Collection de LYmagier


Les avis de lecture de LYmagier

Bécassine en apprentissage

Série : Bécassine
Publié par LYmagier le 2013-03-13 19:42:20

« Bécassine en apprentissage » ?…
C’est 61 planches d’un rare bonheur où l’on constate qu’une petite provinciale, venue de rien, va s’élever, à son aise, dans les grades de la société d’époque.
C’est 61 planches, chacune de 03 strips sans bords, avec le texte en dessous pour expliquer l’action, chacun des 03 strip étant affecté d’une petite maxime en rapport avec ce que le lecteur va découvrir.

« Bécassine en apprentissage » ?..
C’est d’abord s’asseoir, près d’un grand feu de bois, dans un siège accueillant.
C’est ensuite prendre ce tome, lourd, prendre le temps de le regarder, de le peser, de voir qu’il est complet, d’ensuite le humer avec sa soixantaine de pages –certes jaunies- mais qui sentent si bon le vieux papier.
C’est ensuite se dire « Bon sang !.. Ca a bientôt cent ans.. Et j’en suis le témoin, le gardien presque… »
C’est regarder la reliure, point par point, à la ficelle, fait main…
Et puis… et puis… la tranche… en tissu… se dire que son père, son grand père même –à près de 60 balais- ont pu la toucher. A mon tour d’y mettre la main, comme l’a déjà fait mon fils et comme le fera –sans doute- mon petit fils… Ca fera cinq générations…

C’est ensuite ouvrir chaque page… comme entrer dans une nouvelle pièce de musée… doucement…
C’est aussi rire doucement de celles et ceux qui croient qu’un ou plusieurs albums sont « cultes » car lus par plus d’une dizaine de lecteurs… N’importe quoi.. C’est me souvenir en m’esclaffant d’un « djeune » qui cherchait un « vieil » albums, « ooh.. d’au-moins cinq ans !… » (dixit..) parmi ceux que j’exposais. « Cinq ans »… une broutille…

C’est ensuite se repaître d’un dessin -certes antique, révolu même- mais qui montre l’évolution de la bande dessinée, de sa mise en place, de son décor, de ses artistes, de ses « vedettes » d’alors ; des vedettes qui faisaient vibrer les foules en vivant tout simplement, sans s’encombrer des nombreux artifices qui font gonfler une histoire souvent très… plate.
C’est ensuite se sentir gagner par une douce chaleur, par une lumière un peu tamisée, en pensant que l’on a lu quelque chose de bien, fait par des gens qui ne sont plus là et qui ne pensaient qu’à une chose : faire plaisir aux autres sans rien demander en retour.

Mais ça, ça n’existe plus…

Agent secret X-9

Série : Agent secret X-9 (Ed. Denoël)
Publié par LYmagier le 2013-03-01 20:59:03

On ne sait exactement son nom. Il se fait appeler Dan. On saura plus tard qu’il s’agit de Phil Corrigan, un agent du FBI.
Flic intègre, dur, courageux, incorruptible, il va bientôt s’attaquer avec acharnement à la lutte contre le crime organisé. Loup parmi les loups, c’est sans manières qu’il se mêlera même aux criminels pour mieux les combattre, ce en imitant leurs méthodes.
Pourquoi ?… C’est en sauvant une petite fille, Hilda, qu’il a libérée de ses ravisseurs, qu’il lui dira : « Moi aussi j’avais une petite fille comme toi. Sa mère aussi était belle. Elles ont été tuées toutes les deux. J’ai juré de me venger de tous les criminels. Ma vie sera consacrée à la lutte contre le crime. »
Et de simple flic qu’il est, il va rapidement devenir un impartial défenseur de la loi. Il n'hésitera jamais à se lancer dans les enquêtes et entreprises les plus insensées tant est énorme sa haine des gangsters.

Vous avez quelques minutes ?...
Je voudrais vous parler d'un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître...
Je voudrais vous parler de "Secret Agent X-9"...

"X-9" fait ses premiers pas dans le quotidien américain Evening Journal du 22 Janvier 1934.
Pour mettre en scène ce qui sera une des plus formidables bandes dessinées policières américaines d'Avant-Guerre (celle de 40), le scénariste Dashiell Hammett -par ailleurs célèbre romancier de l'époque- va faire appel au dessinateur Alex Raymond.

Nous sommes dans l'Amérique des années 30... Une Amérique en proie à la récession économique, au chômage... C'est l'Amérique de la prohibition, des gangs qui règnent sur les grandes villes, des règlements de comptes en tous genres et du mépris des lois. Secret Agent X-9 -titre original de la série- va de suite plaire -et grandement- aux lecteurs.
Sa longue saga sera imaginée par plusieurs dessinateurs-scénaristes :

1935.
En Novembre, Alex Raymond cède sa place à Charles Flanders ; également un "gros calibre" du dessin de l'époque. Hammett va bientôt abandonner le scénario de la série. Il sera remplacé -haut la main- par Leslie Charteris (l'auteur du "Saint").

