si t’as déjà lu pas mal de BD viking/fantastique sombre (genre Thorgal sombre, ou certains One Shot Delcourt).
Le texte passe parfois au second plan tellement les dessins sont intenses, ce qui peut frustrer si on cherche une intrigue super fouillée.
C’est violent et glauque, donc clairement pas pour tout le monde.

Naufrage en Patagonie

Série : Naufrage en Patagonie
Publié par SilSocrate le 2026-01-28 17:17:19

Naufrage en Patagonie (de Christian Perrissin au scénario et Matthieu Blanchin au dessin, chez Futuropolis, sortie début 2026) Là, ils se concentrent sur le destin tragique du Wager, un des navires de l'expédition Anson de 1740, qui fait naufrage près du cap Horn / Patagonie dans des conditions apocalyptiques. Le récit s'appuie sur les souvenirs de John Byron (aspirant à bord, futur amiral et grand-père du poète Lord Byron), ce qui donne une authenticité et une tension humaine très fortes.
Le côté ultra-réaliste et crade de la survie : tempêtes incessantes, froid glacial, faim, scorbut, effondrement de la hiérarchie, mutineries larvées, cannibalisme sous-jacent… c'est du survival pur et dur version XVIIIe siècle, très loin des naufrages romancés.
Le dessin de Blanchin, souvent qualifié de « rough », esquissé, presque pictural et très atmosphérique. Il amplifie le côté sauvage, violent et désespéré. Ça peut ne pas plaire à tout le monde , mais pour moi c'est un vrai atout : ça colle parfaitement à l'ambiance glauque et hostile.
Le scénario de Perrissin qui excelle dans ce genre de récits historiques d'aventure extrême.
C'est une BD de « grande BD d'aventure », de « déluge maritime » éprouvant, avec une mise en scène qui ne lâche jamais le lecteur. Elle est particulièrement immersive et dure, pas du tout une lecture légère.

Godzilla Library Collection, Vol. 5

Série : Godzilla Library Collection (2023)(V.O. anglais)
Publié par SilSocrate le 2026-01-25 10:03:23

C’est le volume qui conclut la série Godzilla: Rulers of Earth d’IDW (issues #13 à #25).
Les dessins de Matt Frank et Jeff Zornow sont absolument monstrueux (dans le bon sens). On parle d’un niveau de détail et de dynamisme dans les combats de kaiju qui reste parmi les meilleurs dans les comics Godzilla. Les splash pages et les double-pages de destruction massive claquent vraiment fort.
L’utilisation du roster de monstres est excellente : on a une tonne de kaiju (Godzilla, bien sûr, mais aussi beaucoup de Toho classiques + quelques surprises), et les affrontements sont variés et épiques.
C’est du pur fan-service intelligent. L’histoire n’est pas hyper profonde, mais elle fait exactement ce que l'on veut : des bastons géantes, des alliances improbables, des trahisons, des armées humaines dépassées, et Godzilla qui reste le roi incontesté à la fin.
le Vol. 5 reste le sommet de la série pour plusieurs raisons :
Les combats finaux sont ultra généreux : on a des team-ups dingues, des trahisons de kaiju, et Godzilla qui finit par tout dominer comme il se doit. Les doubles pages de Matt Frank et Jeff Zornow sont juste folles – les destructions massives, les designs des monstres ultra détaillés, c’est du pur eye-candy kaiju.
La conclusion est satisfaisante sans trop en faire : pas de twist philosophique à la con, juste un gros climax avec des humains qui essaient de suivre le rythme, mais c’est clair que les vrais rois, c’est les monstres. SpaceGodzilla, Battra, Kumonga, Destoroyah vibes… ils ont sorti le grand jeu sur la fin.
C’est le volume où le roster est le plus fou et le mieux utilisé – IDW a clairement compris que les fans veulent voir un max de Toho kaiju en baston, et ils ont livré.

La Lune est blanche

Série : La Lune est blanche
Publié par SilSocrate le 2026-01-22 11:13:57

La Lune est blanche des frères Emmanuel Lepage (le dessinateur BD) et François Lepage (le photographe) est pour moi l'une des plus belles et des plus marquantes BD-reportages des 10-15 dernières années.
C'est le récit de leur résidence artistique en Terre Adélie (Antarctique français), invités par l'Institut polaire pour témoigner de la vie à la base Dumont d'Urville et surtout du mythique « Raid » intérieur (traversée vers Concordia). Le projet de base : Emmanuel dessine, François photographie, et ils mêlent les deux mediums dans le livre.
Visuellement, c'est magnifique
Emmanuel Lepage est au sommet de son art ici. Il mélange aquarelles très atmosphériques, lavis, encres, croquis de carnet et cases plus narratives. Les paysages polaires sont à couper le souffle : le blanc absolu, la lumière rasante, les tempêtes, les icebergs… c'est souvent hypnotique. Les photos de François, intégrées directement, apportent un contrepoint réaliste très fort. Le rendu global est exceptionnel.
Humainement très touchant
On sent vraiment les deux frères, leurs doutes, leur fatigue, leur émerveillement, mais aussi les galères (météo extrême, logistique qui déraille, le Raid qui tourne au cauchemar physique). Ça évite l’écueil du « documentaire froid » : on vit l’aventure avec eux, on ressent le froid, l’isolement, la beauté qui fait mal.
Un très bon équilibre reportage / intimité
Il y a de la science (climat, glaciologie, vie en base), mais sans jamais tomber dans le cours magistral. C’est incarné, modeste, parfois poétique.
#BD #Antarctique #LaLuneEstBlanche #EmmanuelLepage #Futuropolis

L'homme tordu et le retour d'Effie Kolb

Série : Hellboy (Editions Delcourt)
Publié par SilSocrate le 2026-01-19 11:22:16

Hellboy - L'Homme tordu suivi de Le retour d'Effie Kolb (édité chez Delcourt) :
L'Homme tordu (The Crooked Man)
C'est une petite masterpiece absolue dans l'univers Hellboy.
Mike Mignola + Richard Corben = combo légendaire.
L'histoire est courte (3 numéros), mais elle frappe très fort : ambiance poisseuse des Appalaches des années 50, sorcières, pacte avec le diable, vengeance post-mortem, et ce démon en chapeau haut-de-forme qui est vraiment flippant et mémorable.
Le dessin de Corben est monstrueux (dans le bon sens) : visages déformés, textures dégueulasses, tout respire la vieille horreur pulp et le folklore américain sombre.
Le retour d'Effie Kolb (The Return of Effie Kolb)
C'est la suite directe, plusieurs décennies plus tard (avec un Hellboy plus âgé et fatigué).
Le scénario est de Mignola et le dessin de Zach Howard qui fait un très bon hommage au style Corben sans tomber dans la copie servile.
L'histoire est un peu moins marquante que la première, mais elle reste très solide : on retrouve Tom Ferrell vieilli, Effie la sorcière qui revient hanter, une petite fille médium, et surtout ça ouvre la porte à une nouvelle mythologie (Sara May Blackburn qui deviendra l'héroïne de Castle Full of Blackbirds).
C'est plus doux-amer, plus mélancolique, avec une vraie émotion sur le passage du temps et les vieux démons qui refusent de mourir.

King Spawn, Tome 1

Série : King Spawn
Publié par SilSocrate le 2026-01-18 17:17:24

Les dessins sont vraiment excellents. Javi Fernandez fait un boulot monstrueux : sombre, détaillé, violent, avec une ambiance gothique/urban-horror qui colle parfaitement à l'univers Spawn.
L'intrigue autour de la secte, du retour de Billy Kincaid (le pédophile démoniaque, un classique bien crade de la série), et de la prophétie du "King Spawn" fonctionne bien : ça pose des enjeux intéressants pour la suite, avec du gore, du mystique et une vraie menace.
Édition Delcourt nickel comme d'habitude : papier de qualité, bonus sympas (galerie de couvertures, interviews), et une couverture qui claque.
Il y a pas mal de références et de statut-quo récents qui apparaissent dans Spawn renaissance qui ne sont pas ré-expliqués ce qui est un peu frustrant.