1938.
Nicholas Alfonsky remplace Flanders au dessin. Charteris, accaparé par ses romans du "Saint", cède le relais des scénarios à Robert Storm, suivi par Max Trell.

1939.
Austin Briggs reprend le dessin à Alfonsky.

1939.
Austin Briggs reprend le dessin à Alfonsky.

1940 à 1960.
Du nouveau dans la vie de "X-9". Mel Graff, nouveau dessinateur de la série, lui donne un nom : Phil Corrigan.
Graff va le faire accompagner d'un partenaire : Bing, et aussi d'une fiancée : Wilda Dorray. Graff anime la série jusqu'en 1960. Au fil des années, Corrigan va faire appel aux méthodes d'investigations les plus pointues d'alors ; faisant plus souvent appel aux laboratoires scientifiques qu'aux indics des bas-fonds urbains.

1960 à 1967.
Bob Lubbers prend le relais graphique sur des scénarios concoctés par Bob Lewis.

1967 à 1979.
Nouveau changement d'équipe. Archie Goodwin (scénarios) et Al Williamson (dessin) reprennent la saga et la baptisent "Secret Agent Corrigan".
C'est une certaine fin des enquêtes scientifiques. Ils replongent Corrigan dans son milieu d'origine : la police urbaine. Ils renouvellent dans leurs histoires ce sombre climat social des années 30 où une partie de la société américaine d'alors vivait dans la corruption et la délinquance.

1979.
Georges Evans, seul aux commandes, reprend la série.

Et en France ?...
C'est dès 1937 que les lecteurs découvrent cette série dans l'hebdo Aventures. Ces "histoires de bandits" feront également les beaux jours d'hebdomadaires d'époque : Jumbo, Paris-Jeunes, Johnny...
Les "Récits Complets" d'alors lui feront la part belle dans la collection "Aventures et Mystères". Ces histoires -dont seuls les textes sont traduits en langue française- d'une trentaine de pages, en noir et blanc, grand format "à l'italienne" feront la joie et procureront des frissons aux jeunes lecteurs de l'époque.
Imprimés sur mauvais papier d'Avant-Guerre, ces "albums" sont très difficiles à trouver, qui plus est en bon état. J'en possède, précautionneusement rangés et protégés dans mes étagères de "vieux machins".

"Agent Secret X-9" aura en France, outre les éditions en récits complets, celles en albums "normaux". Le premier sera un broché édité chez Hachette en 1935 jusqu'à celui des éditions Glénat-Denoël de 2003.
Ce dernier –que j’avise- N'EST PAS une "intégrale". Il ne reprend que certaines histoires (4) parues entre 1934 et 1935, concoctées par le duo Hammett-Raymond… c’est à dire, pour moi, les plus belles.

Qu'en dire ?...
"Agent Secret X-9" est une magnifique série qui plonge le lecteur dans ce qu'était l'Amérique des années 30. De simple flic, Corrigan, au fil des opus, va devenir une sorte d'expert et démêler des intrigues "noir de noir".
Série sombre au départ, vrai polar à l'ancienne, Corrigan va devenir une référence du "policier" ; aidé en cela par une palette des plus grands scénaristes et dessinateurs d'époque.
Pourquoi on l'aime ? Parce que c'est un homme simple, un flic, qui suite à l'assassinat de sa famille, va poursuivre sa quête -qu'il sait sans fin- à la poursuite des malfrats. "Bof", me diront certains d'entre-vous, "l'histoire est tellement simple qu'on l'a déjà vue ou lue maintes fois dans un autre style !..." C'est vrai. Mais cette saga débute en 1934 et nombre d'histoires de ce genre -que vous avez lues ou vues- ont été inspirées par cette dernière.

Et les auteurs dans tout ça ?...
Alex RAYMOND. (Période 1934-1935).
Dessinateur-scénariste de nationalité américaine, il naît à New Rochelle le 12 Octobre 1909. Il décède à Westport le 6 Septembre 1956 (pour les puristes : dans un accident de voiture sur la route de Clappboard Hill, dans le Connecticut).
Il est le créateur de "Flash Gordon", de "Jim la Jungle", "Rip Kirky" et moult autres collaborations et créations surtout connues sur le marché américain.

Charles FLANDERS. (Période 1935-1938 ).
Dessinateur-scénariste de nationalité américaine, né à Maryville (Etat de New York) en 1907 et décède à Majorque (Espagne) le 10 Janvier 1983.
Outre "X-9", on lui doit aussi "King, le roi de la Police Montée", "Lone Ranger", "Ivanhoé", L'île au trésor et autres créations et adaptations.

Austin BRIGGS. (Période 1939).
Dessinateur américain, né à Humbolt (Etat du Minnesota) le 8 Septembre 1908, il décède à Paris le 10 Octobre 1973.
Pour les puristes : il dessinera "X-9" du 7 Novembre 1938 au 4 Mai 1940. Il a surtout collaboré à Flash Gordon dont il a dessiné quelques planches et, surtout, continuera les aventures de ce dernier de 1940 à 1944.

Mel(vin) GRAFF. (Période 1940-1960).
Dessinateur-scénariste américain, il naît à Cleveland (dans l'Ohio) en 1907. Il décède à Orlando (Floride) le 1er Novembre 1975.
Connu pour cette série.

Bob (Robert) LUBBERS. (Période 1960-1967).
Dessinateur-scénariste américain, né à LOng Island (New York) le 10 Janvier 1922.
Egalement connu pour ses séries "Rip Carson", Tarzan, "le Saint". Mésestimé, méconnu, oublié de la "jeune" génération, c'est pourtant un dessinateur très doué qui -malheureusement- n'a signé que peu de planches en son nom propre. Il était surtout collaborateur graphique sur d'autres séries.

Archie GOODWIN. (Période 1967-1979).
Dessinateur-scénariste américain, né à Kansas City le 18 Septembre 1937, décédé le 3 Mars 1998.
Ici en tant que scénariste, il crée le "nouveau X-9". On lui connaît aussi "Sub-Mariner", "Les Quatre Fantastiques", "Docteur Stange", "Iron Man".
Surtout, il constitue l'équipe qui mettra en dessins les épisodes de Star Wars. On ne lui compte plus, aux USA, ses nombreuses réalisations. Le "Jean-Michel Charlier" américain. Une véritable "pointure".

Al WILLIAMSON. (Même période).
Dessinateur-scénariste américain, né à New York le 21 Mars 1931. Ici dessinateur, mais connu en tant qu'adaptateur de "L'empire contre-attaque" chez Marvel. A transcrit graphiquement "Blade Runner" et travaille toujours sur des séries "made in USA".
Toujours en activité.

Georges EVANS (période 1979 à nos jours).
Dessinateur-scénariste américain, né à Harwood (Pennsylvanie) le 5 Fev 1920.

Quel long avis, hein ?...
C'est peut-être parce que je l'aime bien, moi, ce X-9. Si vous trouvez ses aventures, plongez-y de bon coeur ; retrouvez cette Amérique des années 30 qui nous faisait rêver avec Al Capone et les Incorruptibles.
Malgré ses divers dessinateurs et scénaristes, voici une véritable saga, robuste, plaisante graphiquement, réalisée par nombre de "grands" de l'époque.
Souvent imitée, jamais égalée. De l'excellent travail d'artistes, au sens noble du terme.

Un "petit dernier" pour les puristes fous ?..
Ces histoires ont fait l'objet de séries télévisées.
La première, en 1937 (12 épisodes), réalisée par Ford Beebe et Cliff Smith, avait Scott Kolk dans le rôle principal.
La seconde, en 1945 (13 épisodes), réalisée par Ray Taylor et Levin Collins, avait Keye Luke dans le rôle de X-9.
C'était "il y a longtemps". C'est, je pense, complètement oublié (et tout le monde s'en fout !...). Mais ça a existé...

Je viens de me relire... et de boire mon cinquième café...
Oups !… J'espère ne pas vous avoir trop embêté...

L'île de solitude

Série : Blanche (Chavant)
Publié par LYmagier le 2012-11-02 20:56:40

Premier tome d'une jolie série, bellement exécutée ; tant au point de vue narratif que graphique.
Elle m’a « parlé » de deux personnes :

L’une –Blanche- est daltonienne et ne voit pas le monde « normalement ». Pour elle, dans un certain sens, le monde n’a pas de couleurs.
L’autre –Toumaï- est serviteur et –aussi- esclave. Et lui voudrait d’un monde sans couleurs.
Tout devrait les opposer dans ce siècle dit « des lumières » car existait pour l’une comme pour l’autre le rapport « maîtresse-esclave ». J’ai lu une sorte de confrontation entre deux personnalités ; lesquelles vont doucement se rapprocher.

Histoire attachante –parfois un peu trop simple, linéaire- elle est néanmoins bien construite et, qui plus est, bénéficie d’un graphisme qui la « porte ».
Joli le dessin : une ligne, un trait mature mis au service d’une jolie découpe dans la mise en page. Ce découpage, ce placement des « cases » rehausse l’intérêt de la lecture.
La colorisation est toute en finesse et « joue » bien des ombres portées.
J’ai aussi retenu la très belle couverture laquelle me reflète l’attente… ou l’espoir.