Godzilla vs. the Marvel Universe

Série : Godzilla vs. the Marvel Universe (2025)(V.O. anglais)
Publié par SilSocrate le 2026-01-16 10:14:42

"Godzilla vs the Marvel Universe"
C’est clairement l’un des crossovers les plus fun et over-the-top de ces dernières années chez Marvel (2025).
La série de six one-shots "Godzilla vs. Marvel" (mars-juillet 2025) où chaque numéro met en scène Godzilla (parfois avec d’autres kaijus Toho) contre un héros/équipe différente, dans des époques variées de l’univers Marvel.
Globalement, c’est du très bon popcorn comic :
Turn-your-brain-off, gros fun kaiju + super-héros, action démesurée, New York en ruines tous les 5 panels, et plein de moments WTF qui font sourire.
Les combats sont épiques . Gerry Duggan fait du très bon boulot sur l’humour Marvel classique ( interactions entre héros, moments absurdes genre alliance avec des vilains contre Godzilla).
L’art de Garrón est énorme pour les scènes de chaos, ça pète à l’écran.
C’est bourré de fan-service : on voit à peu près tout le monde passer (FF, Avengers, X-Men, Hulk, Spider-Man, Thor).
Certains one-shots sont inégalitaires (certains sont excellents, d’autres plus moyens ou trop team-up au lieu de vrai versus).
Godzilla vs. Thor (le dernier, par Jason Aaron et Aaron Kuder) est le meilleur de la vague. C'est épique, mythologique, avec un Godzilla ultra-brutal (inspiré de Godzilla, Mothra and King Ghidorah: Giant Monsters All-Out Attack), des combats cosmiques dingues, Thor en mode héroïque absolu, et un final qui claque fort.
Godzilla vs. Fantastic Four (Ryan North + John Romita Jr.) : art classique, l'implication de King Ghidorah comme heraux de Galactus.
Godzilla vs. Spider-Man (Joe Kelly + Nick Bradshaw) : Fun, avec le black suit era, des vibes Secret Wars, et un God-Venom qui en jette.
Godzilla vs. Avengers : le plus faible (trop bordélique)
Godzilla vs. Hulk : pas mal
Godzilla vs. X-Men : Correct, avec une bonne twist sur les Sentinels + kaiju

Les os des géants

Série : Hellboy (Editions Delcourt)
Publié par SilSocrate le 2026-01-15 09:10:36

Hellboy tome 17 – Les Os des Géants (Hellboy: The Bones of Giants en VO)
C’est un très bon retour aux sources, une aventure classique Hellboy qui fait plaisir à lire.
Ce tome est l’adaptation en comics du roman illustré de 2001 (Mignola + Christopher Golden). On retrouve l’ambiance des grandes enquêtes du B.P.R.D. époque années 80, avec Hellboy et Abe Sapien en duo d’enquêteurs badass face à une menace mythologique.
La mythologie nordique est très bien exploitée : Mjöllnir qui se colle à la main de pierre, Thor qui squatte un peu la tête de Hellboy, les géants des glaces, les nains, les valkyries, le roi Thrym… C’est épique.
Le dessin de Matt Smith colle parfaitement à l’esthétique Mignola : gros aplats noirs, ombres très marquées, designs de monstres excellents. Les couleurs de Chris O’Halloran donnent une ambiance froide et mystique qui fonctionne super bien pour la Scandinavie hivernale.
L’humour pince-sans-rire de Hellboy est toujours là, même quand il est à moitié possédé par un dieu viking.
C’est une lecture très agréable en one-shot.
Un excellent divertissement Hellboy old-school, avec de la baston contre des géants squelettiques, du tonnerre, de la neige, du sarcasme et une bonne dose de folklore nordique.

Voyage aux îles de la désolation

Série : Voyage aux îles de la désolation
Publié par SilSocrate le 2026-01-13 11:19:45