Bien fait.

Transat

Série : Transat
Publié par LYmagier le 2012-11-02 20:52:56

Aie !… Une BD –prêtée- que je redoutais. Elle l’a été.
C’est d’abord une très jolie couverture, laquelle donne l’envie d’évasion.
Ensuite… ben… une histoire linéaire de remise en question ; celle d’une jeune dame qui ne se plaît plus trop dans son petit quotidien et qui voudrait « voir autre chose ». Une transat va s’offrir à elle…

Deux choses m’ennuient ; l’une positive, l’autre –forcément- négative.
D’abord la seconde : le dessin. Désolé mais je n’ai pas accroché. Pourtant, Aude Picault à un « je ne sais quoi » qui m’a intéressé dans son graphisme fait en esquisses et de traits simples. Et rien qu’avec ces « lignes », avec des détails, Aude arrive à créer des expressions, des mimiques. Et parfois même, des « silences » en disent plus long que s’il n’y avait eu du textuel.
Seulement voilà, j’ai l’âge de mes artères et j’ai souvent du mal à comprendre ces nouveaux styles.

Le positif ?… Malgré l’absence de colorisation l’auteur arrive a créer de vraies ambiances car elle joue d’un mélange de poésie et d’humour. Le texte aussi : des petites phrases anodines, de tous les jours, mais bien amenées que l’on se sent bien à la lecture.

Voilà : une ‘tite histoire qui n’aura jamais l’honneur de la presse, d’un grand tirage… mais qui est comme un « petit quelque chose » de rafraîchissant ; un « petit quelque chose » qui donne un bonheur simple. Et c’est déjà pas mal…

Amato

Série : Amato
Publié par LYmagier le 2012-11-02 20:47:50

Bon !.. (si on peut dire..). J’ai eu affaire à quoi ?… à une jeune damoiselle au fort caractère qui passe sa convalescence dans une sorte de palais bâti en altitude laissé à l’abandon. Ce lieu étrange est quand même habité : une femme et ses fils ; l’un est taré, l’autre est plutôt un descendant de Machiavel.
Et la jeune fille, Hélène, va ressentir une très forte attirance pour le second fils, Amato, après avoir découvert certains de ses écrits.

De par certaines situations, cette histoire m’a vaguement rappelé le Dracula de Bram Stoker, une épaisse brique lue pour l’école vers mes 15/16 ans. J’avais trouvé tout cela « lourd »… comme cette BD.
Oui, le récit est fluide et a des côtés sensuels. Comme une pièce de théâtre à l’ambiance mystérieuse, j’ai lu une sorte de huis-clos intimiste. Et je n’en ai retiré aucune satisfaction.

De plus, le dessin ne m’a vraiment pas attiré.
Les personnages flous qui se meuvent dans des décors et/ou arrière-plans réduits à quelques traits, des couleurs « brutes » qui ne donnent que peu de relief ; désolé, je n’aime pas. Dans ce style graphique, j’ai cru retrouver celui des chromos qui entouraient les barres de chocolat « Victoria » dans les années 60… que je n’aimais pas non plus.

Alors voilà : j’ai fait un effort, mais n’en ai pas été récompensé…

Le chant du pluvier

Série : Le chant du pluvier
Publié par LYmagier le 2012-11-02 20:43:36

J’ai ici eu affaire à une histoire où l’authenticité côtoie la sincérité. Et dans beaucoup de BDs, ce n’est pas toujours le cas.
Et j’ai lu, et j’ai apprécié cette histoire d’un gars, un fils, qui est étranger dans sa propre famille ; un fils qui préféré partir loin –au Groenland- tant il en avait marre de la rudesse de son père.
Et c’est le décès de la maman qui va les réunir.

Je les ai suivi, le fils et Bernat –le père- venu de son Béarn profond, dans un passage commun de leur vie qui va être une initiation. On aurait pu croire que le père allait être « perdu », désorienté… Mais non, Bernat est comme la pub de Babybel : « il se sent bien partout ». Car même si les cultures sont différentes, au fond : les gens sont les mêmes.

Ce qui m’avait agacé –au départ- est le graphisme. Je le trouvais simpliste. Mais, rapidement, j’ai constaté que le dessin –d’une grande sobriété- était pourtant tout en contrastes. Et cette efficacité vient du fait que, en quelques lignes, quelques traits, la dessinatrice a insufflé une véritable vie dans ses cases. Il ne faut parfois pas grand chose pour « bien remplir » une case. Et son dessin, sa mise en page, créent ainsi des ambiances attirantes.

Un album à lire, à relire, à son aise pour bien s’en imprégner. Efficace.

Sentences - La vie de MF Grimm

Série : Sentences - La vie de MF Grimm
Publié par LYmagier le 2012-10-29 22:45:45

Voilà le genre de « BD » -prêtée- qui ne m’émeut guère !…

J’ai donc lu, j’avoue avec un quelconque désintérêt, l’autobiographie d’un mec qui a travaillé avec les plus grands du hip-hop. Moi qui en suis encore au stade des Electric Light Orchestra, Bee Gees, Donna Summer et autres envolées lyriques de Barry White… j’avoue que ça m’a laissé de marbre.
Certains me diront : « Ouais, mais il faut vivre avec son temps !… » Ben oui, mais, si vous saviez ce qu’on était bien dans les années 70…

Enfin, bref, ce gars se retrouve cloué dans un fauteuil roulant à la suite d’une fusillade. Et il nous livre ainsi sa vie « d’avant » avec les bagarres meurtrières, les fêtes dans certains quartiers de Manhattan, le vice, l’argent, la drogue, le racisme et ce qu’on endure dans les prisons US.

Et alors ?… ben… j’ai essayé de m’intéresser au dessin et là, aussi, j’ai été déçu. On ne s’improvise pas dessinateur et Carey n’en est pas un. Il fait ce qu’il peut, d’une main malhabile, essaye de jouer des cadrages, de la mise en page mais… bof… je n’en ai pas retenu grand chose.

J’ai vite rendu ce prêt. Oublié.

Intégrale Le père Goriot, d'Honoré de Balzac, Tomes 1 et 2

Série : Le père Goriot, d'Honoré de Balzac
Publié par LYmagier le 2012-10-29 22:43:01

La belle ouvrage que voilà !…
La lecture de ce diptyque m’a plongé… euh… dans la mémoire de mes jeunes d’années où la lecture –obligée- de cette œuvre de Balzac m’avait passablement ennuyé.

Ce n’est pas le cas ici. Lamy et Thirault ont, d’une certaine façon, ciselé le texte original pour en donner une mouture dont l’adaptation en BD ne souffre en rien de certains « raccourcis ». Au contraire, le textuel s’en trouve allégé, vivifiant même et est –surtout- bellement mis en images par Duhamel. Il travaille ici dans un semi-réalisme de la meilleure veine, ce dans vrai souci du détail. Un graphisme bien enlevé, minutieux, remplit souvent les cases ou fourmillent des détails. Et des détails, il y en a ; fruits d’une très bonne documentation.

La mise en page est attirante et engage le lecteur à suivre de bon cœur les pérégrinations des intervenants.
Joliment écrit, bellement mis en images par un graphisme raffiné ; que voilà deux très bons tomes à lire… et posséder.

Plif ! Plaf ! Plouf !

Série : La vavache
Publié par LYmagier le 2012-10-29 22:40:32

Que n’en voilà une ‘tite bonne série !
Mon petit-fils –6 ans- est mordu de cette bestiole vraiment foldingue. Il m’a d’abord fait « lire » le tome 3 où Pinpin le lapin débarque chez sa cousine Vavache. Pour une visite tranquille ?… Que nenni : notre Vavache, qui se balade en skate-board, va l’entraîner dans des aventures parfois délirantes. Et mon petit-fils m’expliquait les gags !…

J’ai donc « fait un tour » dans sa bédéthèque (eh oui, lui aussi est mordu !…) et ai découvert les autres opus. Ben, pour la tranche d’âge que j’estime 3 à 6 ans, c’est vraiment pas mal foutu.
C’est d’abord de la BD muette ; et faire comprendre quelque chose à quelqu’un sans texte éventuel, il faut que ce soit mûrement pensé et réfléchi. C’est le cas ici.
Vavache, c’est un peu de notre société mais avec une exubérance dans le comportement et la gestuelle qui en font une gagnante. Et il y a une sorte d’identification entre le jeune lectorat et cette belle des prés : « C’est Vavache qui a encore gagné !… », et mon petit-fils était fier d’avoir compris –à sa façon- les délires de ce turbulent animal.

Le dessin est clair, net et sans bavure. Une jolie colorisation emballe l’ensemble de tons vivifiants, toniques.
Vraiment pas mal réalisé.

Coffret Trèfle Tomes 1 à 4

Série : Trèfle
Publié par LYmagier le 2012-10-29 22:36:07

Euh… keskidi ?… je ne connaissais pas Clamp, le collectif de dessinatrices et –honnêtement- je n’en suis pas devenu fan.
Que nenni !..