Voyage aux îles de la Désolation d'Emmanuel Lepage est, pour moi, l'un des plus beaux et des plus immersifs récits de voyage en bande dessinée qu'on puisse trouver.
C'est un album qui mélange magnifiquement reportage documentaire, carnet de voyage et grande poésie graphique. Lepage embarque en 2010 sur le Marion Dufresne pour la rotation australe (Réunion → Tromelin → Crozet → Kerguelen → Saint-Paul/Amsterdam), et il nous fait vivre ce bout du monde avec une sincérité et une sensibilité rares.
Les dessins et les couleurs : ses aquarelles, ses lavis, ses pleines pages déchirantes de beauté sur la mer démontée, les albatros, les manchots, les paysages volcaniques battus par les vents… c'est souvent sublime, parfois presque hypnotique. On sent le vent, le froid, l'immensité.
Le regard très humain : il ne fait pas que décrire la faune et les paysages "spectaculaires", il montre aussi la vie à bord, le mal de mer terrible (le sien compris !), les liens qui se tissent entre marins, scientifiques, cuistots, météorologues… C'est très chaleureux malgré le décor hostile.
L'aspect documentaire sans lourdeur : on apprend plein de choses sur l'histoire des îles (Kerguelen de Trémarec, les phoques massacrés, les scientifiques d'aujourd'hui), sur la logistique folle du ravitaillement, sans jamais que ça devienne chiant ou scolaire.

Spawn 2025

Série : Spawn (Delcourt)
Publié par SilSocrate le 2026-01-11 10:59:38

Spawn 2025 chez Delcourt (sorti en novembre 2025) marque un vrai tournant intéressant pour la série, autant sur le plan éditorial que narratif.
Côté histoire : le nouveau statu quo avec Nyx au pouvoir en Enfer est un vrai twist qui relance la machine : Al qui retrouve une partie de ses pouvoirs, les seconds rôles (Lyra, Jim, Wynn…) qui reviennent en force, et cette menace vampirique qui apporte du frais sans tout casser.
Le point fort majeur : le dessin de Brett Booth. Son style rappelle les grandes heures de la série tout en étant moderne. Les combats sont nerveux, l'ambiance gothique/infernale claque, et il gère bien aussi les moments plus intimes/émotionnels. Quasi sans-faute visuel selon la plupart des retours.
Le twist final avec le Spawn Mandarin !

Silent Jenny

Série : Silent Jenny
Publié par SilSocrate le 2026-01-08 18:33:28

Silent Jenny est une bande dessinée de science-fiction post-apocalyptique ambitieuse et visuellement époustouflante, mais qui ne convainc pas à tous les coups – et c’est parfaitement légitime.
Graphiquement, c’est incontestablement un chef-d’œuvre. Mathieu Bablet livre ici son travail le plus abouti : des planches immenses, ultra-détaillées, des paysages désolés à couper le souffle, des designs de monades et de créatures hallucinants. L’immersion visuelle est totale, presque hypnotique, et beaucoup de pages fonctionnent sans un seul dialogue tant les images portent l’émotion et l’ambiance. Si tu aimes la SF contemplative à la Moebius, c’est un régal pour les yeux.
Côté récit, en revanche, c’est plus clivant. L’histoire met beaucoup de temps à se mettre en place : le rythme est délibérément lent, avec de longues séquences silencieuses et contemplatives qui reflètent la mélancolie, la dépression et l’éco-anxiété de Jenny. Ce choix stylistique peut donner une impression que ça « traîne » ou tourne en rond, surtout si on attend une intrigue plus dynamique ou des rebondissements classiques.
Le plus problématique reste la fin. Elle est volontairement elliptique, abrupte et ouverte : Jenny choisit de s’enfoncer toujours plus profondément dans l’inframonde jusqu’à la dissolution (symbolisée par les pages qui blanchissent), tandis que sa monade est détruite absurdement. Il n’y a pas de révélation spectaculaire, pas de renaissance des abeilles, pas de happy end. Bablet propose une acceptation douce-amère : lâcher prise sur l’idée de restaurer l’ancien monde et trouver du sens dans la transmission, la communauté et le mouvement perpétuel. C’est poétique et profond pour ceux qui adhèrent au ton, mais ça peut laisser une forte sensation d’inachevé ou de frustration si on espérait plus de réponses concrètes.
Au final, Silent Jenny est une œuvre exigeante qui mise tout sur l’expérience émotionnelle et visuelle plutôt que sur un récit linéaire et bouclé. C’est une BD qui marque durablement quand elle touche juste, mais qui peut aussi laisser un peu froid ou perplexe – comme ce fut ton cas. Ce n’est pas un défaut de lecteur, c’est simplement que ce style très introspectif et minimaliste ne fonctionne pas avec tout le monde.
Perso, je suis assez mitigée.

Précédent   Suivant