J’ai lu –avec difficulté- une série qui m’a bombardé d’une foule de mystères qui se dévoilent au fur et à mesure des pages ; pas un tsumani, mais presque de thèmes relatifs au désespoir, à la fatalité, à la solitude… bref, tout ce qu’il faut pour passer un « agréable » ( !) temps de lecture. Faut vraiment s’accrocher pour essayer de comprendre. Je n’ai pas su.

Je me suis alors reporté sur le dessin. Pas aimé. Pourquoi ?… je n’en sais rien, c’est viscéral. Trop de clichés ?.. mise en page terne ?.. la ligne générale ne m’a pas attiré.
Alors voilà : j’ai fait un effort mais n’ai pas été payé en retour.
Alors… boaf…

Intégrale Les hauts de hurlevent, d'Emilie Brontë, Tomes 1 et 2

Série : Les hauts de hurlevent, d'Emilie Brontë
Publié par LYmagier le 2012-10-29 22:33:09

Et revoici Yann et Edith pour leur vision d’un classique de la littérature. Je n’ai pas été trop surpris, car je me doutais des styles narratif et graphique des auteurs. Mais j’ai apprécié. Et bien, même.

Cette adaptation suit le roman initial avec cette histoire d’enfançon recueilli qui va déboucher sur une grande histoire de famille où jalousie et règlements de comptes se mêlent dans ce coin d’Angleterre de la fin du 18ème siècle. Mais l’ensemble est ici traité d’une façon « gentille », et c’est peut-être ce qui en fait un certain charme.

Le dessin ?… On pourrait le croire « simple », mais il est faussement « naïf », et Edith donne une vie « comme en ce temps-là » à ses planches.
Un joli découpage, pour une mise en page claire et une gamme de couleurs « feutrées » donnent un joli cachet au tout.

Je connaissais l’histoire, je connaissais le travail des auteurs… et savais, d’une certaine manière, ce qui m’attendait. Ben, quelque chose de bien réalisé et que j’ai apprécié.

Mes voisins les Yamada, Tome 1

Série : Mes voisins les Yamada
Publié par LYmagier le 2012-10-20 21:22:07

« Mes voisins les Yamada » est un classique japonais et l’on peut faire une certaine analogie de l’humour décalé de leur auteur avec les « Peanuts ». Pour ça, faut aimer les Peanuts !…

J’ai ici lu, à mon aise, le premier tomed'une série parue au début des années 80. Et ces Yamada, ce clan, cette bande aussi, montrent à leur façon ce qu’est (ce qu’était ?…) le reflet caustique d’une famille japonaise moderne.
Et ce n’est pas un long fleuve tranquille !… le père est un chef de service carrément dépassé par ses responsabilités, la mère est toujours dans une sorte de quête du repas du jour, la mémé est une accro à la télé, le fils… ben, il est nul en tout, et la gamine est une éternelle rêveuse. Vous mettez tout cela dans un shaker et vous observez...

A vrai dire, aucun sujet d’actualité (d’époque) n’est éludé par Ishii, lequel les passe dans une sorte de moulinette saupoudrée d’humour.
J’avoue ne pas avoir tout compris (ben oui, notre culture est quand même bien différente) mais : le graphisme, les dialogues réduits et un découpage bien pensé des planches ont fait que, parfois, j’y suis allé de francs sourires.
Bon, c’est pas ma tasse de thé mais j’ai quand même lu « autre chose ». Et j’en ai retiré une certaine satisfaction.

Enfant de l'ombre

Série : Kyoteru
Publié par LYmagier le 2012-10-20 21:18:29

J’aime le Japon médiéval.
D’où : plongée dans cet opus qui s’annonçait prometteur. C’est le cas. Car d’un postulat que l’on pourrait qualifier de « simple », de linéaire, les auteurs ont apporté de bons développements à l’intrigue initiale, retenant ainsi l’intérêt du lecteur, c’est-à-dire : moi.

J’ai lu, et apprécié, une sorte d’histoire théâtrale où des enfants sont transformés à cause et au contact des hommes. Cette histoire serte toujours une actualité présente car nombre de pays utilisent encore de ces « enfants-soldats » endoctrinés, à l’innocence volée et qui ne servent en réalité que de chair à canon.

Le tout est bellement mis dans une sorte d’imagerie « comme là-bas » ; un trait réaliste de belle facture créant par ce graphisme –subtil parfois- des ambiances qui retiennent l’œil. Une belle mise en page, un bon découpage et une colorisation parfois subtile font que je me suis quelques fois attardé sur un planche, des détails.
Et ça, ça me plaît.

Une histoire intéressante aux bons développements, un beau dessin général. Pas mal fait du tout.

Black star la véritable histoire de Satchel Paige

Série : Black star la véritable histoire de Satchel Paige
Publié par LYmagier le 2012-10-20 21:16:28

Euh... j’ai quand même lu des choses curieuses, mais cette dernière a rejoint – et sans regret- le bas du bas des notes de mes avis.

Cet « album » traite de deux choses :
- Le base-ball pour lequel je ressens autant d’affinité qu’un sandwich rassis à la mortadelle et…
- L’histoire d’un sportif américain, noir, qui –d’une certaine façon- a créé le sport-spectacle ; sportif entré dans le « Base-ball Hall of Fame » en 1971.

J’ai lu l’histoire d’un gars qui, dans les années 20, s’est bâti une véritable légende en tant que lanceur. Redoutable joueur, il était admiré des foules… mais est resté une victime de la ségrégation raciale.

Les auteurs, ici, ont donné une sorte de vision de cette histoire vraie via le regard d’un autre joueur ; ce qui donne une certaine originalité au récit. Mais, bon à part ça : vraiment pas grand chose à se mettre sous les gencives.
Qui plus est, le dessin est minimaliste et ne m’attire pas du tout. Tout ça se passe dans un contexte historique violent et aurait pu donner d’autres « envolées » à l’histoire ; tant dans le récit que dans le dessin. Ce n’est pas le cas…
Alors… ben… bof... j’ai pas aimé. C’est comme ça !..

Le voyage avec Bill

Série : Le voyage avec Bill
Publié par LYmagier le 2012-10-20 21:13:44

Houlà !… Ca c’est tout bon !…
Une histoire « simple » pourtant : un père, sa fille, un pick-up… un road-movie… Une rencontre mais, paf, c’est Bill : un cul-de-jatte. Et que cherche Bill ?… celui qui pourra lui rendre ses jambes perdues dans un accident d ‘hélico.
Et de cette rencontre va naître une belle amitié et un changement de vie notoire pour le père et sa fille. Car tous vont partir pour une sorte de quête ; laquelle va les amener à faire des rencontres. Et ces rencontres, pour ainsi dire quotidiennes, vont l’être avec des gugusses en marge de la société.

Et là où l’histoire prend une autre direction, c’est que Bill et Tweety, la fille vont ainsi se rapprocher d’une certaine façon et vivre dans une espèce « d’autre monde » ; un monde dont le père –Luke- va se sentir –non pas comme rejeté- mais en marge de ce dernier.
Et tout ceci m’a donné quelque chose de captivant, une sorte de lecture tant textuelle que graphique assez… magique.

S’y greffe le dessin de Schultheiss ; un graphisme vraiment personnel, très original qui –vraiment- se combine très bien avec l’histoire.
L’auteur donne ainsi une véritable œuvre très riche, très attirante, généreuse… mais surtout quelque chose de quand même inclassable. Et c’est cela sans doute qui en fait sa force.

Nom di djou que c’est bien fait !…

Aldis

Série : One of US
Publié par LYmagier le 2012-10-17 21:17:11

Une intrigue générale “facile”, qui –dans mes souvenirs- a déjà été exploitée sous d’autres formes.
Seulement voilà : moi qui n’aime pas trop le dessin dit « numérique », car –pour moi- on ne « dessine » pas, le graphisme de cette série m’a quand même bien plu. Il concorde bien, s’associe même, à cette ambiance futuriste de l’histoire.
L’ensemble est « froid », tant par la composition des planches que de la mise en page ; sans parler des visages.
La colorisation est de même acabit ; les ombres portées étant bien réussies dans le grand jeu des teintes utilisées.
Malgré ça, le narratif m’a laissé de marbre ; même s’il défend des développements particuliers et surtout bien mis en images.

Droit du sol

Série : Droit du sol
Publié par LYmagier le 2012-10-17 21:14:57

A vrai dire, je ne connais pas grand-chose des territoires d’outremer de cette France voisine. D’où : ‘tites recherches sur le Net pour savoir de quoi l’on cause. Ce qui m’a permis d’un peu –je pense- comprendre cette petite –440 pages- brique.

Mayotte… un petit bout de terre perdu au milieu de l’Océan indien ; une sorte de petit territoire offrant de nombreuses possibilités pour des gens qui affrontent les dangers dans l’espoir d’y avoir une vie tant soit peu correcte.

Seulement voilà : il y a journellement la confrontation des races, des styles de vie originels, du modus vivendi de ces réfugiés comoriens et des « blancs » venus de France et d’ailleurs avec des rêves qu’ils ont parfois abandonnés.

J’avoue avoir eu du mal à m’imprégner de cette longue chronique ; surtout que m’était revenu en l’esprit le très beau film de Gillo Pontecorvo –avec Marlon Brando, musique d’Ennio Morricone- qui traitait de faits de même type, bien que dans un passé lointain : Queimada.
Alors, oui : Manson donne un solide coup de balais dans nos idées reçues, balance au lecteur une histoire forte et juste MAIS : je n’ai fait que la lire, sans plus.

Surtout que le dessin… mais peut-on parler de dessin ?… Masson a vraiment dû y mettre tout son cœur, mais il n’est pas dessinateur et j’ai parfois eu du mal (encore !) à m’y retrouver dans ses personnages.
Tout ça pour ?… une histoire qui est quand même une sorte de coup de poing ; mais ce coup ne m’a pas touché. Du tout…

Catacombes, Tome 1

Série : Catacombes
Publié par LYmagier le 2012-10-17 21:12:10

Désolé, ça ne m’a pas transcendé…
Je pensais faire « bonne chère » à suivre les pérégrinations de la jeune Anahë, dans les catacombes de Paris, avec des musiciens rencontrés ; mais je suis resté de marbre à la lecture de cette histoire gothique qui ne m’a arraché aucun éventuel soupir de contentement.

L’histoire peut-être ?… De nombreux clichés la composent, les « rebondissements » sont prévisibles..
Le dessin ?… je m’attendais à autre chose. Paris est ici représentée sans « rêve », sans projection d’esprit de l’auteur. Il aurait pu sublimer la réalité, dessiner « autre chose » des bâtiments archi-connus. Le dessin en lui-même n’est pas mauvais MAIS l’auteur, malgré tout son bon vouloir, N’EST PAS un mangaka, même s’il en approche l’esprit, le fond et la forme.

Tout est quasi prévisible dans cette histoire, et c’est peut-être là que le bât blesse. Je n’ai pas été surpris… et ça m’embête. Mais, bon, c’est mon avis et il n’engage que moi.
Je serais curieux de voir Vlad se rendre au pays du soleil levant et, d’après ce qu’il y voit et ressent, dessiner une histoire « de là-bas » dans le style franco-belge. Ca donnerait, je pense, de très bonne surprises.
Un jour… peut-être…

La vengeance du roi crabe

Série : Shaolin cowboy
Publié par LYmagier le 2012-10-17 21:10:10

Comme l’on dit de par chez nous : “Qué tatouille !...”

J’ai découvert une sorte « d’arsenal de puissance » qui parcourt un désert sans fin, chevauchant une mule qui parle, et traçant sa route de sang. Bon : ça, c’est le scénario de base. Minimaliste… et déroutant. Mais pourquoi pas ?…

Seulement voilà, j’ai très vite oublié l’histoire pour plonger dans un véritable déluge graphique auquel je ne suis pas habitué.
J’ai inspecté, ausculté même, chaque planche ; allant de détails en détails jusqu’à en ressentir –parfois- une overdose, un trop-plein.
Là, faut dire, au point de vue dessin, ça déménage ! Il m’est même arrivé de simplement regarder, sans chercher à comprendre… et admirer quelques fois cette véritable débauche s’étalant devant mes yeux.
Y a pas à dire : il sait y faire, Darrow. Pourtant je ne sais ce qu’il a fumé et je n’ai pas trop accroché à son « voyage », à cette expérience graphique personnelle et vraiment déjantée.

Il y a longtemps, Philippe Druillet avec Lone Sloane m’avait époustouflé. Ce n’est pas le cas ici. Surdose ?… Overdose ?… Manque d’une « ligne de conduite » ?.. Je ne sais…
Darrow est pourtant un véritable virtuose et il faudrait parfois plusieurs lectures pour essayer de décrypter tout ou partie de ces scènes. Je n’en n’ai pas eu le courage.

Je me sens impuissanté (comme disait notre ministre Daerden) à mettre une cote « plus que bien ».

Une affaire de famille

Série : Urban vampires
Publié par LYmagier le 2012-10-17 21:07:11

Le déménagement d’un couple reconstitué avec, chacun, leurs enfants…
L’épouse, ce que son mari ignore, doit se faire de mystérieuses injections…
Le fils de son mari découvre une très vieille photo d’une femme qui lui ressemble… La fille aînée de la dadame débarque sans crier gare…
La fille cadette de son mari se fait enlever…
Vous suivez ?… parce qu’il se passe pas mal de choses dans cette sacré famille !

J’ai bien aimé quand même. Le scénario est bien construit. Les développements suivent. Les divers protagonistes sont bien mis en place dans ce tome –quand même assez sage- annonciateur de futures giclées rouge sang.
Mais un bon scénario ne serait rien sans un bon dessin. C’est le cas ici. Le graphisme de Kowalski est net, précis, bien enlevé, dans un trait « moderne » qui retient l’œil.

Une bonne mise en page, une belle découpe du scénario en font un opus intéressant . Pas mal dans son genre…

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